lundi 30 juin 2014

Programmation - juillet 2014

Thématique du mois


Cette année, mon été sera plutôt chargé du côté domestique, et je fais des ajustements pour juillet et août quant à nos plateformes.
 
En somme, mes séries du mardi et du dimanche feront relâche jusqu’en septembre, exception faite d’un billet sommaire que je prévois publier le premier mardi de juillet et d’août sur ici et sur MQCD Musique Classique pour encadrer nos sélections souvenir. Ainsi donc, pas de Chronique du Disque ni de nouveaux Jadis sur Internet ou même de nouvelles illustrations musicales inédites cet été.
 
Je m’en tiendrai donc au B + B du vendredi, qui ramènera de vieux montages et de vieilles suggestions de musique ouverte, avec des reprises de billets (comme je l’ai fait pour la série du dimanche cette année). 

Juillet : Contenu Canadien

Afin de rehausser votre expérience sur l'Idée Fixe

Ne manquez pas d'écouter la playlist du mois sur MQCD Musique Classique, un ensemble de travsferts vinyl. La voici - visitez la page d'accueil du forum pour l'écouter!


Visitez nous sur Facebook Networked Blogs et Google + afin de visionner notre contenu et nous joindre avec vos comentaires!

DERNIERE HEURE

On apprend le décès du chef Américain Lorin Maazel (13 juillet) http://www.lapresse.ca/arts/musique/musique-classique/201407/13/01-4783502-le-chef-dorchestre-lorin-maazel-est-decede.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_musique-classique_486_section_POS1

dimanche 29 juin 2014

Rafael Kubelik et Ma Vlast

Le billet suivant est la reprise d.un Quinze que j'en pense du 15 novembre 2011.

Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.


Il y a une dizaine de jours, j’ai parlé de Glenn Gould et de son association avec les Variations Goldberg. Aujourd’hui, une autre étroite association entre interprète et œuvre, maintes fois endisquée par l’interprète.

L’œuvre

Ma Vlast (trad. Ma Patrie) est un cycle de six poèmes symphoniques de Bedrich Smetana (1824-1884), compositeur tchèque contemporain de Dvořák. Quoique Dvořák ait composé beaucoup de musique avec des accents tchèques, Ma Vlast se distingue comme étant plutôt une œuvre patriotique, disons comme Finlandia de Sibelius, par exemple.

Les six tableaux mêlent la légende, le folklore et l’atmosphère. Les poèmes furent conçus pour être joués ensemble, et Smetana utilise des leitmotivs qui cimentent les tableaux.

Le poème le plus célèbre de l’ensemble, Vltava (la Moldau) a été endisqué par à peu près tous les grands chefs. Il ne faut pas négliger les cinq autres, dont Par les prés et les bois de Bohême qui est en tous points aussi évocateur que Vltava peut l’être.

MQCD propose un enregistrement de Ma Vlast par la philharmonique tchèque sous Vaclav Talich (cliquer ici), et en dépit des limites techniques évidentes, on reconnait le fil soyeux tissé par Smetana et rendu avec fidélité absolue par le vieux maestro.

L’artiste

Le chef tchèque Rafael Kubelik (1914-1996) est issu d’une génération remarquable de chefs nés entre 1908 et 1920, qui compte des noms illustres comme BernsteinKarajan et Giulini. Il étudie au conservatoire de Prague et donne son premier concert avec l'Orchestre philharmonique tchèque en 1937, et deviendra son directeur artistique en 1942, succédant (justement!) à Vaclav Talich.

À l'arrivée du régime communiste, il s'exile en 1948 en Angleterre, puis aux USA. Il devient alors directeur musical de l'orchestre symphonique de Chicago (1950–1953), directeur musical du Covent Garden (1955 -1958). Il dirige également régulièrement la philharmonique de Vienne et la philharmonique de Berlin. Il est nommé, à partir de 1961, directeur musical de l'orchestre de la radiodiffusion bavaroise, poste qu'il occupera pendant près de 20 ans (1961–1979).

Cette dernière association sera des plus fructueuses: il endisquera une intégrale Mahler qui (encore aujourd’hui) fait l’éloge des mélomanes, en plus d’une large panoplie d’œuvres couvrant la période classique et allant aux œuvres modernes de la nouvelle école Viennoise. Son répertoire de prédilection est sans doute la musique tchèque: DvořákJanáčekMartinů et Smetana.

L’association Kubelik / Ma Vlast

Kubelik (encore à Prague en 1947), institua le festival international de musique classique du Printemps de Prague. La tradition veut que le festival débute par le récital du poème symphonique Ma Vlast, et se termine par la neuvième symphonie de Beethoven.

Le mariage Kubelik / Ma Vlast est en effet un mariage des plus réussis: le chef qui se veut un grand sensible et le cœur sur la main musicalement - on ne peut qu’imaginer l’émotion que doit ressentir un Kubelik en exil, qui se donne à fond à l’exécution d’une œuvre aussi patriotique…

L’écoute comparée

Kubelik nous régale donc d’au moins cinq prestations de cette œuvre disponibles commercialement.

Ce qui est important de noter est que les cinq prestations sont de très haut niveau, alliant ferveur, énergie et lyrisme, avec un esprit de synthèse que je ne peux que qualifier d’exemplaire. Ceci est d’autant plus remarquable si l’on souligne que ces cinq prestations couvrent près de 40 ans, et impliquent cinq orchestres différents, tous (sauf un) n’étant pas nécessairement associés avec le répertoire tchèque!

Je vous les propose ici, par ordre chronologique



Chicago Symphony Orchestra (Mercury, 1952)


Ce premier enregistrement de Kubelik date de sa courte association avec le Chicago Symphony. Ce document MONO fut supervisé par les ingénieurs de l’étiquette Mercury, qui étaient (au début des années 50) à la fine pointe de la technologie de l’époque. En dépit du MONO, cette interprétion est spectaculaire, et certains vont même jusqu’à suggérer qu’il s’agît de la meilleure des prestations enregistrées par notre maestro. La dynamique sonore requise par Vltava souffre quelque peu sur ce vieil enregistrement, mais l’ensemble est clair et plein de couleur.
Wiener Philharmoniker (Decca, 1959)

Pour sa deuxième prestation, Kubelik est à Vienne, et endisque l’intégrale en stéréo. Je dois regrettablement pointer du doigt les ingénieurs de DECCA qui, à l’instar de l’équipe américaine de Mercury, réalisent un enregistrement qui manque de définition et de contraste. Même si on a droit à une version stéréophonique, le résultat est généralement inférieur au produit de Chicago.



Boston Symphony Orchestra (DG, 1971)
(Torrent)

Au début des années 70, DG entra dans une collaboration long-terme avec le Boston Symphony, qui nous donna des dizaines d’enregistrements signés OzawaSteinberg et sous des chefs invités tels Claudio AbbadoTilson-Thomas et celui-ci avec Kubelik. Ici, on a droit à un mariage de circonstances qui réussit: le chef qui possède pleinement l’œuvre, la virtuosité sans équivoque (en particulier les bois) du BSO et l’acoustique du Symphony Hall de Boston qui resplendit dans cette prise de son. Sans doute, pour plus d’une quinzaine d’années, cet enregistrement fut la référence pour Ma Vlast.



Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks (Orfeo, 1984)
(Torrent)

Il s’agît ici d’une performance sur le vif, qui réunit Kubelik et son orchestre de la radiodiffusion bavaroise. Un enregistrement numérique, parfaitement valable. Il existe une version DVD du concert, dont voici un extrait YouTube:







Česká filharmonie (Supraphon, 1990)
(Téléchargement)

Contraint par sa santé précaire (particulièrement des problèmes d’arthrite), Kubelik a du prendre une retraite prématurée (pour un chef d’orchestre!), mais avec la fin du régime Soviétique, et les nouvelles libertés offertes aux citoyens de sa patrie natale, il reprit le podium à l’invitation de la philharmonique tchèque en 1990 dans la performance annuelle de Ma Vlast au festival de Prague. Ce disque croque cette prestation du vieux chef sur le vif. Sans contredit, il s’agît ici d’un moment magique, qui est retenu à jamais dans une longue séquence de bits. L’enregistrement numérique est à la hauteur de la prestation, et le résultat est (pour moi) la performance la plus émouvante et sincère de l’intégrale de ces poèmes.


Voici le concert intégral, gracieuseté YouTube:



Bonne écoute!

vendredi 27 juin 2014

L’Haffner est dans le sac





Le  montage # 162 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast162


pcast162-Playlist.pdf

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Les vacances doivent aporocher, car j'ai l'impression de vous offrir un billet assez facicle et pas trop original... Une reprise intégrale d'une playlist de september 2012 qui présente Mozart dans une paire de comandes.

Sigmund Haffner Gasse dans le centre-ville historique de Salzbourg relie la Getreidegasse avec le Franziskanergasse. C'est l'une des plus vieilles rues de Salzbourg: remontant à 1140 quand l'église franciscaine est devenu une église paroissiale. Avant 1620 la rue a marqué la fin du secteur bourgeois de la ville. Le nom de la rue rend hommage au riche marchand, Sigmund Haffner, qui a servi comme maire de la ville de 1768 à 1772. Son fils avait le même âge que Wolfgang Amadeus Mozart, et le compositeur a consacré sa Sérénade Haffner à la fille de Sigmund Haffner pour sses fiançailles en 1776.

Ce qu'on retient de particulier de cette sérénade est l'insertion de trois mouvemtns qui forment à toutes fins pratiques un concerto pour violon et orchestre.

En juillet 1782, Mozart, résidant à Vienne, venait de célébrer son mariage avec Constance Weber, contre l’avis de son père qui n’appréciait pas la jeune femme. Il reçut alors une autre commande de la part de Sigmund Haffner, maire de Salzbourg, qui venait d’être anobli et désirait une sérénade pour célébrer l’évènement.

Le 27 juillet, Mozart expédiait à Salzbourg deux menuets et promettait le plus rapidement possible le reste de la sérénade. Mais, alors que le compositeur avait presque achevé son travail, Haffner annula probablement sa commande et la partition tomba dans l’oubli. En décembre, Mozart reprit sa partition pour l’un de ses concerts à venir. Il la modifia légèrement en fonction de sa nouvelle destination : la Symphonie no 35 en ré majeur « Haffner » était née.

Cette 35e symphonie marque souvent la première des dernières grandes symphonies de Mozart (les 39e, 40e et 41e étant les plus célèbres). La Haffner et la suivante (Linz) représentent fort probablement les meilleurs exemples de symphonies composées par Mozart dans ce que j'appellerais le style classique, à la manière de Haydn.

Bonne écoute!

mardi 24 juin 2014

La Chronique du Disque (juin 2014)

Le billet suivant est ma Chronique du Disque du 24 juin 2014. 


NDLR: Si vous cherchez plus de détails à propos de mon barème d’évaluation pour la Qualité Sonore et l’Impression Globaleveuillez lire quelques unes de mes chroniques précédentes 



Mes suggestions pour juin



MENDELSSOHN: Songs without Words
[eMusic - Vol 1Vol 2]

Mendelssohn composera huit recueils de chansons sans paroles entre 1829 et 1845, chaque recuiel totalisant huit "lieder". A leur époque, alors que les pianos devenaient populaires dans les domiciles, l'attrait de ces courtes pièces était leur varété musicale et leur accessibilité pour les pianistes amateurs. C'est sans doute justement cette dernière qualité qui fait qu'on néglige l'aspect pianistique de ces petits bijoux parmi les musiciens sérieux et la critique... NAXOS confie à Peter Nagy la mission d'endisquer l'intégrale sur deux disques (un troisième disque étant un ramassis des meilleurs moments), et je trouve que l'ensemble est réussi. Une cinquantaine de plages, jouées avec affection pour ces partitions. Pour ceux qui cherchent à compléter l'ensemble. 
QS = A, IG = A-.



Korngold, E.W.: Much Ado About Nothing Suite / Improvisations (Korngold) (1951)
[eMusic]

Je reviens souvent à cette série Naxos de documents d'archives, des numérisations d'enregistrements d'époque, car ils proposent souvent des artistes ou des oeuvres qu'on a peine à retrouver sur le marché. L'artiste en primeur ici est le compositeur, pianiste et wunderkind de naguère Erich Korngold, dont la carrière dut prendre un détour Hollywooden lors de l'occupation Nazie en Autriche. Après la Guerre, Korngold tente de reprendre du service comme artiste "sérieux", mais son passé cinématographique fait de lui une victime de snobisme culturel, disons. Lors d'un séjour en Autriche au début des années 50, Korngold endisque un grand nombre de ses oeuvres de jeunesse, comme chef et (rarissime!) comme pianiste: Des plages de musique de scène et d'improvisations sur des thèmes de ses opéras. Quel génie! Les sources originales trahissent leur ère, mais le résultat vaut la peine d'entendre!  
QS= B+, IG= A-.




Tchaikovsky - Ballet Suites (Karajan 1961)
[Torrent]

Nos deux prochaines suggestions mettent en vedette Herbert von Karajan, dans deux disuqes d'oeuvres du répertoire qu'il edisquera plusieurs fois, avec le Philharmonia (EMI en MONO vers 1955-59) et la Philharmonique de Berlin (DG, Stéréo, 1965+). Un petit détour avec ce premier choix, qui présente Karajan avec un troisième orchestre (Philharmonique de Vienne) sur un label différent (DECCA) mais dans des oeuvres qu'il endisquera au moins trois fois: les trois suites de ballet de Tchïikovski, Dans ma colletion, j'ai la version Berlin de ces suites, mais je trouve que ce recueil est supérieur. A vous de me dire si vos partagez mon opinion... 
QS = A, IG = A.


Rossini Overtures - Berliner Philharmoniker, Karajan
[Torrent]

Lors d'une visite chez un disquaire avec un collègue, nous avons trouvé une réédition ("Red Label" Angel) de "cinq" des ouvertures de Rossini avec Karajan et le Philharmonia. Il acheta le disque, et j'ai vite comparé l'audition au DG de Karajan avec la Philharmonique de Berlin qui comptait "six" ouverures dans ma collection. Pas de comparaison, le DG l'emporta haut-la-main, et aucun aitre disque de compilations d'ouverures de l'Italien n'est venu à sa cheville depuis. Quel délice de retrouver ce vieil enregistreent sous forme numérique, dans toute sa splendeur! Pour les "fans" de Rossini et de Karajan!  QS = A, IG = A-.

dimanche 22 juin 2014

Musiques Estivales

Le billet suivant est la reprise de notre Montage # 11 et d.un Billet de Faveur du 3 juillet 2012.




pcast011 Playlist (en anglais)

 

Le solstice d'été a eu hier, donc je vous invite à écouter ce montage d'oeuvres qui ont comme thématique commune l'été.

Commençons par souligner une paire de compositions québécoises: “Un été fragile” d'André Gagnon et “Été canadien” d'un Andre Mathieu âgé d'à peine dix ans. Pour compléter la présence québécoise, soulignoins la contribution de l'ouverture du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn interprétée par l'Orchestre Symphonique de Montréal.

“Knoxville, Summer 1915” de Samuel Barber et une version intégrale de l'été des Quatre Saisons de Vivaldi sont deux oeuvres majeures de noitre sélection estivale - le Vivaldi étant extrait de l'intégrale des Quatre Saisons par le violoniste Louis Kaufman. Le texte de Knoxville peut être fureté ici:

http://www.sfsymphony.org/music/ProgramNotes.aspx?id=34170

“Im Sommerwind” est un bon example de musique de la soi-disant deuxième école Viennoise. A l'instar de la Nuit Transfugurée de Schönberg, cette courte pièce de Webern se rapproche de Brahms et Bruckner plutôt que de la dodécaphonie qui dominera l'esthétique du groupe. Ajoutons ici Gershwin et un extrait des saisons de Tchaikovski. Enfin, "Sur les lagunes", extrait des nuits d'été de Berlioz. 

Texte: http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=5950

Bonne écoute, et bon été!




vendredi 20 juin 2014

C'est arrivé le 21 juin 1954

En avant-propos, une réflexion personnelle; la réflexionmusicale suit plus loin

Un Coup de Vieux

Plus tard ce matin, vers 10 heures 30, mon épouse et moi serons assis dans un gymnase mal aéré, afin d’assister à la remise des diplômes de la promotion de 2014 à l’École Secondaire Catholique Béatrice-Desloges ici à Ottawa. Un moment – en fait, une journée – pleine d’émotions pour notre fille cadette qui met fin à ses études secondaires aujourd’hui, et entame le prochain chapitre de sa vie et de ses études en septembre prochain.

Nous étions dans ce même gymnase il y a trois ans, afin d’assister à la remise des diplômes de la promotion de 2011 et le tremplin de notre autre fille dans le monde adulte. Dans son cas, hormis un séjour court et oubliable aux études post-secondaires, elle a trouvé chaussure à son pied sur le marché du travail et je peux vous rapporter que dans l’ensemble les choses vont bien pour elle.

Il y a trois ans également, notre aîné recevait un diplôme collégial, et se promettait d’entamer une carrière universitaire, chose qu’il a complétée ce printemps. Il est maintenant titulaire d’un baccalauréat en sciences de l’activité physique.

Dans les prochaines semaines, frère et sœur comptent aménager ensemble et partager un appartement. Tant qu’à notre cadette, elle quittera le nid familial également pour ses études.

Les circonstances ont conspiré afin que notre nouvelle finissante poursuive ses études à une université à plus de 600 km de chez nous. Il y a de l’appréhension de part et d’autres évidemment, et l’ensemble des circonstances ont ramené à la surface un tas de sentiments et de souvenirs, vieux maintenant de 30 ans, un étrange parallèle avec mon expérience personnelle.

Il y a trente ans presque jour-pour-jour, j’étais moi aussi un finissant, mais dans ce cas-ci un finissant universitaire, recevant mon bac en Physique. Comme ma fille, il y avait un plan: des études de deuxième cycle à une université lointaine et, comme elle, ma première expérience de vie étudiante loin de ma famille, avec tout ce que ça implique: le relogement, la séparation, l’incertitude… Contrairement à elle, toutefois, j’avais 22 (presque 23) ans et j’avais une bonne idée de ce que la vie d’étudiant universitaire représente, et du besoin de trouver un équilibre sain entre la routine étudiante et la «vie sociale».

Il ne faut pas minimiser l’aspect séparation dans cette considération – et ceci d’autant plus pour une jeune adulte qui fait ses premiers pas «en solo». Ma relation avec ma famille, et mon frère en particulier, était des plus étroites et – chose un peu déplorable – une fois qu’on coupe les ficelles, les choses ne sont plus jamais les mêmes. On vieillit, on trouve son chemin, on se crée de nouveaux réseaux et souvent l’éloignement et la distance font qu’on s’éloigne et on se distance. Il est difficile à dire si c’est pour le meilleur ou pour le pire, mais c’est sûrement différent. Tout le monde change, même si fondamentalement on n’a pas changé.
On ose croire que l’expérience qui attend notre fille l’aidera à se développer professionnellement et s'épanouir personnellement, et à se façonner une identité. Mon désir est qu’elle développe une confiance en soi grandissante sans toutefois oublier qu’elle est déjà une personne de grande qualité, dont nous sommes tous fiers.

J’entends bien profiter au maximum des quelques semaines qui restent avant qu'elle nous quitte!

Trente ans déjà

Les choses sont relatives comme on le dit, et il semble que d’avoir trente ans (quand on en a 23) c’est vieux.

Je me souviens très bien de mon frère à 30 ans: célibataire, ambitieux, et en transition dans sa vie personnelle. Il ne se doutait probablement pas qu’il trouverait l’âme-sœur ce même été, et qu’is seraient ensemble encore aujourd’hui, après avoir fondé leur propre famille. Mon frère et moi et notre entourage (je vous épargnerai les noms, mais il s’en souviendra sûrement…) étions assis dans le salon de son logement (il occupait l’étage supérieur du duplex familial) lorsqu’inopinément, on sonne à la porte avec une « livraison spéciale ». Le paquet contenait tout simplement une cassette audio. Il la met dans la platine, et on entend une interprétation parfaitement oubliable d’un tube de l’époque (« It feels like I’m In Love » si je ne m’abuse). On se regarde: voyez vous, la personne qui avait fait parvenir la cassette travaillait au sevice national des Postes, et était une dame que nous connaissions tous très bien, que mon frère avait fréquenté pour une très courte période quelques semaines auparavant. On se demandait tous s’il y avait un « message caché » dans cette cassette… En fin de compte, il n’y avait rien de sinistre dans toute cette histoire  la cassette était un « mix » composé par la dame en question, envoyé tout simplement à mon frère comme cadeau d’anniversaire.

Je ne sais pas pourquoi cet incident oubliable et anodin m’est revenu à l’esprit récemment, sauf peut-être pour me rappeler que pendant cet été de 1984 mon frère et moi étions presque inséparables, et que ce sont ces moments spontanés, banals même, que je garde précieusement, qui manifestent une certaine insouciance de ce qu’on peut appeler une jeunesse longtemps passée (même si nous n’étions plus « jeunes » mais bien des adultes).

Demain, le 21 juin, marquera un jalon remarquable pour mon frère – ses 60 ans. Il n’y a pas si longtemps, on aurait dit que 60 ans c’est « vieux », mais dans le contexte du XXIe siècle, 60 ans c’est le moment où on entame le « dernier droit », cette dernière folle étape d’une longue course, avec le fil d’arrivée (la retraite) bien en vue. Pour certains, le dernier sprint exige qu’on fouille dans ses réserves et qu’on se vide complètement, rampant presque jusqu’au fil d’arrivée. Pour d’autres (et je souhaite que ce soit le cas pour mon frère), le dernier droit exhorte un souffle renouvelé, et on finit la course avec encore plein d’énergie, de quoi se payer un autre tour de piste!


Non, Michel, je ne t’enverrai pas une cassette pour ta fête, mais j’espère que tu prendras le temps d’écouter le montage de cette semaine, qui partage avec toi un anniversaire notoire. Avec l’expression de tous mes meilleurs sentiments pour notre nouveau sexagénaire – sachant fort bien que ce sera mon tour dans 7 ans… 






Le  montage # 161 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast161


pcast161-Playlist.pdf

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Dans un petit hôpital privé – depuis longtemps disparu – sur le boulevard Rosemont près de la rue Chabot, on s’apprête à mettre au monde un certain petit monsieur (il verra le jour vers 10 heures ce soir-là). Mais il y a un autre monsieur qui laissera un souvenir indélébile ce même soir, mais cette fois-ci sur les ondes de la radio d’État. Dans un billet publié en anglais originalement sur mon blog du mardi il y a trois ans, et repris en français ici, j’ai fait allusion à ce qui sera mis en ondes ce soir-là.

On parle de Glenn Gould et des Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach.

Comme je l’avais alors écrit, l’association Gould et Goldberg est l’une de ces associations légendaires entre un artiste et une œuvre, l’apparent parfait mariage entre la technique impeccable d’un pianiste et du mythe de la pièce, dédiée par Bach à un mélomane insomniaque.

Glenn Gould et la Société Radio-Canada

Afin de mettre les choses dans leur contexte, il faut rappeler que Glenn Gould est un artiste qui a une place de choix chez notre diffuseur d’état. Entre autres, Gould sera du gala télévisé qui marque la mise en ondes du service télévisuel de la SRC (ou de la CBC, si vous préférez) en septembre 1952, et il est régulièrement invité à se produire à la radio lors de l’émission Distinguished Artists (trad. Lit.: artistes de distinction) à un point tel qu’il signe ses correspondances « Glenn Gould, D.A. », proposant ceci comme un titre de noblesse!
Beaucoup des prestations de Gould sur les ondes de la CBC qui précèdent le lancement de l’album des Variations Goldberg chez Columbia (un des disques classiques les plus vendus, point final) furent conservées parmi les archives audio de la société sous forme d’enregistrements-témoin sur acétate. Suite au décès prématuré du pianiste (il y a maintenant plus de 30 ans), la CBC a procédé à un effort de restauration numérique de ces enregistrements, qui incluent des diffusions de musique de Bach, Beethoven et de compositeurs de la Deuxième Ecole Viennoise, tous des chevaux de bataille pour le pianiste. Un écrin de ces prestations (Gould,the Young Maverick) futl’objet d’une de mes chroniques du Disque, ainsi que d’un montage en janvier2012.

L’association entre Gould et la CBC continue tout le long de sa carrière, et prend un virage particulier après que Gould cesse de se produire en public en 1964, alors qu’il produit des documentairesradiophoniques en plus de s’offrir en studio comme interprète. La maison Radio-Canada à Toronto est doptée d’un studio-amphithéâtre conçu spécifiquement pour les concerts de musique classique qui pote le nom de « Glenn Gould Studio » et on retrouve devant l’entrée principale la statue de RuthAbernethy montrant Gould assis sur un banc.

Le Montage

Si on revient à l’éphéméride musical pour aujourd’hui, le montage ouvre avec la prestation des Goldberg datant du 21 juin 1954. Sans aller dans le détail (mon article de 2011 propose une certaine analyse) la prestation radio offre un avant-goût du résultat New-Yorkais qui suivra l’année suivante (juin 1955), et dans certaines variations, présage même la version numérique de 1981! Il est clair que la vision qu’a Gould de cette œuvre est une conception changeante, dynamique, et qu’après seulement un an, son jeu démontrera plus d’applomb, de confiance et une meilleure maîtrise de la partition. Certains noteront que même le thème (l’aria) est joué plus lentement, plus délibérément que la version mono de 1955, mais dans un tempo beaucoup moins exagérément lent qu’en 1981… Ceci étant dit, Gould est en grade forme ce soir-là, et il offre une prestation généralement dépourvue des écarts de conduite habituels du pianiste. Disons qu’il se comporte comme un artiste sérieux, et non pas comme un excentrique!

En complément de programme, toujours du même écrin d’enregistrements-témoin, d’autres Bach de la même période: la Partita no. 5 et l’ensemble des inventons à deux voix. Gould reprendra en studio l’ensemble des partitas et l’ensemble des inventions à deux et trois voix pour la maison Columbia et, comme pour les Goldberg, on a droit à un aperçu du « génie au travail », qui apprend et digère ces pièces afin de les programmer dans son répertoire. La partita, selon les Archives Nationales du Canada, furent reprises maintes fois sur les ondes de la SRC, donc est sans doute sa préférée parmi les 6 suites pour clavier seul du compositeur.

Notons l’ordre particulier des inventions, qui est un ordre choisit par le pianiste, et qu’il reprendra en concerts publics, dont lors d’un concert à Moscou (qui fut distribué posthumément par la maison Sony en couplage avec les Goldberg, version du festival de Salzbourg en 1959).

Un dernier mot à propos de la qualité sonore: dans l’ensemble, les techniciens de la SRC on fait un travaiil remarquable avec la restauration de ces acétates, mais vous prendrez note de certains bruits de fond et de distorsions inévitables dans le cas de ces transferts . La prise de son mono est typique pour la radio à l’époque et n’enlève rien au mérite de ces prestations. L’oreille s’adapte facilement.


Bonne écoute! 


mardi 17 juin 2014

Antonín Dvořák sur MP3.COM


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 17 juin 2014. 


Notre volet mensuel de la série Jadis sur Internet considère la musique du Tchèque Antonín Dvořák, reconu comme un compositeur qui a réussi à intégrer les motifs folkoriques de son pays à ses compositions.

En effet, Dvorák est exposé à la musique locale très jeune à l'auberge familiale, où lces airs faisaient partie de leur quotidien. On retrouve spécialement beaucoup de ces airs dans le catalogue de musique de chambre de Dvořák. Un excellent exemple de ce mlarige ese trouve dans ses bagatelles, qui incluent l'ajoût d'un harmonium, un instrument assez commun dans les foyers de ses amis.

En plus de cette influence folklorique, il y aussi l'espèce d'admiration mutuele entre lui et Brahms. D'après moi, en plus des danses slaves, les deux sérénades (une pour cordes et l'autre pour vents) rappellent celles de Brahms, avec leur variété de motifs. J'ai retenu la sérénade pour cordes dans la playlist d'aujourd'hui.

L'autre association notoire avec Dvořák souligne un assez court séjour (1892-1895) comme enseignant en Amérique. Le conservatoire national qu'il y diridea sera supplanté par d'autres grandes institutions (Les Juilliard et Curtis) mais la musique qu'il composera pemdant cette période - largement influencée par les motifs autochtones et afro-américains -  compte parmi ses oeuvres les plus connues et les plus jouées: on pense à la symphonie "provenant du Nouveau Monde", la suite Américaine et son 12e quatuor surnommé l'Américain (ou même le drapeau Américain).

Composé lors d'une vacance dans le Mid-West Américain (en fait, en Iowa), sa composition fut sponytanée et fructueuse qu'il en fait la remarque sur la partition autographe en y remeriant la Providence! Le quatuor allie ces motifs Américains à la formule habituelle des quatuors du compositeur. En complément, une paire de courtes pièces pour chambristes.

Bonne écoute!

Antonín DVOŘÁK (1841-1904)

Sérénade pour cordes en mi majeur, op. 22 [B 52]
Orchestre de Chambre des Jeunesses Musicales de Macédonie
Borjan Canev, direction

Mazurek pour violon et piano, op. 49 [B 89]
Susanne Stanzeleit, violon
Julian Jacoson, piano

Quatuor no. 12, en fa majeur, op. 96 [B 178] “Américain”
Stamic Quartet

Danse slave en mi mineur (Allegretto grazioso), op. 72 [B 145], no. 2
Bian Lewis et Barbara Barber, violons
Michael McLean, piano

Téléchargés de MP3.COM, 15 mars, 2002


dimanche 15 juin 2014

La fête des Pères

Le billet suivant est la reprise de notre Montage # 10 et d.un Quinze que j'en pense du 15 juin 2012.



Aujourd'hui nous célèbrons la Fête des Pères, une tradition sans doute inventée par les sociétés de cartes de souhaots mais un moment tout de même afin de porter notre attention à ce monsieur tantôt jovial, tantôt sévère mais toujours attentionné, notre cher papa.

Mon père nous a presque 10 ans – il fêterait ses 86 ans le 10 juillet – et (avec le recul qui s’impose) je n’ai que de bons souvenirs des moments que nous avons passé ensemble. Mon père était un homme actif, qui aimait les longues randonnées, et adorait passer ses soirées dans les gradins des arénas et des terrains de jeux, suivant les péripéties des jeunes joueurs de hockey et de baseball dans les quatre coins de l’île de Montréal.

Certains papas sont des bricoleurs – pas le cas ici. En fait, mon père se pensait bricoleur, mais ses entreprises autour de la maison n’étaient pas de grands succès: il értait un peintre plutôt médiocre, et faisait démonstration d’uine volatilité et d’une impatience quasi-légendaires!

Comme première sélection musicale, ce rap des plus désopilants, très contemporain je dirais, à propos du papa au XXIe siècle:



Le montage musical que je vous propose pour la circonstance vous offre un bon nombre de sélections inspirées par les activités de plein air: la chasse (gracieuseté de « Papa » Haydn), la pêche (merci, M. Schubert) et le baseball (Connaissez-vous la pause de la septième manche?).

Pas toutes les relations père et fils sont harmonieuses – en faoit, il m’apparaît qu’en littérature et en musique, c’est bien le contraire. Les Dumas (tel qu’illustré dans La Dame aux Camélias, qui devient La Traviata sous la plume de Giuseppe Verdi et Francesco Maria Piave), le poète Emile Nelligan et son père David (le sijet de l’opéra d’André Gagnon et du dramaturge Michel Tremblay), Les Strauss (que ce soitJohann le père et ses fils ou Richard et son père, le corniste Franz Strauss). Dans tous ces cas, je vous propose des extraits musicaux qui illustrent ces relations.

Trois générations de Chostakovich, avec le petit-fils au piano, le fils à la direction interprétant un concerto composé par le patriarche figurent également au programme.

Du répertoire populaire, une paire d’extraits: Father and Son (trad. Père et fils), un des succès autobiographiques de Cat Stevens et du compositeuré/interprète Neil YoungOld Man (trad : Le vieux), qui aurait pu tout autant représenter sa relation parfois trendue avec son père, le chroniqueur sportif Scott Young.

Bonne écoute et, surtout, bonne fête à tous les pères!


DETAILS


Yusuf ISLAM (*1948)
Father and Son (1970)
Cat Stevens, guitarist et interprète

Giuseppe VERDI (1813-1901)
“Di Provenza il mar il suol” (La mer et le soleil de Provence), extrait de l’ Acte II de La Traviata (1853)
Rudolf Knoll, Baryton
Nürnberger Symphoniker sous Alexander Von Pitamic

André GAGNON (*1939)
“Where were you the last three days” et “Quand tu es né” , extraits de l’Acte II de Nelligan, «opéra romantique» (1988-90) [Orch: Gilles Ouellet]
Dominique Côté, Emile
Pierre Flynn, David
Orchestre Symphonique de Montréal sous Jacques Lacombe

Albert VON TILZER (1878–1956)
Take Me Out to the Ball Game (1908)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Take_Me..._Game_(chanson)
Carly Simon, interprète

Franz Joseph HAYDN (1732-1809)
Quatuor en si bémol majeur, op. 1, no. 1 [Hob. III/1] “La chasse”
Quatuor Caspar Da Salo

Franz SCHUBERT (1797-1828)
Troisième movement (Scherzo. Presto) EXtrait du quitette pour piano et cordes en la majeur, D. 667 “La truite”
Sir Clifford Curzon, piano
Membres de la Wiener Philharmoniker
(Version intégrale)

Richard STRAUSS (1864-1949)
Concerto pour cor no. 1 en si bémol majeur, Op. 11
Dale Clevenger, cor
Chicago Symphony Orchestra sous Daniel Barenboim

Dimitri CHOSTAKOVICH (1906-1975)
Extraits du concerto ppur piano no. 2 en ga majeur, Op. 102
Dimitri Chostakovich Jr, piano
I Musici de Montréal sous Maxim Chostakovich
(Version intégrale)

Johann STRAUSS I (1804-1849)
Radetzky-Marsch, Op. 228
Edmonton Symphony Orchestra sous Uri Mayer

Neil Percival YOUNG (*1945)
Old Man (1972)
Neil Young, guitare et interprète


vendredi 13 juin 2014

Poèmes Symphoniques





Le  montage # 160 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast160


pcast160-Playlist.pdf

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Notre montage de cette semaine continue notre série « De mardi à vendredi », qui reprend des sujets déjà abordés et illustrés lors de nos blogs du mardi. En avril 2013, nous avions exploré l’arc thématique "Raconte-moi une histoire" dans lequel noys avons monté de la musique inspirée de contes et de légendes. Parmi les billets de cette série, j’avais proposé une paylist YouTube de Poèmes Symphoniques et c’est ce sujet qui revient cette semaine.

Produit de l’ère romantique, et exploité à satiété sous toutes ses formes par les impressionnistes, la musique « à programme » est sans doute l’une des grandes contributions à la musique de concert qui jusqu’alors se voulait plutôt régentée par la forme (pensons symphonies, concerti et rhapsodies).

C’est à Franz Liszt que les musicologue attribuent l’invention – sinon l’essor – du poène symphonique comme une œuvre à un mouvement continu, qui s’inspire d’une œuvre d’art, d’un poème ou d’un récit. Mis à part sa Faust-symphonie et autres ouvres à plusieurs volets, on compte treize poèmes symphoniques de Liszt, dont celui qui ouvre le montage – Les Préludes – est sans doute l’exemple le plus connu. Le poème tire son inspiration d’un ode extrait des Nouvelles méditations poétiques de Lamartine.

Si Liszt et la musique à programme inspirent ses contemporains (dont Berlioz et sa Symphonie Fantastique), on associe plus étroitement certains compositeurs avec le poème symphomnique : Richard Strauss et Bedrich Smetana.

Les grandes pages de fin de siècle de Strauss incluent Don Juan, Ainsi Parla Zarathoustra, Mort et Transfiguration, sa Symphonie Alpestre et Till l’Espiègle, le poème plein de rebondissements et de mesquinerie musicale programmé aujourd’hui.

De Smetana, on pense à Ma Vlast (Ma Patrie), un cycle de six poèmes symphoniques à saveur nationaliste, et un bon nombre d’œuvres de concert individuelles, dont Le Camp de Wallenstein qui s’inspire de la trilogie théâtrale de Friedrich von Schiller. La trilogie met en scène le généralissime Albrecht von Wallenstein, duc de Friedland, chef de l'armée de Ferdinand II. Il choisit de nouer une alliance secrète avec les Suédois, complotant ainsi contre l'Empereur.

Le reste des sélections sont des reprises de la Playlist originale : Le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns et Francesca da Rimini de Tchaïkovski.
 

Bonne écoute! 

mardi 10 juin 2014

Interludes opératiques




Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 10 juin 2014. 

Nos blogs du mardi (et Quinze que j'en pense pendant deux ans) ont exploré occasionnellement des extraits opératiques; arias, ouvertures... C'est dans cette veine que je propose aujourd'hui une playlist d'interludes musicaux provenant d'opéras; des intermezzi, des préludes, et autres moments musicaux qui brisent (ou créent) de la tension sur scène.

Dans certains cas, ces pièces sont entendues afin de remettre l'auditoire dans le bain de l'action après un entr'acte, mais aussi on les retrouve intégrés à l'action même, comme dans le cas de la méditation de l'opéra Thaïs.

Si ces oeuvres sont pour la plupart des extraits uniquement instrumentaux, j'ai ajouté ici ce qu'un usager YouTube appelle un intermezzo provenant d'Idomeneo de Mozart, qui inclut choeurs et solistes! Il y a des sélections bien connues, et quelques découvertes - heireux résultat de ma recherche en préparation pour ce billet

Bonne écoute!

DETAILS

Richard WAGNER (1813 - 1883)
Prélude à l'Acte III de Die Meistersinger von Nürnberg, WWV 96
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, direction

Giacomo PUCCINI (1858-1924)
Intermezzo (Acte III) de Manon Lescaut (1893)
Koninklijk Concertgebouw Orkest
Antonio Pappano, direction

Georges BIZET (1838-1875)
Entr'acte (Acte III) de Carmen (1873-74)
Emmanuel Pahud, flûte
Berliner Philharmoniker

Gustavo Dudamel, direction

Enrique GRANADOS (1867-1916)
Intermezzo de l'opéra Goyescas, H. 65
Dariusz Skoraczewski - violoncelle
Inna Faliks - piano

Umberto GIORDANO (1867-1948)
Intermezzo de Fedora (1898)
Ensemble non-identifié

Franz SCHMIDT (1874-1939)
Intermezzo de Notre Dame (1904)
Slovak Philharmonic Orchestra
Dr. Ľudovít Rajter, direction

Eugen D`ALBERT (1864-1932)
Intermezzo de Tiefland, op. 34

Ensemble non-identifié

Giuseppe VERDI (1813-1901)

Prélude à l'Acte III de La Traviata (1853)
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, direction

Domenico ALALEONA (1881 –1928)
Intermezzo de Mirra (1912-13)
Fausto Bongelli, piano

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Intermezzo d'Idomeneo, rè di Creta, K. 366
Coro da Camera e Soli, Reale Corte Armonica - Asolo
Orchestra da Camera Lorenzo da Ponte
Roberto Zarpellonm, direction

Jules MASSENET (1842-1912)
"Meditation" de Thais (1892)
Sarah Chang, violon
Ensemble non-identifié
Placido Domingo, direction

Pietro MASCAGNI (1863-1945)
Intermezzo Sinfonico de Cavalleria Rusticana (1890)
Wiener Philharmoniker
Herbert von Karajan, direction

Richard WAGNER (1813 - 1883)

Prélude à l'Acte III de Lohengrin, WWV 75
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, direction

dimanche 8 juin 2014

Le BACH de recyclage

Le billet suivant est la reprise d.un Quinze que j'en pense du 130 novembre 2011.



Gustav MahlerFerruccio BusoniCharles Gounod et Jacques Loussier (pour ne nommer que ceux-ci) ont ceci en commun: ils ont tous transcrit des œuvres de Jean-Sébastien Bach. N’en déplaise aux puristes, cette soi-disant tradition ne fait que perpétuer l’art de la transcription qui est omniprésente dans l’œuvre même de Bach.

Si on survole l’excellent catalogue des œuvres de Bach sur le web compilé par Robert Poliquin, on remarque le grand nombre de commentaires comme «Repris de la Ritournelle # 7 de BWV 207» ou «Transcrit pour clavecin, en sol mineur, BWV 1058».

Mû sans doute par des besoins professionnels, Bach a souvent retravaillé des œuvres, et il l’a souvent fait avec des résultats qui éclipsent la version originale – ainsi donc s’agît-il d’une formule issue par le besoin ou par enthousiasme pour les idées originales?

On peut classer les œuvres transcrites par Bach dans deux catégories principales: les concerti transcrits ou transposés pour d’autres instruments, et les adaptations d’œuvres de compositeurs contemporains de Bach.

Les œuvres transcrites pour d’autres instruments ou d’autres effectifs

On peut trouver des tas d’exemples de «recyclage» dans le catalogue Bach. Les concerti Brandebourgeois, par exemple, font grand usage de sinfonias et autres extraits de cantates.

Là où Bach fait son plus gros usage est dans le concerto pour instrument solo et cordes, où l’instrument passe du clavier au violon ou au hautbois. Voici deux exemples particuliers:

Voici le troisième mouvement du concerto BWV 1043 pour deux violons dans sa version originale (prestation complète par Csaba Illényi et Katica Illényi, Ferenc Erkel Chamber Orchestra – cliquer ici):




Comme M. Poliquin l’indique, voici le même concerto, «Transcrit pour 2 clavecins, en do mineur, BWV 1062» (prestation complète par Trevor Pinnock Kenneth Gilbert et The English Concert – cliquer ici):



Dans sa page dédiée aux œuvres de Bach, David J. Grossman identifie une série de concerti reconstruits, donc des œuvres qui furent rapiécées par des musicologues qui seraient des versions perdues de concerti retrouvés dans le catalogue des concerti pour clavier/

Parmi les plus célèbres, la reconstruction d’un concerto pour violon et hautbois, le BWV 1060r. D’après le catalogue Bach, voici le même concerto dans sa version, «officielle» (prestation complète par Trevor Pinnock Kenneth Gilbert et The English Concert – cliquer ici):

 


Les œuvres d’autres compositeurs adaptées par Bach

Bach rend hommage à plusieurs compositeurs de son temps: VivaldiMarcello et même ses fils… Il y a, par exemple, le concerto pour quatre claviers BWV 1065 qui est une adaptation de l’op. 3 no. 10 du curé rouquin.

Poliquin souligne une série de pièces pour orgue (BWV 592-597) qu’il regroupe sous le titre «Concertos d'après d'autres musiciens». Écoutons le BWV 593 (Johannes-Ernst Köhler)




Bach transcrit pour orgue ici le concerto no. 8 de l’estro armonico (RV 522), interprété ici par Willi Boskowsky et Jan Tomasow.



Il y a également les concerti pour clavier seul (BWV 972-987) qui puisent leur inspiration chez Vivaldi, Telemann et autres compositeurs contemporains de Bach. Par exemple, le concerto, en ré mineur, pour clavier (BWV 974) est basé sur le fameux concerto pour hautbois de Marcello. La version originale (Marcel Ponseele et l’ensemble Il Gardellino):



Voici la version Bach, interprétée par Glenn Gould:



Hommages par d’autres artistes

La réinvention de l’œuvre de Bach est un phénomène relativement récent, avec les exemples les plus célèbres venant d’artistes du milieu du XIXe et XXe siècles. Voici quatre exemples.

Sir Edward Elgar orchestra le Prélude (Fantaisie) et fugue, en ut mineur, pour orgue BWV 537 (Enregistrement d’époque, Royal Hall Orchestra sous Elgar lui-même)



L’un des plus célèbres est l’usage par Gounod du premier prélude et fugue du Clavier Bien Tempéré, qui devient l’accompagnement musical de son Ave Maria (Eula Beal et Marguerite Campbell au piano)




En 1910, Mahler assembla une série de mouvements des suites pour orchestre de Bach. Voici le fameux air sur la corde de sol (prestation complète par Riccardo Chailly et le Concertgebouw d’Amsterdam - Cliquer ici):



Finalement, le chef (et organiste) Leopold Stokowski a orchestré une douzaine des œuvres pour orgue de Bach pour son usage personnel. Voici, pour conclure notre billet, sa fameuse orchestration de la toccate et fugue en ré mineur BWV 565, telle que rendue par Walt Disney et son équipe pour le film de 1940, Fantasia (Stokowski dirige le Philadelphia Orchestra):

vendredi 6 juin 2014

Symphonies en ut majeur





Le  montage # 159 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast159


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Dans mon billet Mardi en Musique du 8 mai 2012, j'ai proposé quatre symphonies en "ut majeur" (pour certains qui le préfèrent, en do majeur). Notre bilet de cette seain reprend cette thématiqyue sous forme d'un montage plustôt que sous la forme d'une playlist YouTube.

Deux des choix du billet original - la première symphonie de Beethoven et la Symphonie en ut majeur de Srravinski ne sont pas reprises ici (faute de temps), et sont remplacées par la 97e symphonie de Haydn, composée suivant la même tonalité. Elle fut composée en 1792 lors de son premier voyage à Londres. La création eut lieu à Londres aux Queen's Concert Rooms, Hanover Square, le 3 (ou 4) mai 1792. Lors de la création Joseph Haydn dirige l'orchestre au pianoforte. Notez  l'écriture des cuivres et des timbales du Menuet au troisième mouvement, présageant peut-être le menuet de la huitième Symphonie de Beethoven.

Les deux autres sélections sont reprises du billet original: la "petite" symphonie en ut majeur de Schubert et la symphonie estudiantine de Bizet. Des deux symphonies en ut majeur composées par Schubert, sa "Grande" est si .labor.e que le sobriquet "petite" est en fait relatof, car il n'y a rien de court ou minimiste ici...

La Symphonie en ut majeur est le premier des deux ouvrages symphoniques de Georges Bizet, l'autre étant son ouverture "Patrie" . Composée en 1855 (il avait 17 ans), on croit qu'il s'agît d'un exercice de composition de la part de son professeur, Charles Gounod. Oubliée ou perdue, elle sera créée le 26 février 1935 à Bâle sous la direction de Felix Weingartner après sa redécouverte paemis des manuscrits légués au Conservatoire de Paris.

Bonne écoute!




mardi 3 juin 2014

Place aux poèmes!

Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 3 juin 2014

Ce billet reprend le Montage # 102 (Commentaire original: http://itywltmt.blogspot.com/2013/04/montage-102-cest-poetique.html)




pcast102- Playlist


La sélection souvenir de cette semaine nous ramène au mois d’avril 2013, et à un exercice qui s’aligne avec la thématique de bos B + B de ce mois-ci. En effet, les nouveaux montages pour juin font un clin d’œil à des billets publiés dans nos séries connexes – Mardi en Musique, Quinze que j’en pense et autres billets de faveur, qui ont fait appel à des playlists YouTube ou autres formes ouvertes d’illustration musicale.

Mon biillet de faveur du 27 juillet 2011 intitulé « Poésie et Musique » considérait des poèmes mis en musique. Parmi les sélections, on retrouvait le Poème de Chausson (pour violon et orchestre) et celui de l’Américain Charles Griffes (pour flûte et orchestre). Dans le cas du Griffes – et peut-être celui de Chausson, qui sait  - on propose que le soliste est un poète-récitant avec l’orchestre qui crée l’atmosphère.
Le montage proposé aujourd’hui reprend le concept, mais se limite à des œuvres qui ont en commun le titre « poème ». Si ceux de Scriabine et du Canadien Rosario Bourdon suivent l’exemple de Chausson et de Griffes avec leurs solistes, les autres proposent des pièces lyriques pour orchestre – que je considère ici comme des pensées musicales et non pas des poèmes symphoniques

Des œuvres familières, et probablement des découvertes… 

Bonne écoute! 

dimanche 1 juin 2014

Manon Lescaut (Puccini)

L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, aujourd’hui plus communément appelée Manon Lescaut, est un roman-mémoires d’Antoine François (l’abbé) Prévost faisant partie des Mémoires et Aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde (une œuvre littéraire en 7 volumes, rédigés de 1728 à 1731).

Les qualités humaines du roman séduisirent rapidement le public et en feront la célébrité, toutefois le livre est jugé scandaleux par le parlement de Paris, saisi et condamné à être brûlé, forçant l’auteur à publier une nouvelle édition (1753) revue, corrigée et augmentée d’un épisode important.

Selon Wikipédia, Prévost est un « romancier, historien, journaliste, traducteur et homme d'Église », mais il semble que Prévost a eu sa part de conflits entre sa vocation et ses intérêts amoureux… On dit que l’histoire de Manon serait « inspirée d’une de ses propres aventures ». Il publiera plusieurs autres romans, dont notamment Le Doyen de Killerine (1735-1740) et Histoire d’une Grecque moderne (1740) ; la monumentale Histoire générale des voyages (15 vol., 1746-1759) ; et des traductions de romans de l’anglais.

Revenons à Manon. L’essentiel de l’histoire implique celle-ci et un jeune noble (Des Grieux). Vouée au couvent, ou à une liaison avec un homme beaucoup plus âgé, Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris, où ils vivent une existance idyllique. Toutefois, mademoiselle a des goûts plutôt extravagants, et Des Grieux a peine à les soutenir. Suite à une série de déboires financiers, elle le quitte pour un riche homme âgé qui l’entretiendra comme maîtresse.

Évidemment, l’amour est plus fort que la police comme on dit, et Manon et Des Grieux sont réunis, mais les circonstances de cette réunion, et l’embarras causé envers l’homme qu’elle quitte, sont tels qu’elle est déportée en Louisiane. Des Grieux la suit et, suite à d’autres péripéties rocambolesques, les amants tentent de s’échapper vers une colonie voisine mais durant cette escapade, Manon malade et exténuée s'éteint dans ses bras.

Plusieurs adaptations scéniques, dont au moins trois opéras, furent inspirés par cette histoire, deux des plus connues étant Manon de Jules Massenet (1884) et le choix d’aujourd’hui, Manon Lescaut de Giacomo Puccini (1893).

Les deux versions maintiennent l’essentiel de l’histoire, omettant tous les deux certains des conflits secondaires entre Des Grieux et son père et Des Grieux et un ami de longue date (qui l’aidera financièrement à plusieurs reprises). L’espèce de triangle amoureux, et l’aspect frivole de Manon sont, toutefois, au rendez-vous. Une des larges différences entre les deux opéras, outre la langue du livret, est la mise en scène de la scène fatidique: Massenet choisit le Havre et Puccini ira pour la Louisiane, tel qu’envisagé par Prévost.

Puccini fera appel à au moins cinq librettistes, le plus connu étant Ruggiero Leoncavallo (l’auteur des Pagliaci) qui proposera l’esquisse originale. Massenet ayant connu un grand succès avec le même sujet molns de dix ans auparavant, l’éditeur de Puiccini était opposé au projet. Puccini répondra:

Pourquoi n’y aurait-il pas deux opéras à propos de Manon? Une femme comme elle peut avoir plus d’un amant! Massenet ressent Manon comme un Français, avec poudre et menuets. Je sens Manon comme un Italien, avec une passion pleine de désespoir.

Le résultat fut le premier grand succès de Puccini. La prestation retenue est une version MONO d’époque avec Licia Albenese et Jussi Bjorling.

Bonne écoute!



Giacomo PUCCINI (1858-1924)
Manon Lescaut (1893), opéra en quatre actes
Livret italien de Giuseppe Giacosa (avec des contributions de Ruggero Leoncavallo, Marco Praga, Domenico Oliva and Luigi Illica), inpiré de L’histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut par l’Abbé Prévost.

ROLES PRINCIPAUX
Licia Albanese (Manon Lescaut)
Jussi Björling (Des Grieux)
Robert Merrill (Lescaut)
Franco Calabrese (Geronte)

Orchestre et choeurs du Teatro dell'Opera (Rome)
Jonel Perlea, direction
Lieu d’enregistrement:
Teatro dell'Opera, juillet 1954

Argument @ http://fr.wikipedia.org/wiki/Manon_Lescaut_(Puccini)#Argument
Livret @ http://www.librettidopera.it/zpdf/manonles.pdf



(Avec les commentaires en anglais de Sean Bianco)

  
 

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