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mardi 17 septembre 2019

Don Giovanni (Mozart)


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 17 septembre 2019. Ce billet reprend une réflexion proposée dans ces pages le 5 avril 2015. Le texte est inchangé, sauf pour des corrections mineures.

Don Juan est un personnage légendaire, qui représente à sa façon la frivolité, les mœurs faciles et tout ce qu'il y a de libertin. On peut tracer les premiers ébats littéraires du personnage au récit El burlador de Sevilla (1630; “Le séducteur de Séville”), attribué au dramaturge espagnol Tirso de Molina. Dom Juan a sa place au panthéon des personnages légendaires avec Don Quichotte, Hamlet et Faust.

La légende veut qu'au cours de sa carrière de courtisan et séducteur, Don Juan s'est frotté à un noble dont la fille avait succombé à ses charmes. Lors d'un affrontement, Don Juan tuera le père et, plus tard, il visitera sa tombe, ornée d'une grande statue. Dans un moment d'absurdité, il invite la statue à un dîner chez lui, chose que la statue fantômesque fera - signe avant-coureur du sort du Don.

(Dans l'opéra de Mozart et Da Ponte, Don Juan ne commet pas de meurtre, mais recevra la visite du fantôme)

Au XVIIe siècle, la légende de Don Juan est bien établie, et en plus de l'opéra de Mozart, on compte la pièce de Molière Dom Juan ou le Festin de Pierre (1665) et plus tard la nouvelle de Prosper Mérimée “Les Âmes du Purgatoire” (1834) et le drame Don Juan de Marana (1836) d'Alexandre Dumas père. Aussi l'ode de Lord Byron Don Juan (1819–24) et Man and Superman de George Bernard Shaw (1903). La veille de La Toussaint, on joue traditionnellement Don Juan Tenorio (1844) de José Zorrilla y Moral, qui offre le salut de l'âme de Don Juan grâce à une liaison entre celui-ci et une dame de grande piété.

Prague n'est pas étranger au Don - en fait, on y présentera le premier opéra européen sur le sujet La pravità castigata (Prague, 1730), ainsi que Il convitato di pietra (Vincenzo Righini 1776). On croit que Mozart y crée Don Giovanni précisément car le sujet y est populaire.

Comédie ou tragédie? La réponse est et l'un, et l'autre, car on le caractérise dramma giocoso.

LA PERFORMANCE

Franz Welser-Möst est à la barre du prestigieux orchestre de Cleveland depuis la saison 2002-03, et a monté annuellement un opéra (avec mise en scène et costumes) dans le cadre des concerts d’abonnement de l'orchestre.

La prestation retenue est un de ces concerts, gracieuseté de la station radiophonique WCLV (avec les introductions parlées de l'annonceur Robert Conrad.)

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Il dissoluto punito, ossia il Don Giovanni, K. 527
Dramma giocoso en deux actes, livret italien de Lorenzo Da Ponte

DISTRUBUTION

Don Giovanni: Simon Keenlyside
Leporello: Ruben Drole
Donna Anna: Eva Mei
Donna Elvira: Malin Hartelius
Ottavio: Shawn Mathey
Commendatore: Alfred Muff
Zerlina Martina Janková
Masetto: Reinhard Mayr

Cleveland Orchestra
Direction: Franz Welser-Möst
Severence Hall, Cleveland, 27 mars 2011

Argument - http://clg-le-reflessoir-blere.tice....Giovanni-2.pdf

Livret - https://www.naxos.com/education/oper...Title_Page.htm

Hyperlien Internet Archive - https://archive.org/details/02Act1


vendredi 13 septembre 2019

Wilhelm Kempff & Beethoven





Ce billet B + B propose notre montage # 323. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Aujourd’hui, nous retournons à notre survol de l’intégrale des sonates pour piano de de Beethoven, quatre autres partages B+B sont prévus afin de compléter cette tâche. Ces quatre montages seront du format «sonate et concerto» avec un seul pianiste. Ce format a été utilisé dans le passé pour les quatrième et cinquième concertos pour piano agrémentés des sonates « Au clair de Lune », Hammerklavier et Pastorale.

Le pianiste de cette semaine, Wilhelm Kempff, a enregistré l’intégrale des 32 sonates à au moins trois reprises, dont deux fois en quinze ans entre 1951 et 1965 pour le label DG - une fois en mono et l’autre en stéréo. Aujourd'hui, je présente deux sonates (la Pathétique et la Waldstein) de ce deuxième cycle «stéréo». Enregistré quand il était dans la soixantaine, c'est la troisième et dernière fois qu'il enregistre le cycle complet. Je dois admettre que les critiques que j’ai lues de ces cycles mono et stéréo (qui sont après tout contemporains l’un de l’autre) semblent avoir divisé les mélomanes. Certains préfèrent l'intimité créée dans le premier ensemble (en particulier la réédition numérique remasterisée du milieu des années 1990), d'autres louangemt le son stéréo intégral et la projection du second. Nous pouvons tous convenir que Kempff a une vision de ces sonates qui est distinctive et (oserais-je dire) presque royale dans sa projection.

Idem avec les concertos pour piano; le cycle berlinois de 1953 Kempff avec Paul van Kempen a longtemps été un préféré des collectionneurs, souvent préféré à la célèbre intégrale de Kempff avec le même Philharmonique de Berlin sous Ferdinand Leitner, datant des années 1960 et également sur DG. En plus de la ligne fantaisiste mais non inefficace de Kempff dans ses propres cadences, ces performances sont exemplaires en matière de style et d'exécution.

À partir de cette dernière série, le premier concerto proposé aujourd’hui présente le juste équilibre entre esprit, éclat et tempo. Le son stéréo (remasterisé numériquement) est incomparable. Les deux premiers concerti (le second figurant dans notre prochain montage avec un interprète différent) figurent peut-être au début du catalogue du compositeur, mais ils nous montrent bien plus que de simples aperçus de l'ingéniosité de Beethoven pour l'orchestre et le soliste.

Bonne écoute!

mardi 10 septembre 2019

Berlioz, Sir Colin Davis, Staatskapelle Dresden ‎– Ouvertures


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 10 septembre 2019 

nous reprenons le collier avec une playlist Intégralement Vôtre qui complète notre hommage à l’année Berlioz.

Les compositions de Berlioz représentent la quintessence de la période romantique, avec parfois des œuvres épiques, parfois des œuvres explorant la complexité des émotions humaines - notamment ses propres luttes avec ses relations. Nul doute que la courte série d’ouvertures proposée aujourd’hui met tout cela en valeur.

Parmi les défenseurs les plus renommés du répertoire Berlioz, en dehors des chefs et interprètes formés dans la tradition musicale française, on peut compter sur Sir Colin Davis. Davis a découvert Berlioz de manière indépendante et a ensuite développé sa propre approche au compositeur et à sa musique. La découverte a commencé en 1951 lorsque, en tant que clarinettiste professionnel, Davis a joué dans l’orchestre pour La Fuite en Égypte dirigé par Roger Desormière. L'un de ses premiers concerts de musique de Berlioz a été donné au Royal Festival Hall en 1959, alors qu'il dirigeait le London Philharmonic Orchestra dans un extrait de Roméo et Juliette. Au début des années 1960, il dirige La Damnation de Faust, Roméo et Les Troyens et Benvenuto Cellini avec le groupe amateur du Chelsea Opera Group. Depuis, Sir Colin a été un champion de Berlioz chez lui et à l'étranger; il a dirigé et enregistré plus de performances de Berlioz que n'importe quel chef d'orchestre l’ayant précédé. Son intégrale Berlioz chez Philips inclut presque toutes les œuvres du compositeur qui nécessitent un chef d’orchestre, à l’exception d’un certain nombre d’œuvres vocales plus courtes. Certaines furent endisquées plus d’une fois - par exemple, la plupart des ouvertures de la playlist d'aujourd'hui faisait partie de ce premier cycle LSO / Philips, et certaines ont ensuite été revisitées avec le même orchestre dans les années 2000 sur leur label LSO Live).

Dans ma collection personnelle, je possède une paire d'enregistrements mettant en vedette Davis et Berlioz avec Staatskapelle Dresden - celui-ci et une performance de la messe des morts que j'avais déjà présentée lors d'un montage B+B du vendredi, il y a quelques années.

Le partage ci-dessous est composée d’ouvertures de concert (comme le Carnaval romain et le Corsaire) et d’ouvertures d’œuvres plus grandes (comme Béatrice et Benedict et Benvenuto Cellini). Je crains que l’Intrada de Rob Roy manque à l’appel, elle qui était également absente du disque Philips d’ouvertures.

Comme c’est habituellement le cas avec l’orchestre de Dresde, l'orchestre sonne brillamment les mains très compétentes de Sir Colin.

Bonne écoute!




Label: RCA Red Seal ‎– 82876-65839 2, BMG Classics ‎– 82876-65839 2
Série: RCA Red Seal Classic Library

Discogs - https://www.discogs.com/Berlioz-Sir-...lease/11304894



vendredi 6 septembre 2019

Oeuvres chorales britanniques





Ce billet B + B propose notre montage # 322. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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La vie musicale de la Grande-Bretagne serait différente à bien des égards sans la tradition chorale britannique: elle se nourrit autant de la musique de la Renaissance italienne, de l'Allemagne baroque, ou de la Russie romantique que de la musique britannique.

Le son des voix chantées, avec de petites ou grandes chorales, accompagnées ou a capella, a quelque chose de particulier. C’est une pratique qui a ses origines dans les fondations monastiques médiévales, dans lesquelles des garçons et des chanteurs laïcs rejoignaient les moines dans l’exercice de leurs devoirs religieux.

Le B+B de cette semaine présente trois œuvres chorales de compositeurs britanniques du XXe siècle. Les deux premières œuvres furent composées entre 1906 et1911 et la dernière les suivra presqu’un quart de siècle plus tard.

Les Cinq chansons mystiques de Ralph Vaughan Williams, écrites entre 1906 et 1911, comportent quatre poèmes donty un  divisé en deux parties) par le poète Gallo-anglais et prêtre anglican du XVIIe siècle, George Herbert (1593-1633), tiré de sa collection de 1633. The Temple: Sacred Poems.
Comme les simples vers de Herbert, les chansons sont assez directes, mais ont la même spiritualité intrinsèque que le texte original. Ils étaient censés être interprétés ensemble, en une seule œuvre, mais les styles de chacun varient de manière significative. Le dernier "Antiphon" est probablement le plus différent de tous: un hymne de louanges triomphant est aussi parfois interprété seul, comme un hymne d'église pour chœur et orgue.

Vaughan Williams se considérait comme athée à l'époque (il s'est par la suite engagé dans un "agnosticisme joyeux"), bien que cela ne l'empêche pas de mettre des vers d'inspiration ouvertement religieuse.


Songs of Sunset, datant de 1906-07, est une œuvre de Frederick Delius après huit poèmes d'Ernest Dowson (1867 –1900). L’œuvre fut créée le 16 juin 1911 lors d’un concert tout-Delius en présence du compositeur, sous la direction de son grand défenseur Thomas Beecham. Beecham dirige également les forces de la prestation retenue au montage.

À l’opposé des œuvres religieuses qui étaient à l’origine des festivals choraux à l’époque, Songs of Sunset porte encore le germe de la controverse. Après avoir dirigé une représentation, le champion allemand de Delius, Hans Haym, a écrit: "Ce n'est pas une œuvre pour un large public, mais plutôt pour un petit groupe d'isolats musicaux qui sont nés décadents et mélancoliques."


L’œuvre finale du montage raconte l’histoire du soi-disant festin de Balthazar (basé sur le chapitre 5 du livre de Daniel) raconte comment Balthazar organise un grand festin et boit depuis les vaisseaux pillés lors de la destruction du Premier Temple. Une main apparaît et écrit sur le mur. Balthazar, terrifié, appelle ses sages, mais ils sont incapables de lire l'écriture. La reine lui conseille de faire venir Daniel, réputé pour sa sagesse. Daniel rappelle à Balthazar que son père, Nabonide lorsqu'il est devenu arrogant, fut renversé jusqu'à ce qu'il apprenne que Dieu a la souveraineté sur le royaume des hommes. Balthazar avait également blasphémé Dieu, et c'est pourquoi Dieu a envoyé cette main. Daniel lit ensuite le message et l'interprète: Dieu a compté les jours de Balthazar. Le dernier verset du chapitre nous indique que cette menace divine fut promptement réalisée puisque Balthazar mourut la nuit même. Darius le Mède accéda au trône.

Cette histoire est la base de la cantate Belshazzar’s Feast de William Walton. Elle fut créée au Festival de Leeds le 8 octobre 1931 et l’œuvre est restée l’une des compositions les plus célèbres de Walton. Osbert Sitwell a adapté le texte de la Bible, principalement le livre de Daniel et le psaume 137.

Au début, l’œuvre semblait avant-gardiste à cause de son écriture extravertie et de sa complexité musicale; il est cependant toujours fermement tonal. L'ajout des fanfares a été suggéré par le directeur du festival, Thomas Beecham; les groupes étaient déjà présents pour une représentation du Requiem de Berlioz, et Beecham a déclaré au jeune Walton: "Comme tu ne l'entendras plus jamais, mon garçon, pourquoi ne pas ajouter deux fanfares?". Cependant, la prestation fut un succès immédiat.



Bonne écoute!


lundi 2 septembre 2019

Le calendrier du laitier pour septembre 2019



Le billet suivant est un de mes Mardi en Musique pour le mois de septembre 2019.

La série Les Routes du Laitier explore le répertoire de long en large, faisant appel à nos montages et playlists du passé. Pour plus d'information, lisez la page d'infos.






Dates à souligner


  • 11 septembre – commémoration de l’attentat à New York et au Pentagone (en ce jour, 2001) – Feuille #303
  • 12 septembre – Première de la « Symphonie des Mille » de Mahler (en ce jour, 1910) – Feuille #268
  • 14 septembre – Dernier concert de la série des Proms de la BBC (« Last Night of the Proms ») – Feuilles #70 et 71
  • 22 septembre – Équinoxe d’automne (hémisphère Nord) - Feuille #217
  • 29 septembre – Début de l’observation du Rosh Hashana, nouvelle année civile du calendrier hébraïque – Feuille #230
  • 30 septembre – Première de l’opéra « Porgy and Bess » de Gershwin (en ce jour, 1935) – Feuille #305
En plus des feuilles de route ci-haut mentionnées, le calendrier  propose plusieurs des programmes des premiers volets de notre projet, axés sur la musique pour instrument solo, pour orgue et des musiques de chambre. Les feuilles de route ajoutées afin de compléter le mois respectent cette programmation, incluant un programme de musique pour piano de Debussy (Feuille #301), musique pour orgue de Messiaen (Feuille #302) et deux instances du trio Oscar Peterson (Feuille #304).

Vos feuilles de route

Feuille de Route #301 – Francine Kay joue Debussy

La pianiste canadienne Francine Kay reçoit sa formation à l’Ecole de Musique Vincent D’Indy de Montreal, sous la tutelle de  Sr. Rita de la Croix et d'Yvonne Hubert. Récipiendaire d'une bourse d'études du gouvernement Français, Mme Kay ira à Paris étudier auprès d'Yvonne Lefebvre lors d'un “Juillet Musical” tenu à St-Germain-en-Laye, le lieu de naissance de Debussy. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu et à la musique – https://archive.org/details/DebussyLesPreludesBookIi




Feuille de Route #302 – Méditations sur le Mystère de la Sainte Trinité

Le titre de l' œuvre est également chargé d'éléments forts pertinents au compositeur: sa nature spirituelle, ainsi que l'orgue et l'église auxquels il était associé depuis 60 ans, et le numéro 3 ... La référence à peine voilée à l'Eglise de la Trinité de Paris est importante; c'est là que Mesiaen étudie, développe et compose les éléments complexes de cette composition , et où il en donné la première prestation privée en 1971 . Il exécutera lui-même la première représentation publique à la Basilique de l'Immaculée-Conception de Washington le 20 mars , 1972. [Lire notre réflexion]

Feuille de Route #303 – Mozart : Requiem in d-Moll
Un grand nombre de messes de Mozart sont fragmentaires (incomplètes ou se limitant à quelques sections). Dans ce contexte, que le Requiem n’ait pas été complété du vivant de Mozart n’est donc pas inusité en soi. Toutefois, que cette messe ait été complétée par un contemporain est digne de mention… Les sections autographes furent écrites à Vienne en 1791, et prises en main non pas par Salieri (comme la pièce et le film Amadeus le suggèrent) mais par le rédacteur de Mozart, Franz Xaver Süssmayr. La pièce a raison toutefois de suggérer que la commande était anonyme; en fait, le Requiem était la commande du Comte Franz von Walsegg. [Lire notre réflexion]

Feuille de Route #304 – Oscar Peterson (1925-2007)
Le montage est en deux parties – la première relate un récital public de Peterson et un des trios avec lesquels il s’est produit (celui-ci inclut Herb Ellis à la guitare et Ray Brown à la contrebasse) au théâtre Orpheum de Vancouver en août 1958 (quelques mois avant qu’Ellis ne quitte le groupe). La seconde partie du montage est l’intégrale de Canadiana Suite, une commande de la Société. Radio-Canada qu’il endisquera avec Brown à la contrebasse et Ed Thigpen à la batterie en septembre 1964. [Lire notre réflexion]

Feuille de Route #305 – Porgy and Bess

Il existe plusieurs versions sur disque de la musique de l’opéra Porgy and Bess de Gershwin – des versions réunissant des distributions de compagnie d’opéra dont au moins deux usant des interprètes qui créèrent l’opéra en 1935, et maintes autres versions qu’on appellera des « albums à concept ». Le jazz a adopté Porgy comme un de ses sujets de prédilection - Miles Davis (1958), Oscar Peterson (1976) et l’offrande de cette semaine combinant Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, accompagnés par l’orchestre de Russell Garcia (Verve, 1957-58). Intronisé au Temple e la Renommée des Grammy Awards en 1973, le site spécialisé discogs identifie pas moins de 114 rééditions de toutes sortes de cet album légendaire. [Lire notre réflexion]

vendredi 30 août 2019

J.S. Bach Suites & Partitas





Notre montage # 321 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast321


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Pour mon troisième B+B du mois d’août, ainsi que le dernier billet avant le retour à la normalité en septembre, je me tourne vers un de nos compositeurs fétiche: Jean-Sébastien Bach.

Chez Bach, les termes «suite» et «partita» sont en quelque sorte synonymes, car ce sont typiquement des séquences de mouvements de danse courtoises. Le montage d’aujourd’hui en fournit des exemples pour plusieurs instruments solo et pour orchestre.

La troisième suite pour orchestre de Bach, composée dans la première moitié du XVIIIe siècle, demande trois trompettes, timbales, deux hautbois, cordes (deux parties de violon et une partie pour alto) et une basse continue. Dans le deuxième mouvement de la suite cependant, seuls les cordes sont impliquées; c'est le seul mouvement de la suite où tous les autres instruments sont silencieux. L’ "Air" est écrit pour violon solo, cordes et continu. Les lignes mélodiques entrelacées des cordes aiguës contrastent avec la direction rythmique prononcée de la basse.

À la fin du XIXe siècle, le violoniste August Wilhelmj propose une version du deuxième mouvement de la Suite de Bach pour violon et accompagnement de cordes, piano ou orgue. Sur la partition, il avait imprimé auf der G-Saite (sur la corde de sol) au-dessus de la portée du violon solo, ce qui lui a valu son surnom.

Le montage d’aujourd’hui comprend également des suites / partitas pour violoncelle solo et pour clavier. Cependant, j'ai ajouté une paire de suites et de partitas moins fréquentées pour d'autres instruments solo.

Le catalogue BWV identifie quatre suites (BWV 995, BWV 996, BWV 997 et BWV 1006a) ainsi qu'un certain nombre de pièces diverses pour luth solo, souvent entendues à la guitare. Bach a écrit ses pièces de luth dans une partition traditionnelle plutôt que dans une tablature de luth, et certains pensent que Bach a joué ses pièces de luth au clavier. Aucun manuscrit de Bach lui-même de la Suite en mi mineur pour Luth (joué ici par Julian Bream à la guitare acoustique moderne) n’existe. Cependant, dans la collection de l'un des élèves de Bach, Johann Ludwig Krebs, il y a une pièce ("Praeludio - con la Suite da Gio: Bast. Bach") avec l’indication aufs Lauten Werck ("pour le clavecin-luth") dans une écriture non identifiée.

Certains soutiennent que, malgré l’annotation concernant le clavecin-luth, la pièce était censée être jouée à la luth, comme le montre la texture. D'autres soutiennent que puisque la pièce a été écrite en en mi mineur, elle serait incompatible avec la luth baroque accordé en ré mineur. Néanmoins, la suite peut être jouée avec d'autres instruments à cordes (comme la guitare, la mandola ou le mandocello) et le clavier, et le cinquième mouvement bourrée est particulièrement connu des guitaristes.

Pour compléter le montage, la Partita en la mineur pour flûte solo, BWV 1013, a une date de composition incertaine. Le découvreur du seul manuscrit autographe survivant de la Partita, Karl Straube, cependant, on a depuis démontré que cela avait été fait par deux copistes. Bien que leurs noms soient inconnus, l'un d'eux semble être identique au scribe principal d'un autre manuscrit (contenant les sonates et les partitas pour violon, BWV 1001–1006), qui place cette partie de la copie de la Partita dans la première moitié des années 1720. Dans un Mardi en Musique, j'ai partagé une transcription de cette partita avec celles pour violon, toutes jouées à l'alto. La prestation retenue aujourd'hui, par James Galway, la restaure dans sa forme prévue.


Bonne écoute


mardi 13 août 2019

La main gauche





Notre montage # 320 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast320


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Qu'ont en commun Jules César, Jimi Hendrix, Bill Gates, Albert Einstein, Léonard de Vinci, Lord Robert baden-Powell et Ernö Rubik, l'inventeur du fameux cube ? Ils sont tous gauchers...

J’ai devancé le B+B de cette semaine afin de coïncider avec la journée internationale des gauchers, le 13 août (jour de chance ?)

Les gauchers "ne" représentent "que" environ 12% de la population, mais les gauchers ont toujours fait l'objet de nombreuses incompréhensions au cours des années; longtemps considérés comme des anormaux, les écoliers gauchers étaient incités à utiliser leur main droite pour écrire et dessiner. Aujourd'hui, les mentalités ont évolué et être gaucher est même parfois considéré comme un avantage dans certains domaines, comme le sport par exemple.

Le montage proposé aujourd’hui met en relief des œuvres pour piano composées expressément pour la main gauche, et toutes trois furent commandées par des pianistes qui eurent l’infortune de perdre l’usage de leur main droite.

Le Capriccio pour piano (main gauche) et sept instruments à vent sous-titrée défi ouvre notre montage. Cet octuor pour piano, trois trombones, un tuba, un piccolo, deux trompettes fut à l’origine nin pas une commande mais plutôt une suggestion de la part du pianiste tchèque manchot Otakar Hollmann à son compatriote Leoš Janáček. Ce dernier fut initialement réticent, mais se ravisa plus tard et compasa une pièce avec un rôle pour piano à main gauche seulement. Curieusement, Janáček ne dédie pas l’œuvre à Hollmann même si ultimement c’est ce dernier qui en fera la première, le 2 mars 1928.

L’œuvre mitoyenne du montage des de Camille Saint Saëns, et se veut une commande de sa collègue Caroline Montigny (épouse Rémaury puis de Serres), qui avait perdu l’usage de la main droite à la suite d’un accident. Née en 1843, cette brillante pianiste, belle-sœur d’Ambroise Thomas, obtint un premier prix du Conservatoire de Paris, puis étudia avec Anton Rubinstein et Liszt. Partenaire de Saint-Saëns à deux pianos (notamment dans le Concerto en ut mineur de Bach), elle joua souvent son Deuxième Concerto.

En 1912, il composa le recueil op. 135 à son intention. Les Études pour la main gauche s’inscrivent plutôt dans la descendance des Sonates et Partitas pour violon seul de Bach. Seule l’Élégie (no 5) renvoie véritablement au piano romantique. Les deux premières pièces sont un Prélude et une Fugue ; le Moto perpetuo (à jouer sans pédale) adopte une écriture linéaire qui rappelle certains mouvements rapides de Bach, tandis que la Bourrée et la Gigue (nos 4 et 6) relèvent de la suite baroque.

Comme Otakar Hollmann, Paul Wittgenstein perdit l’usage de son bras droit au cours de la Première Guerre mondiale, mais continue sa carrière de pianiste, commandant à cet effet plusieurs œuvres pour la main gauche aux plus illustres compositeurs de son temps; Benjamin Britten, Paul Hindemith, Erich Wolfgang Korngold et Richard Strauss s'exécutent et lui écrivent des pièces. Maurice Ravel lui écrit le Concerto pour la main gauche, grâce auquel Wittgenstein deviendra particulièrement célèbre.

Plusieurs des morceaux commandés par Wittgenstein sont fréquemment exécutés aujourd'hui à deux mains. Ils ont été également joués par d'autres pianistes qui, pour une raison ou une autre, ont perdu l'utilisation de leur main droite, tels que Leon Fleisher et João Carlos Martins.

Le montage termine avec une de ces commandes, un concerto de l’autrichien Franz Schmidt:


Bonne écoute!


 

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