mardi 14 octobre 2014

ROSSINI: Six Sonates à quatre


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 14 octobre 2014.

Sans vouloir léser qui que ce soit, on peut probablement classer les compositeurs dans deux camps : ceux qui ont surtout composé pour les concerts et les récitals et ceux qui ont surtout composé pour l’opéra.  On ne se tromperait probablement pas si on comptait Gioachino Rossini parmi les compositeurs du deuxième camp, mais – et c’est sûrement le cas pour la vaste majorité d’entre eux - il serait faux de dire qu’il n’a composé que des opéras.



En effet, Rossini tirera sa révérence de la scène opératique vers 1855 alors qu’il aménage en France pour une retraite anticipée. L’essentiel de sa production musicale se limitera ensuite à des œuvres sacrées et à ses « péchés de jeunesse », une série de miniatures pour voix et piano.

Tôt en carrière, Rossini se fera la main comme compositeur avec de la musique de chambre, mais les seuls vestiges de ces ébats précoces sont un ensemble de quatuors à cordes publiés par la maison d’édition Schott en 1823. Ce groupe de quatuors ciblait une configuration extrêmement non conventionnelle de cordes avec deux violons, un violoncelle et une contrebasse. Il existe également des adaptations de ces quatuors pour bois, d’une mouture anonyme.

Vers 1940, le compositeur Alfredo Casella découvre (à la Bibliothèque du Congrès américain), un ensemble de six sonates pour cordes écrites par Rossini. De la main même du compositeur, nous apprenons que les pièces datent de 1804. Si l'on en croit ses commentaires (ajoutés beaucoup plus tard), il dit qu'il était âgé de seulement 12 ans quand il a composé l'ensemble complet de ces sonates "horribles" en trois jours. Les morceaux ont été écrits pour son ami Agostino Triossi, qui était un contrebassiste amateur accompli. Triossi, Morini (violoniste et cousin de Triossi), le frère de Morini (au violoncelle), et Rossini lui-même exécutèrent ces sonates en public, apparemment de façon oubliable. Rossini dit que son jeu comme deuxième violon était le pire de l’ensemble.
Chacune des sonates suit la forme usuelle des trois mouvements animé-lent-animé. Les deuxième mouvements contiennent de nombreux passages lyriques dans lesquels un instrument s’illustre particulièrement, annonçant le style des grands arias du compositeur. On sait que Rossini a étudié les quatuors de Haydn et de Mozart, mais les qualités musicales de ses sonates pour cordes ne sont pas particulièrement caractéristiques de ces illustres compositeurs. Les pièces sont, cependant, imaginatives et vives, avec les empreintes du Rossini qu’on connaît aujourd’hui.

Bonne écoute!


Gioachino ROSSINI (1792-1868)
6 Sonate a quattro, pour deux violons, violoncelle et contrebasse (1804)
Sonate No.1 (sol majeur)
Sonate No.2 (la majeurt)
Sonate No.3 (ut majeur)
Sonate No.4 (si bémol majeur)
Sonate No.5 (mi bémol majeur)
Sonate No.6 (ré majeur)
Quartetto Rossini
Glauco Bertagnin, violon (Carlo Guadagnini, Torino, 1803)
Kazuki Sasaki, violon (Paolo Castello, Genova, 1776)
Luigi Puxeddu, violoncelle (Custode Marcucci, XXe siècle)
Gabriele Ragghianti, contrebasse (Anonyme, France, XIXe siècle)

Label: DAD Records
Catalogue: DAD003-2
Téléchargement MP3.COM, Mai 2004


dimanche 12 octobre 2014

« CAV et PAG » - Pagliacci

Le billet suivant est la reprise d.un Billet de faveur du 17 juillet 2012.

Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Notre En pantoufles de cette semaine termine notre présentation du tandem « CAV et PAG » avec une réflexion sur Pagliacci de Ruggero Leoncavallo. Comme dans le cas de son prédécesseur de la semaone dernière, PAG explore des thèmes tels l’adultère, la trahison et l’honneur, et atteint son apothéose également avec des décès tragiques, mais cette fois au vu et au su de tous.

En 1890, au moment où Cavalleria rusticana reçôit sa première, Leoncavallo était un compositeur méconnu. Suite au succès de CAV, il décide de composer un opéra qui suivra les mêmes formules: court, composé à la verismo. La pièce de Catulle Mendès La Femme de Tabarin a beaucoup de traits communs avec PAG, et spécifiquement le clown qui tue son épouse. Plusieurs suggèrent aujourd’hui que Leoncavallo s’est inspiré de cette pièce pour le livret de son célèbre opéra, compte tenu du fait qu’il vivait à Paris au moment où la pièce était sur les planches.
  
PAG fut créé à Milan le 21 mai 1892 sous Toscanini, presqe deux ans jour-pour-jour après CAV.  Les deux opéras sont d’ailleurs offerts en tandem depuis 1893.

La Prestation

Mon choix de prestation pour aujourd’hui en est une d’époque, qui forme le dernier volet du tandem CAV-PAG, tel qu’enregistré au début des années ’50 avec la Callas et et Giuseppe Di Stefano sous le chef Italien Tullio Serafin. Cette prestation peut être trouvée dans la vaste bibli musicale du site MQCD Musique Classique.


Ruggero LEONCAVALLO (1857 - 1919)
Pagliacci (1892)
Drame en deux actes avec prologue, libretto by Leoncavallo

Distribution:
Giuseppe Di Stefano - Canio, alias « Pagliaccio » dans la comédie, directeur d'une
Maria Callas - Nedda, alias « Colombina », son épouse
troupe de comédiens ambulants
Tito Gobbi - Tonio, alias « Taddeo », un clown
Nicola Monti - Peppe, alias « Arlequin »
Rolando Panerai - Silvio, un villageois, amant de Nedda
Orchestre et choeurs du Teatro alla Scala (Milan), sous Tullio Serafin
Lieu d’enregistrement: La Scala, Milan, juin1954

L’argument de Pagliacci (Tiré de http://www.operalyra.ca/media/Tab-Learn/Study_Guides/PagFinalFRguide.pdf)

PROLOGUE - L’orchestre se met à jouer, mais la scène est vide. Tonio le bossu passe sa tête entre deux pans de rideaux et demande s’il peut monter sur scène. Il informe l’auditoire que malgré le fait que certains personnages et traditions théâtrales leur seront familiers, l’histoire que présentent les comédiens est, en fait, une histoire vraie, emplie d’émotions vraies.

ACTE I - Le rideau se lève sur un petit village italien le jour de l’Assomption. Une trompette signale l’arrivée d’une troupe de théâtre itinérant. Canio, le chef de cette troupe, annonce aux villageois la tenue d’une représentation le soir même. Il invite alors Tonio et d’autres à prendre un verre, mais Tonio refuse l’invitation. Les villageois taquinent Canio que Tonio tentera de lui voler son épouse, Nedda. Celle-ci proteste son innocence, mais en vain, Canio soupçonnant déjà son infidélité.

Ils se rendent à la taverne et Nedda est laissée à elle-même pour chanter son désir de s’enfuir. Tonio s’approche d’elle et lui déclare son amour. Révoltée qu’il ait tenté de l’embrasser, Nedda le fouette. Tonio s’enfuit en courant, déclarant qu’il se vengera. Après le départ de Tonio, Silvio, un villageois, mais également l’amant de Nedda, approche. Elle l’avertit que Canio soupçonne leur relation. Il la rassure et lui déclare son amour.

Tonio surprend leurs propos et s’empresse d’aller en informer Canio. Entre-temps, Silvio tente par tous les moyens de convaincre Nedda de s’enfuir avec lui. Elle résiste initialement, mais accepte finalement, au moment même où survient Canio, qui surprend l’échange. Celui-ci s’emporte, mais Silvio réussit à s’échapper au dernier moment. Canio menace Nedda de son poignard et lui ordonne de lui dévoiler le nom de son amant. Beppe, un autre comédien, intervient. La troupe se disperse et Canio est laissé à lui-même. Attristé de l’infidélité de sa femme, il s’effondre en larmes alors même qu’il applique son maquillage de scène et enfile son costume. Son coeur se brise au plus profond de lui, mais extérieurement, il doit tenir le rôle de clown.

ACTE II - Les villageois s’assemblent devant la scène; parmi eux se trouve Silvio. Comme la pièce commence, Nedda, qui incarne le personnage de Colombina, attend son amant, Arlecchino. Elle l’entend lui faire la sérénade alors même que Tonio, qui joue le rôle de son valet, Taddeo, entre en scène. Il lui déclare son amour dans un discours outrancier. Arlecchino s’introduit par une fenêtre et met Taddeo dehors en le tirant par l’oreille. Les deux amants échafaudent des plans en vue d’administrer à Pagliaccio un somnifère, afin qu’ils puissent s’enfuir ensemble. Taddeo les avertit que Pagliaccio – le personnage que joue Canio – s’approche. Arlecchino réussit à s’enfuir à l’arrivée de Pagliaccio, qui surprend Colombina adressant une dernière parole tendre à son amant. Voilà qui est trop pour Canio; hors de lui, il exige de savoir le nom de son amant. Nedda, toujours dans le rôle de Colombina, répond par des légèretés, mais Canio perd le contrôle et lui lance en chantant : « Non, je ne suis pas Pagliaccio! » (« No, Pagliacci non son! »). Les villageois jubilent, mais tombent des nues lorsqu’ils comprennent qu’ils n’assistent plus à une représentation théâtrale, mais plutôt à un drame bien réel. Beppe tente d’intervenir, mais Tonio le retient. Nedda tente de s’échapper, mais Canio la poignarde. Agonisante, Nedda appelle Silvio, qui se précipite vers elle. Mais le couteau de Canio l’attend, lui aussi. Comprenant soudainement l’horreur qu’il a commise, Canio, hagard, laisse tomber son arme, se tourne vers le public et annonce avec amertume : « La comédie est finie ».

Livret en Italien (de Leoncavallo lui-même) : http://home.earthlink.net/~markdlew/lib/pagliacci/
Hyperlien: http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4948

Bonne écoute!


vendredi 10 octobre 2014

Viva Verdi!





Le  montage # 168 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast168


pcast168- Playlist

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Dans le cadre de notre regard sur l'opéra ce mois-ci, j'ai l'intention de passer quelque temps à exposer les oeuvres d'une paire de géants opératiques du XIXe siècle: Richard Wagner représentant la tradition allemande, et Giuseppe Verdi représentant de la tradition italienne. Manquant à l’appel, la tradition française qui pourrait probablement être représentée convenablement soit par Jules Massenet ou Charles Gounod. Peut-être une autre fois ...
Giuseppe Verdi est à l'opéra italien ce que Beethoven était à la symphonie. Quand il arrive sur la scène, il confond ceux qui croyaient que l’opéra Italien avait atteint son zénith avec Rossini. Verdi innove l'art dramatique et l'expression musicale; certains voient en lui l'égal de Wagner, même si leurs personnalités musicales étaient totalement différentes.
Le palmarès Verdi est élogieux – populiste (Rigoletto, Il Trovatore et La Traviata) ou plus sérieux (Aida, Otello, Falstaff) démontrant sa maîtrise du développement de grande envergure.
Verdi a honoré nos pages plus tôt cette année avec un montage de sa Messe de Requiem, et reviendra le mois prochain quand nous rendrons hommage à Carlo Bergonzi - nous avons également proposé Verdi lors de billets ici et ailleurs dans le contexte de nos opéras du mois (Aïda et Traviata).
Les œuvres montées cette semaine sont illustrées par des passages pour orchestre (ouvertures) et pour chanteurs, tirés de ma collection personnelle. En lever de rideau, un de mes coups de cœur Verdi : l’ouverture de La forza del destino, tirée d'un documentaire datant des années ’40 avec le grand Toscanini et son orchestre de la NBC. L'enregistrement intégré dans le montage n'est pas de la meilleure qualité sonore, mais la performance est remarquable par la façon dont Toscanini isole les sections de l'orchestre.
Verdi a souvent soiit monté ou remodelé ses opéras pour l’Opéra de Paris. Jérusalem est une version fortement révisée du troisième opéra de Verdi, I Lombardi alla prima Crociata. Non seulement la musique est substantiellement révisée et le livret différent, mais le texte est en français. En fin de compte, Verdi aimait tant la nouvelle version qu’elle fut retraduite en italien! Comme le voulait la coutume, Verdi inclut des séquences de ballet parfois élaborées pour ses productions parisiennes, et le montage inclut la scène de ballet de Jérusalem.
Beaucoup des choix retenus trouvé ici, y compris les faits saillants de l'acte I de La Traviata, proviennent d'une compilation DECCA appelée Viva Verdi! publié lors du centenaire de la mort de Verdi en 2001.
Bonne écoute!


mardi 7 octobre 2014

Le mythe du cowboy solitaire

Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 7 octobre septembre 2014

Ce billet reprend le Montage # 13 (Commentaire original: http://itywltmt.blogspot.com/2011/08/le-mythe-du-cowboy-solitaire.html)




Le cowboy est un mythe Américain fondé sur des idéaux romantiques: les vastes étendues, héroisme, liberté, les "bons" Vs. les brigands, et j'en passe... Pour la plupart d'entre nous, la musique associée aux cowboys passe par la musique "country" et - bien sûr - la ballade rendue célère dans les BD:


 

C'est au cinéma qu'on retrouve le mythe dans sa plus pure expression: John Wayne, Clint Eastwood, dans des productions signées John Ford ou Sergio Leone. J'ai choisi un bon nombre d'examples de musique tirées de trames sonores "iconiques" signées Elmer Bernstein, Ennio Morricone et Joihn Williams.


Aaron Copland, qui a une solide réputation dans la salle de concert et au grand écran, a signé la trame sonore pour The Red Pony (1949) et la production théatrale de The Tender Land (1954) mais il a également écrit la musique pour deux ballets: Billy the Kid (1938) pour Eugene Loring et pour Agnes De Mille, mon choix pour ce montage - Rodeo (1942).


Calixa Lavallée,celui-là même qui a écrit la musique d'O Canada, nous propose sa "marche indienne" transcrite du piano pour harmonie par John Beckwith.
Un triangle amoureux: le shérif, la tenancière de saloon, et le hors-la-loi. Voici là le scénario d'à peu près tous le longs métrages conçus à Hollywood pour John Wayne ou Roy Rogers... Mais, dans ce cas-ci, il s'agît de la prémice pour une pièce de théâtre écrite en 1905 par le dramaturge David Belasco, The Girl of the Golden West.

Si je vous disais que M. Belasco était également l'auteur de Madame Butterfly, je crois que vous aurez voite deviné ma ligne de pensée. Puccini a, effectivement, adapté cette pièce pour un opéra, celui-ci créé au Met 1910 sous son titre italien La fanciulla del West.
Quoiqu'il s'agît ici d'un bel example d'opéra  verissimo, La fanciulla n'a pas d'arias qui se distinguent particulièrement, hormis un air qui dure à peine une minute au coeur du dernier acte, que j'ai monté ici intégralement à partir d'un enregistrement datant de 1958 avec Mario del Monaco et Renata Tebaldi,


L'argument du troisièeme acte (traduction-maison):

Toujours au large et poursuivi par le Shérif Rance et ses hommes, Dick Johnson est finalement capturé. Alors qu'on se prépare à une pendaison pour le hors-la-loi, Johnson demande une dernière faveur - qu'on laisse Minnie croire qu'il est toujours en cavale  (“Ch'ella mì creda [libero e lontano]” [Qu'elle croît que je suis loin et libre]). Rance est enragé par la suggestion, mais ses hommes hésitent. C'est alors que Minnie surgît, fusil à la main. Tentant de convaincre les hommes de libérer son amant, elle leur rappelle son appui au cours des années et que ceci peut être repayé par cette faveur, et les homme libèrent finalement Johnson. Lui et elle montent sur leurs chevaux et s'enfuient.

Le livret en italien (Acte III à la page 42):
Notre dernière sélection est tirée du film Les frères Blues, et est une lecture de la musique de la télésérie Rawhide. Le clip de cette scène est sur notre chaîne YouTube.


Bonne écoute!

dimanche 5 octobre 2014

« CAV et PAG » - Cavalleria rusticana

Le billet suivant est la reprise d.un Billet de faveur du 10 juillet 2012.

Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Nos deux prochains En pantoufles se concentreront sur une paire d’opéras en un acte composés à la fin du XIXe siècle qui sont souvent présentés en tandem que les amateurs d’opéra appellent tout simplement « CAV et PAG ».

On les retrouve souvent jumelés pour plusieurs raisons – ils sont des opéras contemporains l’un de l’autre (composés respectivement en 1890 et 1892), ils suivent la même formule (le soi-disant verisimo ou opera-vérité) et leur durée est telle qu’ils comblent bien une soirée dans un même programme.



Le premier des deux opéras, CAV, fut composé le premier, recevant sa première le 17 mai 1890, et explore des thèmes tels l’adultère, la trahison et l’honneur, et atteint son apothéose avec un duel hors-sèene entre deux des protagonistes créant un tragique dénouement.

Cavalleria rusticana fut entièrement composé (musique et livret) sur une période d’environ deux mois en réponse à une compétition ouverte, et fut l’un de trois opéras retenus par le jury, et devint ainsi le premier opéra de Pietro Mascagni à être monté, et demeure aujourd’hui son plus grand succès (au moment du décès de Mascagni en 1945, on comptait polus de 14 000 performances et ce, seulement en Italie!) et le plus joué de ses quinze opéras. D’ailleurs, hormis CAV, seuls Iris et L'amico Fritz sont encore du répertoire opératique italien.

La Prestation

Mon choix de prestation pour aujourd’hui en est une d’époque, qui forme l’uin des deux volets du tandem CAV-PAG, tel qu’enregistré au début des années ’50 avec la Callas et et Giuseppe Di Stefano sous le chef Italien Tullio Serafin. Cette prestation peut être trouvée dans la vaste bibli musicale du site MQCD Musique Classique.
Pietro MASCAGNI (1863-1945)
Cavalleria rusticana (Chevalerie Rustique) (1890)
opéra en un acte adapté du drame de Giovanni Verga (1875).
Santuzza – Maria Callas
Turiddu, - Giuseppe Di Stefano
Alfio – Rolando Panerai
Lucia – Ebe Ticozzi
Lola - Anna Maria Canali
Orchestre et chœurs de La Scala (Milan) sous Tullio Serafin
Lieu d’enregistrement : Basilica di Santa Euphemia, Milan, (06/16/1953-08/04/1953)

L'argument de Cavaliera Rusticana (Tiré de http://fr.wikipedia.org/wiki/Cavalleria_rusticana#Argument_:_Acte_unique)

La scène se déroule dans un village sicilien au XIXe siècle, le jour de Pâques. Le prélude orchestral ouvre sur le thème du désespoir de Santuzza et se poursuit sur la sérénade que Turriddu adresse à Lola, la jeune épouse d’Alfio : c’est une chanson sicilienne chantée derrière le rideau. Le rideau se lève ensuite dévoilant la place du marché. Dans le fond s’élève l’église tandis que, sur la gauche, on voit la boutique de vins de Mamma Lucia.


Alors que sonnent les cloches de l’église, des femmes, en dehors de la scène, chantent la beauté du jour pendant que les hommes, également dans les coulisses, vantent le zèle et le charme de leurs femmes. Bientôt une foule d’hommes et de femmes se rassemble pour assister à la messe. Ils entrent dans l’église et, tandis que leurs voix s’éteignent, Santuzza, une jeune villageoise, triste et mélancolique, apparaît alors et se dirige vers la boutique de Mamma Lucia. Elle la rencontre alors que celle-ci est sur le point de partir à l’église et lui demande où se trouve son fils Turiddu. Lucia répond qu’il est parti le soir précédent pour chercher du vin. Mais Santuzza rétorque que Turiddu a été vu pendant la nuit dans le village. "Et que savez–vous au sujet de mon fils ?" interroge alors Lucia.

Leur conversation est interrompue par l’arrivée d’Alfio et le tintement des clochettes de son cheval. Alfio chante gaiement les joies de la vie de charretier, en dépit de ses difficultés. Puis, il réclame du vin à Mamma Lucia. Celle–ci lui répond alors que Turiddu est parti en chercher. Alfio s’étonne car il a vu Turiddu, ce matin, près de chez lui. Mais à ce moment s’élève, venant de l’église, le son de l’orgue et celui des prières qui jettent à genoux tous ceux qui se trouvent sur la place. Et tous, d’une même ferveur, chantent l’Hymne de Pâques pendant que la procession villageoise pénètre à son tour dans l’église, laissant Santuzza et Mamma Lucia seules dehors.

Santuzza s’épanche alors avec passion en racontant à Lucia l’histoire de son amour trahi: Turiddu qui était fiancé à Lola avant son départ pour l’armée l’a retrouvée à son retour mariée à Alfio ; il est alors devenu l’amant de Santuzza qui l’aime à la folie. Mais Lola lui a de nouveau volé son amant et Santuzza s’effondre en larmes, en se croyant maudite. Mamma Lucia, bouleversée par ce qu’elle vient d’entendre, pénètre dans l’église à son tour. C’est à ce moment qu’arrive Turiddu, tâchant d’abord d’éviter Santuzza. Mais celle-ci l’interpelle et lui reproche amèrement sa conduite. Le ton monte très vite et la querelle s’envenime quant survient Lola, en quête de son mari. Avisant Santuzza, elle trouve le moyen de la railler avant de pénétrer à son tour dans l’église.

À nouveau seuls, Santuzza et Turiddu reprennent leur dispute, faite de cris et de supplications; excédé, Turiddu bouscule avec violence Santuzza qui s’effondre à terre en maudissant son amant avec cette haine, cette fureur que peut seule produire une passion.

Alfio sort à ce moment de l’église où vient de se précipiter Turiddu. Santuzza, folle de jalousie, lui raconte alors tout ce qui s’est passé entre sa femme et Turiddu. Alfio, abasourdi, jure vengeance et part sur le champ. Santuzza, soudain saisie d’un remords prémonitoire, le suit, effarée.

La messe de Pâques est terminée et tous les villageois sortent de l’église. Lola est pressée de rentrer chez elle mais Turiddu la retient un moment et invite tout le monde à boire. Chacun s’égaie et Turiddu boit à tous les vrais amoureux. À ce moment, Alfio refuse, de manière offensante, le vin que Turiddu lui offre : "je n’accepte pas votre vin ; il se transformerait en poison dans mon estomac". Turiddu réalise alors qu’Alfio sait tout et qu’après cette insulte, il ne peut que se battre avec lui.

Comme le veut la coutume sicilienne avant un duel, les deux hommes s’embrassent et Turiddu mord l'oreille d'Alfio. Alfio se dirige ensuite vers le verger pour ce duel au couteau. Turiddu appelle sa mère, il a le pressentiment de sa mort proche et il lui demande sa bénédiction, puis il lui recommande Santuzza avant de partir vers son destin. Mamma Lucia, bouleversée, pleure seule tandis qu’arrive Santuzza qui l’embrasse. Et tout aussitôt la place s’emplit de villageois agités d’où émerge une voix de femme qui s’écrie : Hanno ammazzato compare Turiddu. Turiddu est mort. Mamma Lucia et Santuzza s’effondrent en poussant des cris d’horreur et de désespoir.

Livret en Italien (Giovanni Targioni-Tozzetti and Guido Menasci)http://opera.stanford.edu/Mascagni/C.../libretto.html

Hyperlien à la prestation: 
http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4323


La semaine prochaine – PAG. Bonne écoute! 

vendredi 3 octobre 2014

Transcriptions opératiques





Le  montage # 167 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast167


pcast167- Playlist

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LA programmation B + B pour octobre considère l'opéra - ouvertures, passages musicaux, arias et même des opéras présentés intégralement. Afin de se lancer dans le bain en douceur, commençons avec un regard sur des transcriptions pour piano seul.

Avant l'avènement de la radio et des enregistrements, l'usage du piano familial était le mode le plus comun de goûter à la musique, et de là le développement des transcriptions pour piano à une et deux mains. 

En plus d"offrir une version accessible d'airs connus, certains pianistes-compositeurs mettent sur papier des transcriptions virtuoses pour eur usage personnel - dont sans doute deux des plus célèbres du XIXe siècle en Franz Liszt et Sigismond Thalberg. L'opéra et le lied font, bien sûr, l'objet d'une attention particulière.

Les compositeurs visités dans notre baladodiffusion sont Wagner, Rossini et Donizetti. En plus, j'ai ajouté le Russe Mikhail Glinka (transcrit par Mily Balakirev). En plus de Liszt et Thalberg, je vous propose des transcriptions de deux autres grands virtuoses, soit  Moritz Moszkowski et Henri Herz.
Tant qu'aux interprètes sur le montage, j'ai choisi le cubain Jorge Bolet et l'américain Earl WIld, qui avaient l'habitude de programmer de ces transcriptions virtuoses lors de leurs récitas publics.

Bonne écoute!

mercredi 1 octobre 2014

L'amico Fritz (Mascagni)

Qui parle Mascagni parle Cavalleria Rusticana, l'opéra que plusieurs considèrent le premier grand opéra du style verismo - nous l'avons d'ailleurs programmé en ce mois de l'opéra pour dimanche prochain.

Il serait faux, toutefois, de limiter Mascagni à cet unique opéra. Il est, certes, son plus connu et son plus grand succès, mais il en a également composé d'autres, dont cet opéra plus léger, L'Amico Fritz. Il serait d'ailleurs assez difficile de trouver des opéras plus diff.erent sen termes d'atmosphère que Cav et Fritz...

Répondant à une commande du Teatro Costanzi de Rome, Mascagni trouve son inspiration dans la comédie L'Ami Fritz de Emile Erckmann et Alexandre Chatrian, qui propose l'histoire du célibataire endurci Fritz qui, encouragé par un ami - le rabbin David - finira par s'éprendre de la jeune Suzel. Pas de tension érotique, pas d'infidélité et de duels, mais bien une belle histoire d'amour, ornée d'arias bien en place. Un succès à sa création en 1891, Fritz a sûrement déçu les amateurs d'opéra qui s'attendaient à un autre bijour verismo - toutefois certains (dont le grand Mahler) considérauient Fritz comme un meilleur opéra que l'opus initial du compositeur.

C'est peu dire...



Pietro MASCAFNI (1863 –1945)
L'amico Fritz (1891)
Opéra en trois actes, livret en Italien de P. Suardon (Nicola Daspuro), avec Giovanni Targioni-Tozzetti, après L'ami Fritz de Émile Erckmann et  Pierre-Alexandre Chatrian

ROLES PRINCIPAUX


Luciano Pavarotti, Fritz
Mirella Freni, Suzel
Laura Didier Gambardella, Beppe
Vicente Sardinero, David

Choeurs et orchestre du Royal Opera House, Covent Garden
Gianandrea Gavazzeni, direction
EMI Studios, Abbey Road, 1968

Argument: http://www.operanationaldurhin.eu/download.php?scope_id=6&id_lng=1&id_media=373
Livret : http://www.mascagni.org/works/fritz/libretto

(Inclus, les introductions parlées du commentateur Sean Bianco - en Anglais)

 

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