mercredi 29 mai 2013

C'est arrivé le 29 mai 1913




Le billet suivant est une reprise d'un Quinze que j'en pense, datant originalement du 29 mai 2013.

La diffusion originale fut faite "en tandem" avec I Think You Will Love This Music Too (Montage # 107)



Fil connexe: Les cent temps du Sacre

A Lire (en anglais): 
History of Ballets Russes
Le Sacre Du Printemps and its Volcanic Reception 

Vous me permettrez mon petit écart de programmation; habituellement, j’offre une réflexion le 30 du mois, mais j’ai choisi e hâter ma contribution afin de coïncider avec la date d’aujourd’hui.

Tout dépendant de votre point de vue, la date du 29 mai 1913 est soit un récital des Ballets Russes de Diaghilev d’une notoriété incontournable, ou une balise ferme qui marque la fin d’une époque en musique. Quel que soit votre point de vue, on souligne aujourd’hui le centenaire de la première prestation publique du Sacre du Printemps de Stravinski, sous la baguette de Pierre Monteux, au théâtre des Champs-Elysées.

Ma fille cadette est une danseuse pas mal sérieuse (le ballet, le jazz, la claquette, …), mais je ne me considère pas nécessairement un expert ou une autorité quand on parle de danse. Mis à part ses récitals, mon exposition à tout ce qui s’appelle «expression corporelle» se limite pas mal à ce que j’ai vu sur le petit ou sur le grand écran. Ce que j’ai vu de plus zélé, c’est sans doute des trucs par des chorégraphes comme Bob Fosse, Peter Martins ou Jerome Robbins. Pour les amateurs plus ou moins avertis comme moi, je ne crois pas que c’est très radical. 

Plutôt que de parler du Sacre et de la réaction du public (les références ci-haut offrent un survol assez étoffé), je me contenterai ici de tout simplement offrir un aperçu du programme de la soirée. Le montage que je vous propose aujourd’hui est ma tentative de recréer le programme des Ballets Russes du 29 mai 1913. L’ordre des pièces est (je crois) conforme au récital. 

Les chorégraphies de Mikhail Fokine pour Les Sylphides et Le Spectre de la Rose forment l’avant-entracte.

Les Sylphides
(Première: Paris, 2 juin 1909) 


La commande originale d’un ballet basé sur la musique de Frédéric Chopin vient du ballet Impérial (connu également sous le nom du ballet Maryinsky ou du ballet Kirov sous le régime Soviétique). Cette première aventure, fait ses débuts au théâtre Maryinsky de St-Pétersbuorg en 1907 sous le titre «Rêverie Romantique: Ballet sur la musique de Chopin ». Le ballet- et la musique adaptée originalement par Glazounov – contiunueront d’évoiluer, et une seconde production, appelée cette fois Chopiniana, reviendra au même théâtre le 21 mars 1908, chorégraphie de Mukhail Fokine, et mettant en vedette Pavlova, Karsavina, Nijinsky et Preobrajenska.

Chopiniana deviendra Les Sylphides sous les Ballets Russes de Diaghilev le 2 juin 1909 au Théâtre du Châtelet. Danseront la nouvelle chorégraphie Fokine à la première: Tamara Karsavina, Vaslav Nijinsky, Anna Pavlova, et Alexandra Baldina. 

Il n’y a pas vraiment de scenario pour Les Sylphides: on fait plutôt appel à des sylphes blanches qui dansent au clair de lune accompagnés d’un jeune homme (ou poète) vêtu en noir et blanc. 

Le Spectre de La Rose 
(Première: Monte Carlo, 19 avril 1911)



Le ballet raconte l’histoire d’une jeune fille qui, revenant d’un bal, ramène une rose. Endormie, elle danse avec le spectre de la rose dans un rêve qui se termine avec un saut périlleux du spectre à travers la fenêtre de sa chambre. Chorégraphié par Mikhail Fokine, musique de Carl Maria von Weber orchestrée par Hector Berlioz, décors et costumes de Leon Bakst. Danseront à la première: Vaslav Nijinsky (le spectre) et Tamara Karsarvina (la jeubne fille). 

Après l’entracte, le récital reprend avec une chorégraphie des Danses Polovtsiennes, séquence dansée de l’opéra de BorodinePrince Igor. Et, pour terminer, Le Sacre.

Prince Igor
(Première aux Ballets Russes, Paris, 19 mai 1909)



Prince Igor est l’unique opera de Borodine, créé posthumément à St-Pétersbourg en 1890. Un ballet s’inspirrant des séquences dansées (dont les famneuses danses Polovtsiennes) fut créé par le Ballet Impérial en novembre de la même année. La conception scénique était de Yanov, Andreyev, et Bocharov, avec une chorégraphie de Lev Ivanov. La première aux Ballets Russes adopte une chorégraphie de Fokine.

Le Sacre du Printemps 
(Première: Paris, le 29 mai 1913)



Le Sacre du Printemps se veut l’adaptation scénique d’un rite païen de Russe de sacrifice. Chorégraphie de Vaslav Nijinsky; musique d’Igor Stravinski et conception scénique et costumes de Nicholas Roerich. 

Le clou de la soirée si on veut, cette première suscite une émeute historique. La musique (complexe) et les mouvements de danse (parfois violents) qui représetemt ce rite de fertilité attirent les huées de la foule – lorsque Stravinski introduit les premières grandes saccades de l’Adoration de la Terre, les spectateurs manifestent bruyamment, suivi de débats flagrants enre les spectateurs plus ouverts et les récalcitrants. Les huées se transforment en escarmouches et finalement émeute. Durant l’entracte du ballet, la force constabulaire est dépêchée au théâtre, l’ordre n’étant que partiellement rétabli. 

L’intensité rythmique de la partition, le scénario et la chorégraphie ont sans doute provoqué l’émoi des spectateurs. Dans le contexte du reste du récital (en-deça des normes du ballet classique), on peut fort bien imaginer pourquoi! Après la première, lors d’un repas avec son compositeur et son chorégraphe, Diaghilev dira de la réaction sensationnelle que « c’est exactement ce que je recherchais ».

Après une série de neuf représentations, le ballet est mis de côté, et ne sera dansé de nouveau que sept ans plus tard (même concept scénique, mais sous une chorégraphie de Leonide Massine). Il ne reste, toutefois, que peu de vestiges de la chorégraphie originale de Nijinski, ne serait-ce qu’une poignée de notes et de photos. C’est à partir de ces documents ainsi que des croquis laissés par Roerich que Millicent Hodson, Kenneth Archer et Robert Joffrey tentent de recréer le tout en 1987.

Les versions retenues

La version des Sylphides du montage est celle du compositeur et orchestrateur Roy Douglas, qui date de 1936. Des dires de Douglas, une nouvelle orchestration plus homogène était nécessaire. Les Ballets Russes auraient utilisé des orchestrations signées Glazounov, Lyadov, TaneyevTcherepnin et Stravinski.

La version retenue du Borodine est dépourvue de choristes – il n’est pas clair si l’exécution en aurait eu recours. J’ai monté la version avec chœurs dans 
un montage datant de 2011.

La version retenue du Sacre est la version publiée par Stravinski en 1921. La version «originale» de 1913 n’existe que sous forme manuscrite, et sera publiée cette année de centenaire par la fondation Paul Sacher. La première édition publiée du Sacre était d’une réduction pour piano, et fut offerte pour piano mécanique avant une version pour orchestre!

Il est intéressant de suivre la saga des différentes «éditions» de la partition orchestrale du Sacre. Généralement, Stravinski a personnellement vu à la ré-édition de toutes ses œuvres majeures à au moins une sinon deux reprises; une édition qui date des années Stravinski aux USA (post-1945) serait une question pécuniaire. Pour son 80e anniversaire de naissance, la Maison Columbia approche Stravinski afin d’assurer la direction musicale de l’enregistrement de l’intégrale de son œuvre, et il dirigera lui-même la plupart de ses grands ballets avec l’orchestre éponyme Columbia Symphony, et avec l’orchestre de Radio-Canada à Toronto. 

Durant les sessions Columbia, les lutrins des musiciens étaient tous dotés de crayons, afin de noter les changements que le compositeur effectuait à ses partitions en temps réel durant les répétitions! Suite à ce projet, Stravinski publiera de nouvelles partitions. Il y a donc deux ré-éditions majeures du Sacre: 1947 et 1965. Fait à noter, la version dirigée pour Columbia par Stravinski en 1960 est de l’édition 1947, mais fait appel à une orchestration inédite de la «danse du sacrifice» – que Stravinski croyait supérieure à l’édition 1947, et qui est enchâssée dans la version 1965. Il y a une trôlée de versions corrigées entre 1920 et 1960, quelque chose de tout à fait normal puisque Stravinski était un fignoleur obsédé.
DETAILS

Richard Roy DOUGLAS (*1907)
Les sylphides (ballet, orchestrations de pieces pour piano par Chopin) (1936)
Philharmonia Orchestra
Robert Irving, direction

Hector BERLIOZ (1803-1869)
L'invitation à la danse, d'apres Weber, H 90
(Musique du ballet Le Spectre de la Rose)
Chicago Symphony Orchestra
Fritz Reiner, direction

Alexander BORODINE (1833 -1887)
“Danses Polovtsiennes” de l’acte 2 de Prince Igor (opera; complete par Rimski-Korsakov & Glazounov) (1869-87)
Philharmonia Hungarica
Siegfried Köhler, direction

Igor STRAVINSKI (1882-1971)
Le Sacre du Printemps (1913, rev. 1921)
Orchestre Symphonique de Montréal
Charles Dutoit, direction



mardi 23 avril 2013

Raconte-moi une histoire en musique: le poème symphonique


Le billet suivant est une reprise d'in  Mardi en Musique, datant originalement du 23 avril 2013.

Le contenu de la réflexion fut modifiée pour sa reprise sur L'Idée Fixe.

Notre thème du mois - raconte-moi une histoire - ne serait pas complet si l'on ne passait pas un peu de temps à contemnpler le poème symphonique (ou la fantasia pour oirchestre). Le poème symphonique, comme je l'expliquais il y a quelques temps se veut en quelque sorte l'antithèse de la forme, un tableau musical peint avec les instruments de l'oirchestra afin de transmettre une narration, et les émotions qu'on associe avec un conte, une histoire fantastique, un évènement, etc.

La playlist d'aujourd'hui est donc un modeste survol de poèmes et fantasias pour orchestre, couvrant près d'un sièclke de composition.

Notre survol comence avec Franz Liszt, celui que les musicologues considèrent l'inventeur ou le pionnier du genre. Lors d'une réflexion de décembre 2011, j'ai proposé probablement le poème symphonique le plus célàèbre du compositeur Hongrois, Les préludes. Aujourd'hui un autre exemple notoire, Tasso.

Celui qui prendra le flambeau des mains de Liszt est sans contredit Richard Strauss. Strauss composera des poèmes d'une extravagance démesurée (Also Sprach ZarathustraEin Helkdenleben) ainsi que des oeuvres aux proportions plus modestes, en particulier en début de carrière. Till Eulenspiegel (ou Tyl l'espiègle) est précisément une de ces compositions.

Comme je le disais tout à l'heure, la fantasia pour orchestre entre tout à fait dans la lignée du poème symphomnque. Le trio de  fantaisies composées par Tchaïkovski sur les oeuvres de Shakespeare (Roméo et JulietteLa tempêteHamlet - montées lors de billets de faveur il y deux ans maintenant) et  Francesca da Rimini, mon choix pour la playlist font partie de cette conversation. Durant presque 30 miunutes, Francesca vous prend par les tripes dès la premi;re mesure et ne vous laisse pas aller avant la toute fin - la prestation retenue par le guru Mravinski est vivide et éloquante.

Après les extrêmes de jouissance entendus, il est réconfortant de trouver des poèmes symphoiniques économes et simples, comme ceux de Camille Saint-Saëns: Phaeton et mon choix d'aujourd'hui le rouet d'Omphale.

Pour terminer, j'ai retenu le poème symphonique de Gershwin An American in Paris, une piàce qui transcende la salle de concert - grâce au film de Vicente Minelli et la chorégraphie de Gene Kelly. Je vous propose de lire cet article (en anglais) qui rappelle la genèse de l'oeuvre et propose des anecdotes à propos de la prestation que j'ai retenue, la première sur disque sous Nathaniel Shilkret. Comme moi, vous serez sans doute agréablement surpris par la qualité de l'interprétation, et en particulier des effets sonores. MM. Previn, Bernstein et Tilson-Thomas n'enlèvent rien au travail de M. 
Shilkret.

Et si vous écoutez attentivement, vous entendrez le compositeur lui-même au celesta.

Bonne écoute!




PLAYLIST

Franz LISZT (1811-1886)
Tasso: Lamento e Trionfo, S.96
Leipzig Gewandhaus sous Kurt Masur 

Pyotr Ilich TCHAÏKOPVSKI (1840-1893)
Francesca da Rimini, Op. 32 
Philharmonique de Leningrad sous Evgenii Mravinski

Richard STRAUSS (1864-1949)
Till Eulenspiegels lustige Streiche, Op. 28, Trv 171 
Chicago Symphony Orchestra sous Sir Georg Solti

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Le Rouet d'Omphale, Op. 31 
Orchestre du Conservatoire sous Charles Munch 

George GERSHWIN (1898-1937)
An American in Paris (1928)
Victor Symphony Orchestra sous Nathaniel Shilkret 

vendredi 15 mars 2013

C’est arrivé le 13 février 1994




Le billet suivant est une reprise d'un Quinze que j'en pense, datant originalement du 15 mars 2013.

La diffusion originale fut faite "en tandem" avec I Think You Will Love This Music Too (Montage # 96)




Entre le 13 et le 15 février 1945, la ville Allemande de Dresde fut presque entièrement détruite suite à un raid aérien Allié. Selon un document du Comité international de la Croix-Rouge datant de 1946 on estime le bilan humain à plus de 305 000 morts, d’autres estimés plus modestes en suggèrent environ 200 000. Compte tenu que la population de la ville à ce moment-là était d’environ 630 000 habitants, il est évident que le bilan est catastrophique.

A la réalité incontournable du coût humain de ces bombardements s’ajoute un débat tout aussi déplorable – quelle était la valeur stratégique de cette campagne? Ou était-ce tout simplement un exercice avec pour principal objectif de démoraliser l’ennemi?

Les années, les décennies n’ont toutefois pas effacé ce triste souvenir de la conscience des habitants de la ville, qui fut un des centres urbains majeurs de la défunte République Démocratique d’Allemagne. En effet, à chaque année, on souligne les événements de février 1945 lors d’un concert. L’éphéméride d’aujourd’hui propose en baladodiffusion l’œuvre principale du concert tenu le 13 février 1994, la grande messe des morts d’Hector Berlioz.

La Sächsische Staatskapelle Dresden, plus communément appelé Staatskapelle de Dresde en français est un des plus anciens orchestres du monde (sa fondation sous le prince-électeur de Saxe Maurice datant du 22 novembre 1548) et est aussi considéré comme l'un des plus prestigieux orchestres européens. Comme tel, cet orchestre est bien équipé pour s'attaquer à toutes les facettes du répertoire, mais on peut affirmer sans trop risquer de se tromper qu’il est sûrement plus à l’aise dans le répertoire Allemand.

Pour s’attaquer au monumental Requiem de Berlioz, on invite donc un chef reconnu pour son affinité particulière au compositeur choisi: Sir Colin Davis.

A la fin des années 1960 et au début des annnées 70, Davis signe avec le London Symphony l’intégrale de l’œuvre pour orchestre de Berlioz pour le label Philips. Après plus de 40 ans, cette intégrale continue de combler les mélomanes, et sa version studio du Requiem a été rééditée maintes fois, du vinyle au numérique.

Afin de servir d’avant-goût, voici son enregistrement de la Symphonie Funèbre et Triomphale (commande officielle du ministre de l'intérieur Charles de Rémusat, est composée en 1840, en prévision de la grande commémoration du dixième anniversaire de la Révolution de 1830 à Paris ) - gracieuseté de YouTube:


Davis signera trois enregistrements du Requiem – celui de 1969 mentionné plus tôt, un autre enregistrement plus récent (avec le même LSO) pour le label LSO Live et l’enregistrement de Dresde proposé aujourd’hui.



Divisé en dix sections, le Requiem se veut une oeuvre souvent fort intime et découverte - en fait l'incursion de la masse orchestrale (grand orchestre, auquel on ajoute pas moins de 16 timbales et quatre groupes de cuivres!) durant le Tuba mirum est probablement l'exceptiuon plutôt que la règle. Soulignons le Quid sum miser, qui suit le moment boeuf déjà mentionné, l'interventon du soliste dans le Sanctus, et un Agnus Dei d'une remarquable tendresse , ornéj d'un soupçon des timbales, vestige lointain des échos du Jugement Dernier de la Séquence.

Tant qu’à la performance croquée sur le vif on fait affaire à la convergence d’un grand chef qui dirige une oeuvre tout à fait de circonstance pour la soirée, et une atmosphère sans doute chargée d'émotions, qui alimentent et inspirent les charges du chef.

A tout le moins, il s'agît ici d'une performance qui mérite d'être écoutée.

Bonne écoute, donc!

Hector BERLIOZ (1803-1869)
Grande messe des morts, op. 5 (H. 75)
[Texte: Latin traditionnel]

Keith Ikaia-Purdy, ténor
Singakademie Dresden
Chor der Dresden Staatsoper
Staatskapelle Dresden
Sir Colin Davis, direction



vendredi 15 février 2013

Mon Obsession #2 – les concertos





Le billet suivant est une reprise d'un Quinze que j'en pense, datant originalement du 15 février 2013.

La diffusion originale fut faite "en tandem" avec I Think You Will Love This Music Too (Montage # 92)



La thématique du mois de février 2013 pour mes blogs et baladodiffuasions est «mon obsession numéro deux», où je monte des œuvres qui ont en commun le chiffre deux, et aujourd’hui je vous propose d’écouter quatre concerti pour trois instruments concertants: le cor, le violon et le piano.

Compositeur versatile avec une réputation quelque peu entachée par ses choix politiques, Richard Strauss laissera une oeuvre concertante intéressante, incluant un concerto pour violon, ses variations pour violoncelle chevaleresques Don QuichotteBurleske pour piano et orchestre, un mémorable concerto pour hautbois et – bien sûr – une paire de concerti pour cor. Le premier concerto fut dédié à son père (pendant 40 ans premier corniste de l’orcheestre de la Cour de Bavière), un clacissiste convaincu. Plus de trente ans après le décès de son père et soixante ans après son premier, Strauss retourne à l’instrument, mais cette fois avec un langage musical plus moderne et coloré tout en gardant le lyricisme qu’on associe avec le compositeur.

Parlant de moderne, il n’y a probablement pas plus moderne que Karol Szymanowski, lune des voix importantes (avec entre autres 
Gorecki, Lutoslawski, Pendecki et Bacewicz) de la musique polonnaise du XXie siècle. Même si son compatriote Chopin a une certaine influence musicale chez Szymanowski, on reconnaît plus le langage moderne de ScriabineWagner ou même Debussy et Ravel. Durant les années 1920, Szymanowski fera la navette entre Varsovie, Paris, and Zakopane, une ville située dans le sud de la Pologne. Il y sera exposé aux personnages et airs montagnards de cette région de la Petite-Pologne. Ce sont ces airs qui inspirerint beaucoup de son œuvre de cette époque: les Mazurkas (1924-1925), Stabat Mater (1925-1926), et plus que tous son ballet Harnasie (1923-1931). Le style qu’il développe, moins ésotérique et plus laconique, trouve son apothéose dans son concerto pour violon no. 2. On retrouve ici un concerto hybride mi-lyrique, mi-atonal, un peu comme ceux de Berg et Stravinski.

L’œuvre pour piano du Hongrois Franz Liszt est à la fois variée et massive, à la mesure du virtuose qu’il était. Il nous laissera un premier concerto assez traditionnel et ce second concerto, qui explore les limites du genre, et fait appel à des stratagèmes qui rappellent Wagner et annoncent Rachmaninov. Liszt entreprend la composition de son deuxième concerto pour piano en 1839, le complètera initialement en 1857 pour le reviser maintes fois jusqu’à sa version finale de 1861.

On retrouve ici quatre sections assez distinctes, mais qui s’enchaînent, et sollicitent le pianiste constamment. Un motif que Liszt introduit comme thème de la première section évolue et se métamorphose devant nos oreilles, atteignant une apogée sans pareil lors du coda final; d’ailleurs, le musicologue W.F. Apthorp lui donne le surnom “Les avenrures d’une mélodie”.

La carrière de Camille Saint-Saëns connaît plusieurs périodes: l’enfant prodige, le futuriste, le traditionnel, et finalement le fossile… Entre l’âge de 20 ans et de 61 ans, il compose cinq concerti pour piano, et son second (et sans doute son plus populaire) fut composé nâtivement en 1868, le créant sous la direction du légendaire Anton Rubenstein, la critique ne fut pas élogieuse (On écrira du style du concerto qu’il va de « Bach à Offenbach ».) Plutôt que de suivre la formule sonate-mouvement lent et finale, il opte plutôt pour une paire de mouvements parfois austères en début et fin de concerto, et choisit un élégant et charmant scherzo comme trait d’union.

Bonne écoute!


DETAILS


Richard STRAUSS (1864-1949) 
Zweites Konzert pour cor et orchestre en mi bémol majeur, TFV 283
Dennis Brain, cor
Philharmonia Orchestra sous Wolfgang Sawallisch

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Concerto pour Piano no. 2 en sol mineur, op .22
Jean-Philippe Collard, piano
Royal Philharmonic Orchestra sous Andre Previn
(Comparez: RubinsteinéMitropouloséNew-York: http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=5142)

Karol SZYMANOWSKI (1882-1937) 
Concerto pour violon no. 2, Op.61
Chantal Juillet, violon 
Orchestre Symphonique de Montréal sous Charles Dutoit

Franz LISZT (1811 - 1886)
Concerto pour Piano no. 2 en la majeur, S. 125
Ivan Davis, piano
Royal Philharmonic Orchestra sous Edward Downes
(Comparez, Casadesus/Szell/Cleveland: http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4985)


mardi 15 janvier 2013

Brahms et la clarinette




Le billet suivant est une reprise d'un Quinze que j'en pense, datant originalement du 15 janvier 2013. 

Sur ITYWLTMT j’ai entrepris un Festival Brahms pour le mois de janvier 2013, afin de souligner son 180e anniversaire de naissance. Parmi les billets que j’ai préparés, j’ai publié des réflexions sur les  symphonies,.

Le billet et l’illustration musicale qui l’accompagne se concentrent sur un aspect particulier de l’œuvre de Brahms en fin de carrière. Vers 1890, Brahms voua de prendre sa retraite de la composition active. Toutefois, il prit un intérêt soudain à la clarinette, et ce en grande partie à cause du virtuose Richard Mühlfeld, à l'intention duquel il composera un trio pour clarinette, piano et violoncelle (op. 114, 1891), deux sonates pour clarinette et piano (op. 120, 1894) et un quintette pour clarinette et cordes (op. 115, 1891)


Richard Mühlfeld (1856-1907)

Lorsque Clara Schumann entendit le quintette pour la première fois, elle fit ses éloges, disant qu'une fois que la complainte de la clarinette se fait entendre, l'auditeur en est immédiatement épris. Parmi les oeuvres de ce genre, le Brahms se compare bien aux quintettes de Mozart et de Weber.


Des deux sonates de l'op. 120, on entend plus souvent la première. Voici d’ailleurs une performance de la sonate dans sa forme habituelle, telle qu’interprétée par les musiciens canadiens James Campbell et Marc-André Hamelin (source: WGBH, Boston): 



La version présentée dans le cadre de notre sélection d'aujourd'hui est une adaptation pour clarinette et orchestre de cette même sonate, par le compositeur contemporain Luciano Berio, spécifiquement pour la clarinette-solo de la Philharmonique de Los Angeles, Michele Zukovsky.

(Je m'excuse à l'avance pour la qualité décevante des plages, qui sont sans doute issues d'un enregistrement pirate de la première)

Bonne écoute!


DETAILS



Johannes BRAHMS (1833-1897)

Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115
Avrahm Galper. Clarinette
Pratz Quartet

Sonate pour clarinette en fa majeur, Op.120, No.1
(Orch: L., Berio, 1986)
Michele Zukovsky, clarinette
Los Angeles Philharmonic
Luciano Berio, direction

Téléchargement MP3.COM le 18 décembre 2001

mercredi 2 janvier 2013

Johannes Brahms (1833-1897)



Le billet suivant est une reprise provenant du blog I Think You Will Love This Music Too, datant originalement du 2 janvier 2013.

Le contenu de la réflexion fut modifiée pour sa reprise sur L'Idée Fixe..



Johannes Brahms
(1833-1897)


2013 marque le 180e anniversaire de naissance du compositeur Allemand, et je vous propose ici une page de navigation rapide qui vous permettra d’accéder à nos réflexions, illustrations musicales et autres informations pertinentes.



Billets avant 2013
(série dédié à l’intégrale des concerti)
2012-06-29: Puissances de 2

Le Festival Brahms 2013



De notre chaine YouTube







dimanche 30 décembre 2012

Quinze que j'en pense (2011-12)


Le billet suivant est une reprise provenant du blog I Think You Will Love This Music Too, datant originalement du 1er octobre 2012, et mis à jour le 30 décembre 2012.

Le contenu de la réflexion fut modifiée pour sa reprise sur L'Idée Fixe.



Depuis le 15 octobre 2011, et sure une base semi-mensuelle, nous avons proposé des réflexions et des illustrations musicales dans les pages du forum MQCD Musique Classique. Cette pagefouirnitfournit des hyperliens à nos propos pour 2011 et 2012, incluant les réflesions de l'été des sonates et autres réflexions que je qualifie ici d'hors série.

NLDR: Les hyperliens vous amènent aux billets originaux sur le forum. Les titres surlignés sont repris sur notre site; toutefouis, je ne compte pas changer l'hyperlien proposé ici.

2011
2012
15 fev Il fallait y être (Sondage)
30 juin La fête du Canada 
Serie estivale 2012 – « L’été des sonates »
Hors série
7 avr 2012 Une vigile Pascale 
 

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