vendredi 31 octobre 2014

De l'opéra sur Broadway





Le  montage # 171 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast171


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Plus tôt au cours de notre série opératique ce mois-ci, j'ai présenté des extraits d'opérettes et j'ai fait un lien entre l'opérette (la petite soeur plus acessible du "Grand Opéra") et la Comédie Musicale, un genre surtout monté sur les scènes anglo-saxonnes, et qui fait pignon sur rue à New York.

Parfois, c'est à s'y méprendre - des oeuvres ambitieuses comme Jesus Christ Superstar, Show Boat et West Side Story sont d'une ampleur et d'iune complexité telle qu'elles rapellent l'opéra, avec leurs livrets et leur musique riches, ainsi qu'avec l'usage de "trucs" habituellement réservés à l'opér. Le quintette qui conclut le premier acte de WSS en est un fier example - Verdi n'aurait probablement pas pu faire mieux!

Mais peut-on monter de l'opéra dans sa pure tradition sur les planches du Great White Way?

La question s'impose, si ce n'est que parce que les scènes qui offrent ce genre de spectacle sont peu nombreuses dans cette métropole (le Met, le NYC Opera...). Il y a aussi une question de public - qui dit grandse compagnies et scènes d'opéra dit un public averti, peut-être même plutôt hautain et snob. Un compositeur qui ne s'appelle pas Gounod ou Verdi ou Wagner aurait peine à se faire monter sur une de ces scènes (quoiqu'l y a des exceptions au cours des dernèes décennies).

Le grand défi opératique de George Gershwin, Porgy and Bess,  ne sera pas monté sur la scène du Met bien avant son inquantenaire en 1985) - il sera créé au Alvin Theatre, une institution du Briadway. Kurt Weill, qui émigre aux USA lors de la Deuxième Guerre Mondiale montera ses opéras (dont l'Opéra de quat' sous) sur les scànes de Broadway - un peu comme il l'a fait à Berlin - si ce n'est afin de rejoindre un public "ordinaire".

Il y a aussi l'aspect mercantile de l'aventure, et les impressarios qui croient en ce genre de choses.

Gian Carlo Menotti est un de ces compositeurs établis; celui-là même qui nous doit le premier opéra conçu pour la radio (The Old Maid and the Thief) et la télé (Amahl and the Night Visitors) a monté plusieurs de ses opéras sur Broadway. Son chef-d'oeuvre The Consul lui vaudra non seulement un succès critique et populaire, mais également un prix Pulitzer. En 1947, pour une période de huit mois, l'Ethel Barrymore Theatre donnera 212 représentations d'un programme double d'opéras, et c'est ce programme qui composera le montage d'aujourd'hui.

Les deux courts opétas sont très différents dans leur présentation et leur sujet. Le premier, The Medium, est un opéra verismo qui n'est pas sans ses rebondissements et le second, The Telephone, est un adorable récit dont les airs seront fredonés par les spetateurs alors qu'ils quitteront le théâtre.


The Telephone (sous titré l'amour à trois) propose les mésaventures d'un prétendant qui aimerait bien proposer le mariage à sa dulcinée, mais il est sans-cesse interrompue par la troisième roue de la bicyclette, l'appareil téléphonique de mademoiselle. Il y aira un dénouement heureux, assorti d'un duo final mémorable.

(Argument et livret - en agilais - disponibles ici).

The Medium, un opéra en deux actes qui dure à peu près 45 minutes, présente Madame Flora, une dame qui prétend pouvoir communiquer avec les esprits. Elle, et deux jeunes orphelins qu'elle a adoptés, utilisent des ruses de toutes sortes afin de duper ses adeptes lors de séances. Toutefois, lors d'unetelle séance, Flora est surprise par la présence (en fait, elle ressent le toucher) de phénomènes qu'elle ne peut expliquer. Serait-ce que les esprits sont au rendez-vous, ou est-ce le mauvais tour d'un de ses complices? Un opéra très à propos pour la fête de l'Hallowe'en et de la Toussaint.

(Argument et livret - en agilais - disponibles ici).

Le montage présente la distribution Broadway de 1947, dans un enregistrement supervisé par le compositeur (qui est aussi le librettiste).

Bonne écoute!











mardi 28 octobre 2014

La Chronique du Disque (octobre 2014)



Le billet suivant est ma Chronique du Disque du 28 octobre 2014.

NDLR: Si vous cherchez plus de détails à propos de mon barème d’évaluation pour la Qualité Sonore et l’Impression Globaleveuillez lire quelques unes de mes chroniques précédentes


Mes suggestions pour 
octobre



Handel: Streams of pleasure

A mon avis, l’opéra baroque est un repertoire très spécifique, qui dépend des goûts particuliers des uns et des autres – le mélomane moyen trouve ça parfois un peu répétitif et pas particulièremenr coloré.  Néanmoins, Handel est sans doute le poorte-étandard du genre (que ce soit l’oratorio ou l’opéra seria), et si on chereche un disque afin de découvrir ce repertoire “en douceur”, eh bien mesdames Gauvin et Lemieux offrent ici un choix intéressant. Il s’agît d’un repertoire familier pour ces dames, qui l’ont travaillé avec Bernard Labadie et ses Violons du Roy, quoiqu’ici, ells sont accompagnées par Alan Curtis et son orchestra baroque. L’échantillonage est varié et me rapelle - à sa façon – les trucs d’autres divas (comme Mme Bartoli) dans le repertoire Mozart. QS = A, IG = A-.


LISZT: Transcendental Etudes

Liszt a publié un bon nombre de groupes d’études, toutes très exigeantes et souvent fougueuses –pensons à ses études Paganini par exemple. L’ensemble de 12 études transcendantes explorent une panoplie de textures et d’ambiances, et exigent de l’interprète un sens unique de la dynamique. (Pour qui est-ce que je me prends, je ne suis pas même un pianiste…). Là où je vais avec ce propos, c’est que si on regarde la synthèse laissee par M. Ponti sur ce disque, je trouve que ça manqué de relief, c’est présenté essentiellement sur un seul ton. D’autres integrales (ou même des selections substantielles du lot) par d’autres Lisztiens (Arrau, Cziffra, Silverman) offrent ces changements de relief, qui permettent à ce lot de se distinguer des études plus uniformes de Chopin ou Debussy. C’est là mon opinion… QS = A-, IG = B+.


Brahms, J.: Trio for Violin, Horn and Piano, Op. 40 / Koechlin, C.: 4 Petites Pieces / Banks, D.: Horn Trio

Barry Tuckwell est un des cornistes les plus connus des derniers 20 ou 30 ans, et ce disque le présente dans le repertoire de chamber pour cet instrument, en combinaison avec le violon et le piano. Le trio de Brahms pour cette configuration un peu inusitée fut endisqée par M. Tuckwell au moins deux autres fois (une fois dans uyn trio toutes-étoiles avec MM. Ashkenazy et Perlman). C’est un trio fort agréable à écouter, et le jeu d’ensemble propose ici est bien en place. Les pieces qui complètent le disque sont mnoins entendues et méritent une audition. Pour ceux qui, comme moi, aiment le son du cor. QS = A, IG = A.


Prokofiev: Romeo and Juliet Op. 64 (Excerpts from the Suites)

Ce n’est pas la première fois que je propose des extraits ou arrangements de Roméo et Juliette de Prokofiev; M. Serge est retourné à la fontaine plus d’une fois… Des trois suites pour orchestra tirées du ballet, les chefs ont tendance à tirer des selections à la pièce afin de créer leur propre “suite”, et c’est exactement le cas pour le disque d’aujourd’hui. Ce disque, dans ma collection vinyle, est je crois le seul disque de la Philharmonique de New-York dirigé par Mitropoulos émis en stereo. Mitropoulos, il vas sans dire, était pendant les années 50 le kappelmeister New-Yorkais, étant directeuir artistique (en titre ou en fait) de la Philharmonique et du Met, et est reconnu pour son style de direction et son flair unique pour la musique de l’époque classique et de l’époque moderne. Son Prokofiev est nuance et (ahem) genial. Et ce n’est peu dire pour une musique de ballet tant entendue. Noter qu’il s’agît ici sans doute d’un transfert à partir d’une source analogique et non pas des bandes maîtresses. QS = A-, IG = A




A Class Act


Daisy Peterson compte sans doute deux élèves de piano bien connus: son frère Oscar et un autre habitant de la Petite Bourgogne, Oliver Jones. Jones prend des leçons chez Mme Peterson et avec Mme Bonner à l’église locate -  Union United Church, le foyer d’une autre institution afro-canadienne, le Montreal Jubilation Gospel Choir. Jones fera ses classes en Jazz sous la tutelle du venerable Charlie Biddle à Montréal, et s’établiera lentement mais sûrement localement, nationalement et sur la scène Nord-Américaine. Jones collaborera avec plusieurs artistes du Jazz Montréalais, rendant homage aux grands du Jazz et ajoutant ses propres pieces. L’influence Peterson est indéniable, et sur ce disque, son “Hymn to Freedom” (une des pieces meieux connuys d’Oscar) reçoit un traitement qui s’approche étrangement de l’original – et pourquoi pas? Jones est un artiste chevronné, et cet album offre une belle vitrine afin de le découvrir. QS = A, IG = A-.

dimanche 26 octobre 2014

Violanta (Korngold)

Le billet suivant est adapté depuis une réflexion en anglais publiée sur OperaLively le 6 avril 2013.


Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Nos deux prohains En Pantoufles vont discuter deux des opéras du compositeur Autro-Hongrois Erich Wolfgang Korngold. Si les mélomanes reconnaissent le génie de Korngold sans réserve, ce ne fut pas toujours le cas. C'est une histoire compliquée, mais également une histoire triste par moments qui a sans doute contribué au décès prémauré du compositeur à Hollywood à peine âgé de 60 ans - pour une industrie où on est souvent octogénaire!

Trois grandes phases chez Korngold


La biographie de Korngold le révèle comme un wunderkind (trad. lit. enfant produge), né dans un foyer juif à Brünn, Moravie (aujourd'hui Brno, en République Tchèque) en 1897, le deuxième fils du Dr. Julius Korngold et de son épouse Josefine. A quatre ans, il aménage à Vienne avec sa famille, alors que son père devient le critique musical de la Neue Freie Presse.

Korngold prend le piano très tôt, et compose ses premièeres musiques à huit ansSon père, bien en vue dans les cercles musicaux, l'introduira à Gustav Mahler qui le proclame "g.nial" en 1906 et l'encourage à prendre des le^ns avec l'illustre Alexander von Zemlinsky, qui - si ce n'est que pour une courte prériode - sera essentiellement son seul tuteur en composition.

Moins de 4 ans plus tard, en 1910, Korngold montera son ballet Der Schneemann qu'il réduira pour piano à quatre mains è la deande de la baronesse von Bienerth et sera monté moins de 6 mois plus tard au Wiener Hofoper. Son trio (op. 1) reçoit l'éloge des ,élomanes à Munich et New-York. Ainsi s'engage la première phase de la carrière de Korngold, comme compositeir,et arrangeur de musique pour la scène. A 19 ans, il est déjà établi comme compositeur d'opéras avec la première de ses deux premiers courts opéras Der Ring des Polykrates et Violanta sous la direction de nul autre qie Bruno Walter. En 1920, il composera son opéra le plus célèbre, Die tote Stadt.

Il s"établira comme chef et directeur artistique du Stadttheater de Hambourg, et composera de la musique de scène et adaptera des opérettes è Vienne et Hambourg.

Le deuxième volet de la carrière e Korngold l'amènera à Hollywood où avec la complicité d'autres compositeurs d'outre-mer tels Max Steiner et les compositeurs américains Aaron Copland et Alfred Newman, il aidera à l'essor de la trame sonore cinématographique. Korngold est donc l'ancêtre direct de Maurice Jarre et John WIlliams.

Parmi ses rames les plus célèàbres on compte deux gagnants d'Oscars (Anthony Adverse, 1936 et The Adventures of Robin Hood, 1938), Captain Blood (1935), The Prince and the Pauper (1937), Juarez (1939), The Sea Hawk (1940), The Sea Wolf (1941), King's Row (1941), et Deception (1946).


Avec la montée du Nazisme en Autriche, Korngold aménage aux USA avec sa famille, trouvant refuge à Hollywood. Après la Guerre, Korngold est désireux de rentrer au bercail et de redevenir un compositeur de musique "sérieuse", mais son succès comme compositeur de musique de films ainsi que l'évolution de la tradition musicale (sous la Deuxième Ecole Viennoise) rendent cette transition très difficile, car son style néo-romantique était perçu comme vieux-jeu.

La troisième et dernière phase de la carrière de Korngold est donc difficile.Il composera de la musique de chambre et de la musique pour orchestre. Parmi les oeuvres les plus reconnues de cette derni;re étape, son convcerto pour violon qui utilise des motifs provenant de certaines de ses musiques de films - possible car il avait négocié d'avance ses droits d'auteur avec les studios Hollywoodiens!



Il reviendra à Hollyqood pour le compte de Republic Pictures afin de superviser la musique du film biographique Magic Fire (sur la vie de Wagner), mais il se contentera d'essayer (avec un succès itigé) de rétablir sa réputation outre-mer. Un ACV minera ses capacités en 1955, et il succombera quelques années plus tard, laissant derrière lui un bon nombre d'esquisses.

A propos de Violanta

Comme j'en ai fait allusion plus haut, Violanta est une opéra en un acte de la plume d'un Korngold à peine âgé de 20 ans, Créé à Munich le 28 mars 1916.sous la baguette de Bruno Walter, le livret est de l'autrichien Hans Müller qui propose un drame verismo avec tous les artifices d'usage - amour uinterdit, vengeance, et le sacrifice de l'héroine.

L'action se déroule au XVe siècle à Venise, dans la demeure de Simon Trovai commandant militaire de la République de Venise. Par une nuit de grand carnaval, Simon Trovai cherche en vain la maison de son épouse Violanta. Depuis le suicide de sa sœur Nerina après avoir été séduite par Alfonso le prince de Naples, Violanta est dévorée de vengeance. Violanta et son mairi complotent de liquider Alfonso mais - comble de malheur - Violanta s'éprend de celui-ci et, lors de la scène finale, elle se sacrifie afin de l'épargner.

Une histoire simple avec plein de revirements, Korngold apprte ici une musique riche et lyrique, qui rappelle Richard Strauss et Puccini.

La Performance


Erich Wolfgang KORNGOLD (1897-1957)
Violanta, op. 8
Opéra tragique en un acte, livret allemand de Hans Müller

DISTRIBUETION
Walter Berry - Simone Trovai
Eva Marton - Violanta
Siegfried Jerusalem - Alfonso
Marek Janowski cdirige le Münchner Rundfunkorchester (1979)

(La prestation est précédée des commentaires de Sean Bianco, en anglais)

vendredi 24 octobre 2014

Richard Wagner





Le  montage # 170 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast170


pcast170- Playlist

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Après Verdi il y a deux semaines, nous portons notre regard sur un autre géant de l'opéra, et sans doute l'un des personnages les plus intriguants de sa tradition germanique au XIXe siècle,

Le deuxième de deux billets cette semaine dédiés à Richard Wagner commence avec une autre sélection de son opéra Tannhäuser, la marche festive qui termine le second acte.

Le mélomane qui s'adonne occasionellement à l'opéra a souvent une opinion préconçue de l'oeuvre du compositeur: c'est long et c'est "dur de comprenure". Si l'allemand n'est pas une langue familière - ce qui est mon cas - on doit se fier à des arguments afin de se mettre dans le bateau et croyez-moi, ces arguments peuvent être difficile à suivre,

La plupart des œuvres de Wagner sont sises dans le monde du mythe et de légende - Tannhäuser étant un excellent exemple. Cependant, rien ne vient à la cheville de la tétralogie de l'Anneau des Nebulungen en termes d'ampleur et de complexité. Ce cycle notoire est présenté cimme "ein Bühnenfestspiel für drei Tage und einen Vorabend" (trad. lit. un drame théâtral échelonné sur trois jours et une soirée préliminaire). Le cycle est une œuvre à l'échelle et longueur extraordinaires: quatre soirs à l'opéra, avec une durée totale d'environ 15 heures.

Ça alors!

Le Nibelung du titre est le gnome Alberich, et l'anneau en question est celui qu'il façonne à partir de l'Or du Rhin. Le titre désigne donc "l'Anneau d'Alberich". L'ampleur et la portée de l'histoire est épique, à la suite des luttes des dieux, des héros et plusieurs créatures mythiques afin de s'approprier l'anneau magique éponyme qui accorde la domination sur le monde entier. Le drame et l'intrigue se poursuivent à travers trois générations de protagonistes, et ce jusqu'au cataclysme final à la fin du auatrième et dernier vilet, Götterdämmerung (le crépusule des Dieux).

Comme un élément important du Ring (et de ses œuvres ultérieures), Wagner fait usage des leitmotivs, des thèmes récurrents et / ou des progressions harmoniques qui dénotent musicalement une action, sujet, de l'émotion, personnage, etc.

Pour le montage d'aujourd'hui, j'ai retenu deux sélections du Ring. Le premier est la tristement célèbre "Chevauchée des Walkyries" avec les sopranos lyriques fournissant le cri de guerre. La deuxième sélection est cette scène finale du quatrième et dernier opéra. Dans un sens, cette scène est un microcosme de l'histoire, récapitulant de nombreux leitmotivs que Wagner utilisé tout au long du cycle.

Tout aussi ambitieux, Parsifal - dernière œuvre achevée de Wagner, créée en 1882, un an avant sa mort - est l'histoire d'un jeune homme dont la vertu et la compassion devennent le salut des Chevaliers du Saint-Graal. Il écarte la tentation et le danger pour retrouver la lance avec laquelle le Christ en croix a été transpercé; et dans le processus, il guérit le roi Amfortas, d'une blessure mortelle, et soulage la femme déchue, Kundry, de son éternelle errance.

Le montage combine des enregistrements numériques mdernes et des performances d'époque par des gens comme Kirsten Flagstad, Monserrat Caballe, et Lauritz Melchior, ainsi qu' Arturo Toscanini (présenté dans la dernière sélection, le Prélude et fanfare de l'Acte III de Lohengrin)

Bonne écoute!


mardi 21 octobre 2014

Edo de Waart dirige Wagner


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 21 octobre 2014.

La revanche du vinyle revient cette semaine avec un billet qui sert d’apéritif à mon montage de vendredi dédié à Richard Wagner.


Dans ma collection de microsillons en vinyle, je ne compte que trois sélections Wagner – l’obligatoire échantillonnage orchestrales du Ring (Szell et le Cleveland, série Great Performances CBS), et deux disques « d’ouvertures » de la maison Philips – une réédition de la série Festivo (Varviso dirige le Staatskapelle Dresde) et le disque d’aujourd’hui, une mouture numérique de première génération, avec le chef Néerlandais Edo de Waart.
Edo de Waart est formé comme hautboïste et en direction d’orchestre – il occupera d’ailleurs un poste parmi les bois de l’orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam alors qu’il complète sa formation comme chef. En 1964, il remporte le concours Mitropoulos de New-York, qui lui vaut un stage comme assiatant sous Bernstein, et plus tard de retour chez lui avec Haitink. De Waart dirigera plusieurs orchestres majeurs au fil des ans (San Francisco, Minnesota, Sydney) et dirige aujourd’hui la Philharmonique Royale Flamande et l’orchestre de Milwaukee.


Il n’y a rien de particulièrement notoire sur ce disque qui date de plus de 30 ans – on y retrouve deux des ouvertures plus usitées de Wagner (Tannhäuser et le Vaisseau Fantôme) et celle du permier opéra d’envergure du compositeur, Die Feen (Les Fées). Le Tannhäuser est jumelé avec la musique de ballet de l’opéra (la soi-disant musique de Vénusberg), sise en début d’opéra plutôt que lors du troisième acte comme le voulait la coutume Parisienne.

Le Concertgebouw est un grand orchestre, et se trouve en terrain familier dans ce répertoire. Les cordes sont riches, les cuivres résonnent – tout est bien en place. La technologie numérique nasciente de l’époque (envenimée ici par l’impression vinyle et notre transfert maison) ne rendent pas l’exécution dans toute sa splendeur, un son parfois « métallique » et froid. Néanmoins, le résultat mérite d’être écouté.



Richard WAGNER (1813-1883)
Tannhäuser, WWV 70: Ouverture et musique “Venusberg”
Die Feen, WWV 32: Ouverture
Der Fliegende Holländer, WWV 63: Ouverture

Koninklijk Concertgebouworkest
Edo De Waart, direction

Philips 9500 746 (stereo et numérique - DDA, 1981)

dimanche 19 octobre 2014

Opera Domestica

Le billet suivant est adapté depuis une réflexion en anglais publiée sur OperaLively le 11 octobre 2012.


Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Nos deux - en fait, nos trois - prochaines réflexions de notre série dominicale puiseront des sujets opératiques que je n'ai pas encore abordés dans nos pages françaises, et sont des traductions de billets que j'ai contribués dans le passé avec les membres du forum opératique
.

De prime abord, je compremds fort bien que l'opéra, ce n'est pas nécessairement un genre musical qui plaît à tout le monde. Certains trouvent ça long et ennuyeux, d'autres sont repoussés par le problème langagier - même des opéras chantés en français sont difficiles à suivre sans le livret devant soi...

L'aspect que je trouve le plus intéressant d'un opéra, c'est le phénomène que j'appelle "l'évasion". L'opéra nous amène plus souvent qu'à son tour dans un monde surréel - parfois historique, parfois fantatique - présentant les protagonistes dans des situations "extraordinaires", des situations qui n'ont rien à voir avec le monde de tous les jours.

Le terme "aria" est présent dans notre vocabulaire dans un sens "figuré" - synonyme de soucis, de tracas, certains diront même d'un embêtement significatif. Mais la vie de tous les jours amène ses tracas - parfois mondains, mais des tracas tout de même.

Et si les tracas de notre quotidien inspiraient des airs opératiques? Par exemple, si notre conjointe oublie pour la n-ième fois de mettre le bouchon sur le tube de pâte dentifrice... Qu'est-ce que ça pourrait bien donbner comme résultat?



(AVERTISSEMENT:¨Propos mal-léchés, en anglais)



Ce clip, intitu;é "Toothpaste" est le résultat d'une collaboration entre la compositeure canadienne Alexina Louie et du comédien et auteur Dan Redican (créé pour la télé en 2001). Madame Louie est une compositeure de renom au Canada, recevant des commandes de la part des grands orchestres, et qui patauge dans toutes sortes de genres allant de ce style plutôt lyrique et acessible à des compositions plus avant-gardistes.

Le projet "Toothpaste" inspire Madame Louie et son collègue à composer huit courts opéras (si on peut les appeler ainsi) qu'ils montent pour la télé canadienne en 2002 sous un titre commun,  “Burnt Toast” (trad. lit. Pain Brûlé), le titre faisant référence à un autre drame qui arrive régulièrement à tout usager d'un grille-pain...

Chaque volet de ce collage explore un aspect de l'amour "romantique": l'attraction, la connexion, la promesse de fidélité, la consommation, le mariage, la brisure et le besoin de recommencer... Mafame Louie pige dans toutes sortes de traditions musicales, faisant même allusion à la musique de Mozart et de Wagner par moments.

Autre aspect "moderne", les volets sont livrés "à la MTV", comme des clips musicaux populaires, avec leurs petites capsules d'information intégrées au vidéo. Oui, les arias sont interprétés par des chanteurs formés en opéra, mais le clip est souvent réalisé avec des acteurs canadiens-anglais assez bien connus qui font du "lip sync". Visitez la page génétique du projet pour la liste des artistes d'avant et d'arrière scène.

Les chanteiurs sont accompagnés par l'Esprit Orchestra de Toronto, dirigé par Alex Pauk (l'époux de Mme Louie).

Bonne écoute!




vendredi 17 octobre 2014

Wiener Operette





Le  montage # 169 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast169


pcast169- Playlist

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L’opérette est un genre d’opéra léger, en termes de climat musical et de ses sujets. Certains iront jusqu’à suggérer que l’opértette est l’ancêtre de la comédie musicale, un genre fort populaire en Amérique et en Angleterre.
Apparue au milieu du XIXe siècle, elle se situe dans la lignée commune du théâtre et de la musique classique qui avait donné naissance aux siècles précédents au ballet, à l'opéra, l’opéra-comique et l'opéra-bouffe. Camille Saint-Saëns la décrit comme « une fille de l'opéra-comique ayant mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément ». Dans la tradition de l’opérette Français, on souligne bien sûr Jacques Offenbach, mais cette tradition n’est pas la seule à promouvoir ce genre. L’opérette était bel et bien vivante dans l'Empire Austro-Hongrois, et son compositeur le plus important dans le genre était Johann Strauss Fils dont sans doute l’oeuvre la plus connue serait Die Fledermaus (1874), devenue l'opérette la plus jouée au monde.
Notre baladodiffusion de cette semaine prend racine depuis un disque de la Société Radio-Canada intitulé "Oktoberfest Operetta", qui présentait l'Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo sous celui qui était alors son directeur artistique, le chef d’origine égyptienne, formé à Vienne et canadien d’adoption, Rafi Armenian.
Certes, ici au Canada, l'Oktoberfest est célébrée sur une période de 9 jours se terminant à la fête de l’Action de Grâce (qui était célébrée le week-end dernier), et nulle-part d’autre que la grande région de Kitchener-Waterloo serait la destination de choix. Depuis 1969, l'Oktoberfest de Kitchener-Waterloo a développé ses propres traditions, devenant ainsi le plus grand festival bavarois en Amérique du Nord avec le plus grand défilé de l’Action de Grâce au Canada. A travers la célébration de cet esprit de Gemuetlichkeit, l'économie locale et plus de 70 organismes de bienfaisance sans but lucrative recueillent des fonds pour soutenir la qualité des résideants de la région.
La région a acquis une notoriété au fil des ans, grâce largement à l'Université de Waterloo, réputée pour ses programmes de mathématiques et d’ informatique qui - entre autres - nous ont donné le Blackberry. Cependant, KW a une longue tradition allemande, commençant après la Révolution américaine et la migration des loyalistes et en particulier de familles d'agriculteurs allemands mennonites de Pennsylvanie. Ils adopteront la region en grand nombre, cherchant une région qui leur permettrait de pratiquer leurs croyances sans persécution. La migration Loyaliste et des nouveaux arriuveants d’Allemagne et de Suisse amènent la fondatiomn de la ville de Berlin, qui deviendra le chef-lieu de la region de Waterloo en 1853.
Le sentiment anti-allemand qui s’installe partout dans l’Empire Britannique durant la Première Guerre mondiale a mené à l'abandon d'une grande partie de ce patrimoine et, en 1916, à la suite de nombreux débats, le nom de la ville a été changé à Kitchener, après la mort du Maréchal britannique, 1er comte Kitchener. Fort heureusement, la tradition allemande reprendra vie après les granbds conflits, et la région est redevenue reconnue pour cette atmosphère qui trouve son apogée en octobre chaque année.
Notre montage commence et se termine avec des sélections de Fledermaus et Der Zigeunerbaron (1885) de Strauss, extraits du disque précité d’Armenian et l'Orchestre symphonique de KW.
Le disque en question propose des chansons sélectionnées depuis deux operattes et j'ai choisi "d'élargir" en intégrant des pots-pourris de ces derniers provenant de ma collection personnelle.
La tradition de l'opérette Viennois après Staruss compte une grande panoplie de maîtres d’oeuvre: Oscar Straus, Carl Zeller, Karl Millöcker, Leo Fall, Richard Heuberger, Edmund Eysler, Ralph Benatzky, Robert Stolz, et Nico Dostal. Emmerich Kálmán et Franz Lehár, étaient les principaux compositeurs de ce qu'on a appelé la "l’Age d’argent" de l'opérette viennois pendant le premier quart du XXe siècle. Kálmán est devenu bien connu pour sa fusion de la valse viennoise avec les csárdás hongrois. Comtesse Mariza est une opérette en trois actes composé par Kálmán, sur un livret de Jules Brammer et Alfred Grünwald. Elle a été créée à Vienne le 28 février 1924. Dans cette opérette, le comte Tassilo a perdu son emploi et toute sa fortune. C’est chez la comtesse Mariza qu'il trouvera refuge en tant qu’humble tenancier de ses terres. Elle lui montre peu de respect montre au d.but, mais une jolie femme accomplie peut à peine repousser ses nombreux admirateurs gênants. Ce n'est que progressivement qu’elle se rendra compte qu’elle développe des sentiments pour son employé…
Die lustige Witwe (La Veuve joyeuse) est une opérette de Lehár, avec l’appui des librettistes Viktor Léon et Leo Stein, après de la comédie, L'attaché d'Ambassade d’Henri Meilhac. L'histoire concerne une riche veuve, et les aventures de ses compatriotes qui aimeraient garder son argent dans la principauté en lui trouvant un prétendant. L'opérette a connu un succès international extraordinaire depuis sa création en 1905 à Vienne et continue d'être souvent repris et enregistrée.
Bonne écoute!


mardi 14 octobre 2014

ROSSINI: Six Sonates à quatre


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 14 octobre 2014.

Sans vouloir léser qui que ce soit, on peut probablement classer les compositeurs dans deux camps : ceux qui ont surtout composé pour les concerts et les récitals et ceux qui ont surtout composé pour l’opéra.  On ne se tromperait probablement pas si on comptait Gioachino Rossini parmi les compositeurs du deuxième camp, mais – et c’est sûrement le cas pour la vaste majorité d’entre eux - il serait faux de dire qu’il n’a composé que des opéras.



En effet, Rossini tirera sa révérence de la scène opératique vers 1855 alors qu’il aménage en France pour une retraite anticipée. L’essentiel de sa production musicale se limitera ensuite à des œuvres sacrées et à ses « péchés de jeunesse », une série de miniatures pour voix et piano.

Tôt en carrière, Rossini se fera la main comme compositeur avec de la musique de chambre, mais les seuls vestiges de ces ébats précoces sont un ensemble de quatuors à cordes publiés par la maison d’édition Schott en 1823. Ce groupe de quatuors ciblait une configuration extrêmement non conventionnelle de cordes avec deux violons, un violoncelle et une contrebasse. Il existe également des adaptations de ces quatuors pour bois, d’une mouture anonyme.

Vers 1940, le compositeur Alfredo Casella découvre (à la Bibliothèque du Congrès américain), un ensemble de six sonates pour cordes écrites par Rossini. De la main même du compositeur, nous apprenons que les pièces datent de 1804. Si l'on en croit ses commentaires (ajoutés beaucoup plus tard), il dit qu'il était âgé de seulement 12 ans quand il a composé l'ensemble complet de ces sonates "horribles" en trois jours. Les morceaux ont été écrits pour son ami Agostino Triossi, qui était un contrebassiste amateur accompli. Triossi, Morini (violoniste et cousin de Triossi), le frère de Morini (au violoncelle), et Rossini lui-même exécutèrent ces sonates en public, apparemment de façon oubliable. Rossini dit que son jeu comme deuxième violon était le pire de l’ensemble.
Chacune des sonates suit la forme usuelle des trois mouvements animé-lent-animé. Les deuxième mouvements contiennent de nombreux passages lyriques dans lesquels un instrument s’illustre particulièrement, annonçant le style des grands arias du compositeur. On sait que Rossini a étudié les quatuors de Haydn et de Mozart, mais les qualités musicales de ses sonates pour cordes ne sont pas particulièrement caractéristiques de ces illustres compositeurs. Les pièces sont, cependant, imaginatives et vives, avec les empreintes du Rossini qu’on connaît aujourd’hui.

Bonne écoute!


Gioachino ROSSINI (1792-1868)
6 Sonate a quattro, pour deux violons, violoncelle et contrebasse (1804)
Sonate No.1 (sol majeur)
Sonate No.2 (la majeurt)
Sonate No.3 (ut majeur)
Sonate No.4 (si bémol majeur)
Sonate No.5 (mi bémol majeur)
Sonate No.6 (ré majeur)
Quartetto Rossini
Glauco Bertagnin, violon (Carlo Guadagnini, Torino, 1803)
Kazuki Sasaki, violon (Paolo Castello, Genova, 1776)
Luigi Puxeddu, violoncelle (Custode Marcucci, XXe siècle)
Gabriele Ragghianti, contrebasse (Anonyme, France, XIXe siècle)

Label: DAD Records
Catalogue: DAD003-2
Téléchargement MP3.COM, Mai 2004


dimanche 12 octobre 2014

« CAV et PAG » - Pagliacci

Le billet suivant est la reprise d.un Billet de faveur du 17 juillet 2012.

Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Notre En pantoufles de cette semaine termine notre présentation du tandem « CAV et PAG » avec une réflexion sur Pagliacci de Ruggero Leoncavallo. Comme dans le cas de son prédécesseur de la semaone dernière, PAG explore des thèmes tels l’adultère, la trahison et l’honneur, et atteint son apothéose également avec des décès tragiques, mais cette fois au vu et au su de tous.

En 1890, au moment où Cavalleria rusticana reçôit sa première, Leoncavallo était un compositeur méconnu. Suite au succès de CAV, il décide de composer un opéra qui suivra les mêmes formules: court, composé à la verismo. La pièce de Catulle Mendès La Femme de Tabarin a beaucoup de traits communs avec PAG, et spécifiquement le clown qui tue son épouse. Plusieurs suggèrent aujourd’hui que Leoncavallo s’est inspiré de cette pièce pour le livret de son célèbre opéra, compte tenu du fait qu’il vivait à Paris au moment où la pièce était sur les planches.
  
PAG fut créé à Milan le 21 mai 1892 sous Toscanini, presqe deux ans jour-pour-jour après CAV.  Les deux opéras sont d’ailleurs offerts en tandem depuis 1893.

La Prestation

Mon choix de prestation pour aujourd’hui en est une d’époque, qui forme le dernier volet du tandem CAV-PAG, tel qu’enregistré au début des années ’50 avec la Callas et et Giuseppe Di Stefano sous le chef Italien Tullio Serafin. Cette prestation peut être trouvée dans la vaste bibli musicale du site MQCD Musique Classique.


Ruggero LEONCAVALLO (1857 - 1919)
Pagliacci (1892)
Drame en deux actes avec prologue, libretto by Leoncavallo

Distribution:
Giuseppe Di Stefano - Canio, alias « Pagliaccio » dans la comédie, directeur d'une
Maria Callas - Nedda, alias « Colombina », son épouse
troupe de comédiens ambulants
Tito Gobbi - Tonio, alias « Taddeo », un clown
Nicola Monti - Peppe, alias « Arlequin »
Rolando Panerai - Silvio, un villageois, amant de Nedda
Orchestre et choeurs du Teatro alla Scala (Milan), sous Tullio Serafin
Lieu d’enregistrement: La Scala, Milan, juin1954

L’argument de Pagliacci (Tiré de http://www.operalyra.ca/media/Tab-Learn/Study_Guides/PagFinalFRguide.pdf)

PROLOGUE - L’orchestre se met à jouer, mais la scène est vide. Tonio le bossu passe sa tête entre deux pans de rideaux et demande s’il peut monter sur scène. Il informe l’auditoire que malgré le fait que certains personnages et traditions théâtrales leur seront familiers, l’histoire que présentent les comédiens est, en fait, une histoire vraie, emplie d’émotions vraies.

ACTE I - Le rideau se lève sur un petit village italien le jour de l’Assomption. Une trompette signale l’arrivée d’une troupe de théâtre itinérant. Canio, le chef de cette troupe, annonce aux villageois la tenue d’une représentation le soir même. Il invite alors Tonio et d’autres à prendre un verre, mais Tonio refuse l’invitation. Les villageois taquinent Canio que Tonio tentera de lui voler son épouse, Nedda. Celle-ci proteste son innocence, mais en vain, Canio soupçonnant déjà son infidélité.

Ils se rendent à la taverne et Nedda est laissée à elle-même pour chanter son désir de s’enfuir. Tonio s’approche d’elle et lui déclare son amour. Révoltée qu’il ait tenté de l’embrasser, Nedda le fouette. Tonio s’enfuit en courant, déclarant qu’il se vengera. Après le départ de Tonio, Silvio, un villageois, mais également l’amant de Nedda, approche. Elle l’avertit que Canio soupçonne leur relation. Il la rassure et lui déclare son amour.

Tonio surprend leurs propos et s’empresse d’aller en informer Canio. Entre-temps, Silvio tente par tous les moyens de convaincre Nedda de s’enfuir avec lui. Elle résiste initialement, mais accepte finalement, au moment même où survient Canio, qui surprend l’échange. Celui-ci s’emporte, mais Silvio réussit à s’échapper au dernier moment. Canio menace Nedda de son poignard et lui ordonne de lui dévoiler le nom de son amant. Beppe, un autre comédien, intervient. La troupe se disperse et Canio est laissé à lui-même. Attristé de l’infidélité de sa femme, il s’effondre en larmes alors même qu’il applique son maquillage de scène et enfile son costume. Son coeur se brise au plus profond de lui, mais extérieurement, il doit tenir le rôle de clown.

ACTE II - Les villageois s’assemblent devant la scène; parmi eux se trouve Silvio. Comme la pièce commence, Nedda, qui incarne le personnage de Colombina, attend son amant, Arlecchino. Elle l’entend lui faire la sérénade alors même que Tonio, qui joue le rôle de son valet, Taddeo, entre en scène. Il lui déclare son amour dans un discours outrancier. Arlecchino s’introduit par une fenêtre et met Taddeo dehors en le tirant par l’oreille. Les deux amants échafaudent des plans en vue d’administrer à Pagliaccio un somnifère, afin qu’ils puissent s’enfuir ensemble. Taddeo les avertit que Pagliaccio – le personnage que joue Canio – s’approche. Arlecchino réussit à s’enfuir à l’arrivée de Pagliaccio, qui surprend Colombina adressant une dernière parole tendre à son amant. Voilà qui est trop pour Canio; hors de lui, il exige de savoir le nom de son amant. Nedda, toujours dans le rôle de Colombina, répond par des légèretés, mais Canio perd le contrôle et lui lance en chantant : « Non, je ne suis pas Pagliaccio! » (« No, Pagliacci non son! »). Les villageois jubilent, mais tombent des nues lorsqu’ils comprennent qu’ils n’assistent plus à une représentation théâtrale, mais plutôt à un drame bien réel. Beppe tente d’intervenir, mais Tonio le retient. Nedda tente de s’échapper, mais Canio la poignarde. Agonisante, Nedda appelle Silvio, qui se précipite vers elle. Mais le couteau de Canio l’attend, lui aussi. Comprenant soudainement l’horreur qu’il a commise, Canio, hagard, laisse tomber son arme, se tourne vers le public et annonce avec amertume : « La comédie est finie ».

Livret en Italien (de Leoncavallo lui-même) : http://home.earthlink.net/~markdlew/lib/pagliacci/
Hyperlien: http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4948

Bonne écoute!


vendredi 10 octobre 2014

Viva Verdi!





Le  montage # 168 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast168


pcast168- Playlist

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Dans le cadre de notre regard sur l'opéra ce mois-ci, j'ai l'intention de passer quelque temps à exposer les oeuvres d'une paire de géants opératiques du XIXe siècle: Richard Wagner représentant la tradition allemande, et Giuseppe Verdi représentant de la tradition italienne. Manquant à l’appel, la tradition française qui pourrait probablement être représentée convenablement soit par Jules Massenet ou Charles Gounod. Peut-être une autre fois ...
Giuseppe Verdi est à l'opéra italien ce que Beethoven était à la symphonie. Quand il arrive sur la scène, il confond ceux qui croyaient que l’opéra Italien avait atteint son zénith avec Rossini. Verdi innove l'art dramatique et l'expression musicale; certains voient en lui l'égal de Wagner, même si leurs personnalités musicales étaient totalement différentes.
Le palmarès Verdi est élogieux – populiste (Rigoletto, Il Trovatore et La Traviata) ou plus sérieux (Aida, Otello, Falstaff) démontrant sa maîtrise du développement de grande envergure.
Verdi a honoré nos pages plus tôt cette année avec un montage de sa Messe de Requiem, et reviendra le mois prochain quand nous rendrons hommage à Carlo Bergonzi - nous avons également proposé Verdi lors de billets ici et ailleurs dans le contexte de nos opéras du mois (Aïda et Traviata).
Les œuvres montées cette semaine sont illustrées par des passages pour orchestre (ouvertures) et pour chanteurs, tirés de ma collection personnelle. En lever de rideau, un de mes coups de cœur Verdi : l’ouverture de La forza del destino, tirée d'un documentaire datant des années ’40 avec le grand Toscanini et son orchestre de la NBC. L'enregistrement intégré dans le montage n'est pas de la meilleure qualité sonore, mais la performance est remarquable par la façon dont Toscanini isole les sections de l'orchestre.
Verdi a souvent soiit monté ou remodelé ses opéras pour l’Opéra de Paris. Jérusalem est une version fortement révisée du troisième opéra de Verdi, I Lombardi alla prima Crociata. Non seulement la musique est substantiellement révisée et le livret différent, mais le texte est en français. En fin de compte, Verdi aimait tant la nouvelle version qu’elle fut retraduite en italien! Comme le voulait la coutume, Verdi inclut des séquences de ballet parfois élaborées pour ses productions parisiennes, et le montage inclut la scène de ballet de Jérusalem.
Beaucoup des choix retenus trouvé ici, y compris les faits saillants de l'acte I de La Traviata, proviennent d'une compilation DECCA appelée Viva Verdi! publié lors du centenaire de la mort de Verdi en 2001.
Bonne écoute!


mardi 7 octobre 2014

Le mythe du cowboy solitaire

Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 7 octobre septembre 2014

Ce billet reprend le Montage # 13 (Commentaire original: http://itywltmt.blogspot.com/2011/08/le-mythe-du-cowboy-solitaire.html)




pcast013 Playlist (en anglais)


Le cowboy est un mythe Américain fondé sur des idéaux romantiques: les vastes étendues, héroisme, liberté, les "bons" Vs. les brigands, et j'en passe... Pour la plupart d'entre nous, la musique associée aux cowboys passe par la musique "country" et - bien sûr - la ballade rendue célère dans les BD:


 

C'est au cinéma qu'on retrouve le mythe dans sa plus pure expression: John Wayne, Clint Eastwood, dans des productions signées John Ford ou Sergio Leone. J'ai choisi un bon nombre d'examples de musique tirées de trames sonores "iconiques" signées Elmer Bernstein, Ennio Morricone et Joihn Williams.


Aaron Copland, qui a une solide réputation dans la salle de concert et au grand écran, a signé la trame sonore pour The Red Pony (1949) et la production théatrale de The Tender Land (1954) mais il a également écrit la musique pour deux ballets: Billy the Kid (1938) pour Eugene Loring et pour Agnes De Mille, mon choix pour ce montage - Rodeo (1942).


Calixa Lavallée,celui-là même qui a écrit la musique d'O Canada, nous propose sa "marche indienne" transcrite du piano pour harmonie par John Beckwith.
Un triangle amoureux: le shérif, la tenancière de saloon, et le hors-la-loi. Voici là le scénario d'à peu près tous le longs métrages conçus à Hollywood pour John Wayne ou Roy Rogers... Mais, dans ce cas-ci, il s'agît de la prémice pour une pièce de théâtre écrite en 1905 par le dramaturge David Belasco, The Girl of the Golden West.

Si je vous disais que M. Belasco était également l'auteur de Madame Butterfly, je crois que vous aurez voite deviné ma ligne de pensée. Puccini a, effectivement, adapté cette pièce pour un opéra, celui-ci créé au Met 1910 sous son titre italien La fanciulla del West.
Quoiqu'il s'agît ici d'un bel example d'opéra  verissimo, La fanciulla n'a pas d'arias qui se distinguent particulièrement, hormis un air qui dure à peine une minute au coeur du dernier acte, que j'ai monté ici intégralement à partir d'un enregistrement datant de 1958 avec Mario del Monaco et Renata Tebaldi,


L'argument du troisièeme acte (traduction-maison):

Toujours au large et poursuivi par le Shérif Rance et ses hommes, Dick Johnson est finalement capturé. Alors qu'on se prépare à une pendaison pour le hors-la-loi, Johnson demande une dernière faveur - qu'on laisse Minnie croire qu'il est toujours en cavale  (“Ch'ella mì creda [libero e lontano]” [Qu'elle croît que je suis loin et libre]). Rance est enragé par la suggestion, mais ses hommes hésitent. C'est alors que Minnie surgît, fusil à la main. Tentant de convaincre les hommes de libérer son amant, elle leur rappelle son appui au cours des années et que ceci peut être repayé par cette faveur, et les homme libèrent finalement Johnson. Lui et elle montent sur leurs chevaux et s'enfuient.

Le livret en italien (Acte III à la page 42):
Notre dernière sélection est tirée du film Les frères Blues, et est une lecture de la musique de la télésérie Rawhide. Le clip de cette scène est sur notre chaîne YouTube.


Bonne écoute!

dimanche 5 octobre 2014

« CAV et PAG » - Cavalleria rusticana

Le billet suivant est la reprise d.un Billet de faveur du 10 juillet 2012.

Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Nos deux prochains En pantoufles se concentreront sur une paire d’opéras en un acte composés à la fin du XIXe siècle qui sont souvent présentés en tandem que les amateurs d’opéra appellent tout simplement « CAV et PAG ».

On les retrouve souvent jumelés pour plusieurs raisons – ils sont des opéras contemporains l’un de l’autre (composés respectivement en 1890 et 1892), ils suivent la même formule (le soi-disant verisimo ou opera-vérité) et leur durée est telle qu’ils comblent bien une soirée dans un même programme.



Le premier des deux opéras, CAV, fut composé le premier, recevant sa première le 17 mai 1890, et explore des thèmes tels l’adultère, la trahison et l’honneur, et atteint son apothéose avec un duel hors-sèene entre deux des protagonistes créant un tragique dénouement.

Cavalleria rusticana fut entièrement composé (musique et livret) sur une période d’environ deux mois en réponse à une compétition ouverte, et fut l’un de trois opéras retenus par le jury, et devint ainsi le premier opéra de Pietro Mascagni à être monté, et demeure aujourd’hui son plus grand succès (au moment du décès de Mascagni en 1945, on comptait polus de 14 000 performances et ce, seulement en Italie!) et le plus joué de ses quinze opéras. D’ailleurs, hormis CAV, seuls Iris et L'amico Fritz sont encore du répertoire opératique italien.

La Prestation

Mon choix de prestation pour aujourd’hui en est une d’époque, qui forme l’uin des deux volets du tandem CAV-PAG, tel qu’enregistré au début des années ’50 avec la Callas et et Giuseppe Di Stefano sous le chef Italien Tullio Serafin. Cette prestation peut être trouvée dans la vaste bibli musicale du site MQCD Musique Classique.
Pietro MASCAGNI (1863-1945)
Cavalleria rusticana (Chevalerie Rustique) (1890)
opéra en un acte adapté du drame de Giovanni Verga (1875).
Santuzza – Maria Callas
Turiddu, - Giuseppe Di Stefano
Alfio – Rolando Panerai
Lucia – Ebe Ticozzi
Lola - Anna Maria Canali
Orchestre et chœurs de La Scala (Milan) sous Tullio Serafin
Lieu d’enregistrement : Basilica di Santa Euphemia, Milan, (06/16/1953-08/04/1953)

L'argument de Cavaliera Rusticana (Tiré de http://fr.wikipedia.org/wiki/Cavalleria_rusticana#Argument_:_Acte_unique)

La scène se déroule dans un village sicilien au XIXe siècle, le jour de Pâques. Le prélude orchestral ouvre sur le thème du désespoir de Santuzza et se poursuit sur la sérénade que Turriddu adresse à Lola, la jeune épouse d’Alfio : c’est une chanson sicilienne chantée derrière le rideau. Le rideau se lève ensuite dévoilant la place du marché. Dans le fond s’élève l’église tandis que, sur la gauche, on voit la boutique de vins de Mamma Lucia.


Alors que sonnent les cloches de l’église, des femmes, en dehors de la scène, chantent la beauté du jour pendant que les hommes, également dans les coulisses, vantent le zèle et le charme de leurs femmes. Bientôt une foule d’hommes et de femmes se rassemble pour assister à la messe. Ils entrent dans l’église et, tandis que leurs voix s’éteignent, Santuzza, une jeune villageoise, triste et mélancolique, apparaît alors et se dirige vers la boutique de Mamma Lucia. Elle la rencontre alors que celle-ci est sur le point de partir à l’église et lui demande où se trouve son fils Turiddu. Lucia répond qu’il est parti le soir précédent pour chercher du vin. Mais Santuzza rétorque que Turiddu a été vu pendant la nuit dans le village. "Et que savez–vous au sujet de mon fils ?" interroge alors Lucia.

Leur conversation est interrompue par l’arrivée d’Alfio et le tintement des clochettes de son cheval. Alfio chante gaiement les joies de la vie de charretier, en dépit de ses difficultés. Puis, il réclame du vin à Mamma Lucia. Celle–ci lui répond alors que Turiddu est parti en chercher. Alfio s’étonne car il a vu Turiddu, ce matin, près de chez lui. Mais à ce moment s’élève, venant de l’église, le son de l’orgue et celui des prières qui jettent à genoux tous ceux qui se trouvent sur la place. Et tous, d’une même ferveur, chantent l’Hymne de Pâques pendant que la procession villageoise pénètre à son tour dans l’église, laissant Santuzza et Mamma Lucia seules dehors.

Santuzza s’épanche alors avec passion en racontant à Lucia l’histoire de son amour trahi: Turiddu qui était fiancé à Lola avant son départ pour l’armée l’a retrouvée à son retour mariée à Alfio ; il est alors devenu l’amant de Santuzza qui l’aime à la folie. Mais Lola lui a de nouveau volé son amant et Santuzza s’effondre en larmes, en se croyant maudite. Mamma Lucia, bouleversée par ce qu’elle vient d’entendre, pénètre dans l’église à son tour. C’est à ce moment qu’arrive Turiddu, tâchant d’abord d’éviter Santuzza. Mais celle-ci l’interpelle et lui reproche amèrement sa conduite. Le ton monte très vite et la querelle s’envenime quant survient Lola, en quête de son mari. Avisant Santuzza, elle trouve le moyen de la railler avant de pénétrer à son tour dans l’église.

À nouveau seuls, Santuzza et Turiddu reprennent leur dispute, faite de cris et de supplications; excédé, Turiddu bouscule avec violence Santuzza qui s’effondre à terre en maudissant son amant avec cette haine, cette fureur que peut seule produire une passion.

Alfio sort à ce moment de l’église où vient de se précipiter Turiddu. Santuzza, folle de jalousie, lui raconte alors tout ce qui s’est passé entre sa femme et Turiddu. Alfio, abasourdi, jure vengeance et part sur le champ. Santuzza, soudain saisie d’un remords prémonitoire, le suit, effarée.

La messe de Pâques est terminée et tous les villageois sortent de l’église. Lola est pressée de rentrer chez elle mais Turiddu la retient un moment et invite tout le monde à boire. Chacun s’égaie et Turiddu boit à tous les vrais amoureux. À ce moment, Alfio refuse, de manière offensante, le vin que Turiddu lui offre : "je n’accepte pas votre vin ; il se transformerait en poison dans mon estomac". Turiddu réalise alors qu’Alfio sait tout et qu’après cette insulte, il ne peut que se battre avec lui.

Comme le veut la coutume sicilienne avant un duel, les deux hommes s’embrassent et Turiddu mord l'oreille d'Alfio. Alfio se dirige ensuite vers le verger pour ce duel au couteau. Turiddu appelle sa mère, il a le pressentiment de sa mort proche et il lui demande sa bénédiction, puis il lui recommande Santuzza avant de partir vers son destin. Mamma Lucia, bouleversée, pleure seule tandis qu’arrive Santuzza qui l’embrasse. Et tout aussitôt la place s’emplit de villageois agités d’où émerge une voix de femme qui s’écrie : Hanno ammazzato compare Turiddu. Turiddu est mort. Mamma Lucia et Santuzza s’effondrent en poussant des cris d’horreur et de désespoir.

Livret en Italien (Giovanni Targioni-Tozzetti and Guido Menasci)http://opera.stanford.edu/Mascagni/C.../libretto.html

Hyperlien à la prestation: 
http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4323


La semaine prochaine – PAG. Bonne écoute! 
 

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