dimanche 15 juin 2014

La fête des Pères

Le billet suivant est la reprise de notre Montage # 10 et d.un Quinze que j'en pense du 15 juin 2012.



Aujourd'hui nous célèbrons la Fête des Pères, une tradition sans doute inventée par les sociétés de cartes de souhaots mais un moment tout de même afin de porter notre attention à ce monsieur tantôt jovial, tantôt sévère mais toujours attentionné, notre cher papa.

Mon père nous a presque 10 ans – il fêterait ses 86 ans le 10 juillet – et (avec le recul qui s’impose) je n’ai que de bons souvenirs des moments que nous avons passé ensemble. Mon père était un homme actif, qui aimait les longues randonnées, et adorait passer ses soirées dans les gradins des arénas et des terrains de jeux, suivant les péripéties des jeunes joueurs de hockey et de baseball dans les quatre coins de l’île de Montréal.

Certains papas sont des bricoleurs – pas le cas ici. En fait, mon père se pensait bricoleur, mais ses entreprises autour de la maison n’étaient pas de grands succès: il értait un peintre plutôt médiocre, et faisait démonstration d’uine volatilité et d’une impatience quasi-légendaires!

Comme première sélection musicale, ce rap des plus désopilants, très contemporain je dirais, à propos du papa au XXIe siècle:



Le montage musical que je vous propose pour la circonstance vous offre un bon nombre de sélections inspirées par les activités de plein air: la chasse (gracieuseté de « Papa » Haydn), la pêche (merci, M. Schubert) et le baseball (Connaissez-vous la pause de la septième manche?).

Pas toutes les relations père et fils sont harmonieuses – en faoit, il m’apparaît qu’en littérature et en musique, c’est bien le contraire. Les Dumas (tel qu’illustré dans La Dame aux Camélias, qui devient La Traviata sous la plume de Giuseppe Verdi et Francesco Maria Piave), le poète Emile Nelligan et son père David (le sijet de l’opéra d’André Gagnon et du dramaturge Michel Tremblay), Les Strauss (que ce soitJohann le père et ses fils ou Richard et son père, le corniste Franz Strauss). Dans tous ces cas, je vous propose des extraits musicaux qui illustrent ces relations.

Trois générations de Chostakovich, avec le petit-fils au piano, le fils à la direction interprétant un concerto composé par le patriarche figurent également au programme.

Du répertoire populaire, une paire d’extraits: Father and Son (trad. Père et fils), un des succès autobiographiques de Cat Stevens et du compositeuré/interprète Neil Young, Old Man (trad : Le vieux), qui aurait pu tout autant représenter sa relation parfois trendue avec son père, le chroniqueur sportif Scott Young.

Bonne écoute et, surtout, bonne fête à tous les pères!


DETAILS


Yusuf ISLAM (*1948)
Father and Son (1970)
Cat Stevens, guitarist et interprète

Giuseppe VERDI (1813-1901)
“Di Provenza il mar il suol” (La mer et le soleil de Provence), extrait de l’ Acte II de La Traviata (1853)
Rudolf Knoll, Baryton
Nürnberger Symphoniker sous Alexander Von Pitamic

André GAGNON (*1939)
“Where were you the last three days” et “Quand tu es né” , extraits de l’Acte II de Nelligan, «opéra romantique» (1988-90) [Orch: Gilles Ouellet]
Dominique Côté, Emile
Pierre Flynn, David
Orchestre Symphonique de Montréal sous Jacques Lacombe

Albert VON TILZER (1878–1956)
Take Me Out to the Ball Game (1908)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Take_Me..._Game_(chanson)
Carly Simon, interprète

Franz Joseph HAYDN (1732-1809)
Quatuor en si bémol majeur, op. 1, no. 1 [Hob. III/1] “La chasse”
Quatuor Caspar Da Salo

Franz SCHUBERT (1797-1828)
Troisième movement (Scherzo. Presto) EXtrait du quitette pour piano et cordes en la majeur, D. 667 “La truite”
Sir Clifford Curzon, piano
Membres de la Wiener Philharmoniker
(Version intégrale)

Richard STRAUSS (1864-1949)
Concerto pour cor no. 1 en si bémol majeur, Op. 11
Dale Clevenger, cor
Chicago Symphony Orchestra sous Daniel Barenboim

Dimitri CHOSTAKOVICH (1906-1975)
Extraits du concerto ppur piano no. 2 en ga majeur, Op. 102
Dimitri Chostakovich Jr, piano
I Musici de Montréal sous Maxim Chostakovich
(Version intégrale)

Johann STRAUSS I (1804-1849)
Radetzky-Marsch, Op. 228
Edmonton Symphony Orchestra sous Uri Mayer

Neil Percival YOUNG (*1945)
Old Man (1972)
Neil Young, guitare et interprète


vendredi 13 juin 2014

Poèmes Symphoniques





Le  montage # 160 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast160


pcast160-Playlist.pdf

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Notre montage de cette semaine continue notre série « De mardi à vendredi », qui reprend des sujets déjà abordés et illustrés lors de nos blogs du mardi. En avril 2013, nous avions exploré l’arc thématique "Raconte-moi une histoire" dans lequel noys avons monté de la musique inspirée de contes et de légendes. Parmi les billets de cette série, j’avais proposé une paylist YouTube de Poèmes Symphoniques et c’est ce sujet qui revient cette semaine.

Produit de l’ère romantique, et exploité à satiété sous toutes ses formes par les impressionnistes, la musique « à programme » est sans doute l’une des grandes contributions à la musique de concert qui jusqu’alors se voulait plutôt régentée par la forme (pensons symphonies, concerti et rhapsodies).

C’est à Franz Liszt que les musicologue attribuent l’invention – sinon l’essor – du poène symphonique comme une œuvre à un mouvement continu, qui s’inspire d’une œuvre d’art, d’un poème ou d’un récit. Mis à part sa Faust-symphonie et autres ouvres à plusieurs volets, on compte treize poèmes symphoniques de Liszt, dont celui qui ouvre le montage – Les Préludes – est sans doute l’exemple le plus connu. Le poème tire son inspiration d’un ode extrait des Nouvelles méditations poétiques de Lamartine.

Si Liszt et la musique à programme inspirent ses contemporains (dont Berlioz et sa Symphonie Fantastique), on associe plus étroitement certains compositeurs avec le poème symphomnique : Richard Strauss et Bedrich Smetana.

Les grandes pages de fin de siècle de Strauss incluent Don Juan, Ainsi Parla Zarathoustra, Mort et Transfiguration, sa Symphonie Alpestre et Till l’Espiègle, le poème plein de rebondissements et de mesquinerie musicale programmé aujourd’hui.

De Smetana, on pense à Ma Vlast (Ma Patrie), un cycle de six poèmes symphoniques à saveur nationaliste, et un bon nombre d’œuvres de concert individuelles, dont Le Camp de Wallenstein qui s’inspire de la trilogie théâtrale de Friedrich von Schiller. La trilogie met en scène le généralissime Albrecht von Wallenstein, duc de Friedland, chef de l'armée de Ferdinand II. Il choisit de nouer une alliance secrète avec les Suédois, complotant ainsi contre l'Empereur.

Le reste des sélections sont des reprises de la Playlist originale : Le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns et Francesca da Rimini de Tchaïkovski.
 

Bonne écoute! 

mardi 10 juin 2014

Interludes opératiques




Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 10 juin 2014. 

Nos blogs du mardi (et Quinze que j'en pense pendant deux ans) ont exploré occasionnellement des extraits opératiques; arias, ouvertures... C'est dans cette veine que je propose aujourd'hui une playlist d'interludes musicaux provenant d'opéras; des intermezzi, des préludes, et autres moments musicaux qui brisent (ou créent) de la tension sur scène.

Dans certains cas, ces pièces sont entendues afin de remettre l'auditoire dans le bain de l'action après un entr'acte, mais aussi on les retrouve intégrés à l'action même, comme dans le cas de la méditation de l'opéra Thaïs.

Si ces oeuvres sont pour la plupart des extraits uniquement instrumentaux, j'ai ajouté ici ce qu'un usager YouTube appelle un intermezzo provenant d'Idomeneo de Mozart, qui inclut choeurs et solistes! Il y a des sélections bien connues, et quelques découvertes - heireux résultat de ma recherche en préparation pour ce billet

Bonne écoute!

DETAILS

Richard WAGNER (1813 - 1883)
Prélude à l'Acte III de Die Meistersinger von Nürnberg, WWV 96
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, direction

Giacomo PUCCINI (1858-1924)
Intermezzo (Acte III) de Manon Lescaut (1893)
Koninklijk Concertgebouw Orkest
Antonio Pappano, direction

Georges BIZET (1838-1875)
Entr'acte (Acte III) de Carmen (1873-74)
Emmanuel Pahud, flûte
Berliner Philharmoniker

Gustavo Dudamel, direction

Enrique GRANADOS (1867-1916)
Intermezzo de l'opéra Goyescas, H. 65
Dariusz Skoraczewski - violoncelle
Inna Faliks - piano

Umberto GIORDANO (1867-1948)
Intermezzo de Fedora (1898)
Ensemble non-identifié

Franz SCHMIDT (1874-1939)
Intermezzo de Notre Dame (1904)
Slovak Philharmonic Orchestra
Dr. Ľudovít Rajter, direction

Eugen D`ALBERT (1864-1932)
Intermezzo de Tiefland, op. 34

Ensemble non-identifié

Giuseppe VERDI (1813-1901)

Prélude à l'Acte III de La Traviata (1853)
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, direction

Domenico ALALEONA (1881 –1928)
Intermezzo de Mirra (1912-13)
Fausto Bongelli, piano

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Intermezzo d'Idomeneo, rè di Creta, K. 366
Coro da Camera e Soli, Reale Corte Armonica - Asolo
Orchestra da Camera Lorenzo da Ponte
Roberto Zarpellonm, direction

Jules MASSENET (1842-1912)
"Meditation" de Thais (1892)
Sarah Chang, violon
Ensemble non-identifié
Placido Domingo, direction

Pietro MASCAGNI (1863-1945)
Intermezzo Sinfonico de Cavalleria Rusticana (1890)
Wiener Philharmoniker
Herbert von Karajan, direction

Richard WAGNER (1813 - 1883)

Prélude à l'Acte III de Lohengrin, WWV 75
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, direction

dimanche 8 juin 2014

Le BACH de recyclage

Le billet suivant est la reprise d.un Quinze que j'en pense du 130 novembre 2011.



Gustav Mahler, Ferruccio Busoni, Charles Gounod et Jacques Loussier (pour ne nommer que ceux-ci) ont ceci en commun: ils ont tous transcrit des œuvres de Jean-Sébastien Bach. N’en déplaise aux puristes, cette soi-disant tradition ne fait que perpétuer l’art de la transcription qui est omniprésente dans l’œuvre même de Bach.

Si on survole l’excellent catalogue des œuvres de Bach sur le web compilé par Robert Poliquin, on remarque le grand nombre de commentaires comme «Repris de la Ritournelle # 7 de BWV 207» ou «Transcrit pour clavecin, en sol mineur, BWV 1058».

Mû sans doute par des besoins professionnels, Bach a souvent retravaillé des œuvres, et il l’a souvent fait avec des résultats qui éclipsent la version originale – ainsi donc s’agît-il d’une formule issue par le besoin ou par enthousiasme pour les idées originales?

On peut classer les œuvres transcrites par Bach dans deux catégories principales: les concerti transcrits ou transposés pour d’autres instruments, et les adaptations d’œuvres de compositeurs contemporains de Bach.

Les œuvres transcrites pour d’autres instruments ou d’autres effectifs

On peut trouver des tas d’exemples de «recyclage» dans le catalogue Bach. Les concerti Brandebourgeois, par exemple, font grand usage de sinfonias et autres extraits de cantates.

Là où Bach fait son plus gros usage est dans le concerto pour instrument solo et cordes, où l’instrument passe du clavier au violon ou au hautbois. Voici deux exemples particuliers:

Voici le troisième mouvement du concerto BWV 1043 pour deux violons dans sa version originale (prestation complète par Csaba Illényi et Katica Illényi, Ferenc Erkel Chamber Orchestra – cliquer ici):




Comme M. Poliquin l’indique, voici le même concerto, «Transcrit pour 2 clavecins, en do mineur, BWV 1062» (prestation complète par Trevor Pinnock Kenneth Gilbert et The English Concert – cliquer ici):



Dans sa page dédiée aux œuvres de Bach, David J. Grossman identifie une série de concerti reconstruits, donc des œuvres qui furent rapiécées par des musicologues qui seraient des versions perdues de concerti retrouvés dans le catalogue des concerti pour clavier/

Parmi les plus célèbres, la reconstruction d’un concerto pour violon et hautbois, le BWV 1060r. D’après le catalogue Bach, voici le même concerto dans sa version, «officielle» (prestation complète par Trevor Pinnock Kenneth Gilbert et The English Concert – cliquer ici):

 


Les œuvres d’autres compositeurs adaptées par Bach

Bach rend hommage à plusieurs compositeurs de son temps: Vivaldi, Marcello et même ses fils… Il y a, par exemple, le concerto pour quatre claviers BWV 1065 qui est une adaptation de l’op. 3 no. 10 du curé rouquin.

Poliquin souligne une série de pièces pour orgue (BWV 592-597) qu’il regroupe sous le titre «Concertos d'après d'autres musiciens». Écoutons le BWV 593 (Johannes-Ernst Köhler)




Bach transcrit pour orgue ici le concerto no. 8 de l’estro armonico (RV 522), interprété ici par Willi Boskowsky et Jan Tomasow.



Il y a également les concerti pour clavier seul (BWV 972-987) qui puisent leur inspiration chez Vivaldi, Telemann et autres compositeurs contemporains de Bach. Par exemple, le concerto, en ré mineur, pour clavier (BWV 974) est basé sur le fameux concerto pour hautbois de Marcello. La version originale (Marcel Ponseele et l’ensemble Il Gardellino):



Voici la version Bach, interprétée par Glenn Gould:



Hommages par d’autres artistes

La réinvention de l’œuvre de Bach est un phénomène relativement récent, avec les exemples les plus célèbres venant d’artistes du milieu du XIXe et XXe siècles. Voici quatre exemples.

Sir Edward Elgar orchestra le Prélude (Fantaisie) et fugue, en ut mineur, pour orgue BWV 537 (Enregistrement d’époque, Royal Hall Orchestra sous Elgar lui-même)



L’un des plus célèbres est l’usage par Gounod du premier prélude et fugue du Clavier Bien Tempéré, qui devient l’accompagnement musical de son Ave Maria (Eula Beal et Marguerite Campbell au piano)




En 1910, Mahler assembla une série de mouvements des suites pour orchestre de Bach. Voici le fameux air sur la corde de sol (prestation complète par Riccardo Chailly et le Concertgebouw d’Amsterdam - Cliquer ici):



Finalement, le chef (et organiste) Leopold Stokowski a orchestré une douzaine des œuvres pour orgue de Bach pour son usage personnel. Voici, pour conclure notre billet, sa fameuse orchestration de la toccate et fugue en ré mineur BWV 565, telle que rendue par Walt Disney et son équipe pour le film de 1940, Fantasia (Stokowski dirige le Philadelphia Orchestra):

vendredi 6 juin 2014

Symphonies en ut majeur





Le  montage # 159 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast159


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Dans mon billet Mardi en Musique du 8 mai 2012, j'ai proposé quatre symphonies en "ut majeur" (pour certains qui le préfèrent, en do majeur). Notre bilet de cette seain reprend cette thématiqyue sous forme d'un montage plustôt que sous la forme d'une playlist YouTube.

Deux des choix du billet original - la première symphonie de Beethoven et la Symphonie en ut majeur de Srravinski ne sont pas reprises ici (faute de temps), et sont remplacées par la 97e symphonie de Haydn, composée suivant la même tonalité. Elle fut composée en 1792 lors de son premier voyage à Londres. La création eut lieu à Londres aux Queen's Concert Rooms, Hanover Square, le 3 (ou 4) mai 1792. Lors de la création Joseph Haydn dirige l'orchestre au pianoforte. Notez  l'écriture des cuivres et des timbales du Menuet au troisième mouvement, présageant peut-être le menuet de la huitième Symphonie de Beethoven.

Les deux autres sélections sont reprises du billet original: la "petite" symphonie en ut majeur de Schubert et la symphonie estudiantine de Bizet. Des deux symphonies en ut majeur composées par Schubert, sa "Grande" est si .labor.e que le sobriquet "petite" est en fait relatof, car il n'y a rien de court ou minimiste ici...

La Symphonie en ut majeur est le premier des deux ouvrages symphoniques de Georges Bizet, l'autre étant son ouverture "Patrie" . Composée en 1855 (il avait 17 ans), on croit qu'il s'agît d'un exercice de composition de la part de son professeur, Charles Gounod. Oubliée ou perdue, elle sera créée le 26 février 1935 à Bâle sous la direction de Felix Weingartner après sa redécouverte paemis des manuscrits légués au Conservatoire de Paris.

Bonne écoute!




mardi 3 juin 2014

Place aux poèmes!

Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 3 juin 2014. 

Ce billet reprend le Montage # 102 (Commentaire original: http://itywltmt.blogspot.com/2013/04/montage-102-cest-poetique.html)




pcast102- Playlist


La sélection souvenir de cette semaine nous ramène au mois d’avril 2013, et à un exercice qui s’aligne avec la thématique de bos B + B de ce mois-ci. En effet, les nouveaux montages pour juin font un clin d’œil à des billets publiés dans nos séries connexes – Mardi en Musique, Quinze que j’en pense et autres billets de faveur, qui ont fait appel à des playlists YouTube ou autres formes ouvertes d’illustration musicale.

Mon biillet de faveur du 27 juillet 2011 intitulé « Poésie et Musique » considérait des poèmes mis en musique. Parmi les sélections, on retrouvait le Poème de Chausson (pour violon et orchestre) et celui de l’Américain Charles Griffes (pour flûte et orchestre). Dans le cas du Griffes – et peut-être celui de Chausson, qui sait  - on propose que le soliste est un poète-récitant avec l’orchestre qui crée l’atmosphère.
Le montage proposé aujourd’hui reprend le concept, mais se limite à des œuvres qui ont en commun le titre « poème ». Si ceux de Scriabine et du Canadien Rosario Bourdon suivent l’exemple de Chausson et de Griffes avec leurs solistes, les autres proposent des pièces lyriques pour orchestre – que je considère ici comme des pensées musicales et non pas des poèmes symphoniques…

Des œuvres familières, et probablement des découvertes… 

Bonne écoute! 

dimanche 1 juin 2014

Manon Lescaut (Puccini)

L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, aujourd’hui plus communément appelée Manon Lescaut, est un roman-mémoires d’Antoine François (l’abbé) Prévost faisant partie des Mémoires et Aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde (une œuvre littéraire en 7 volumes, rédigés de 1728 à 1731).

Les qualités humaines du roman séduisirent rapidement le public et en feront la célébrité, toutefois le livre est jugé scandaleux par le parlement de Paris, saisi et condamné à être brûlé, forçant l’auteur à publier une nouvelle édition (1753) revue, corrigée et augmentée d’un épisode important.

Selon Wikipédia, Prévost est un « romancier, historien, journaliste, traducteur et homme d'Église », mais il semble que Prévost a eu sa part de conflits entre sa vocation et ses intérêts amoureux… On dit que l’histoire de Manon serait « inspirée d’une de ses propres aventures ». Il publiera plusieurs autres romans, dont notamment Le Doyen de Killerine (1735-1740) et Histoire d’une Grecque moderne (1740) ; la monumentale Histoire générale des voyages (15 vol., 1746-1759) ; et des traductions de romans de l’anglais.

Revenons à Manon. L’essentiel de l’histoire implique celle-ci et un jeune noble (Des Grieux). Vouée au couvent, ou à une liaison avec un homme beaucoup plus âgé, Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris, où ils vivent une existance idyllique. Toutefois, mademoiselle a des goûts plutôt extravagants, et Des Grieux a peine à les soutenir. Suite à une série de déboires financiers, elle le quitte pour un riche homme âgé qui l’entretiendra comme maîtresse.

Évidemment, l’amour est plus fort que la police comme on dit, et Manon et Des Grieux sont réunis, mais les circonstances de cette réunion, et l’embarras causé envers l’homme qu’elle quitte, sont tels qu’elle est déportée en Louisiane. Des Grieux la suit et, suite à d’autres péripéties rocambolesques, les amants tentent de s’échapper vers une colonie voisine mais durant cette escapade, Manon malade et exténuée s'éteint dans ses bras.

Plusieurs adaptations scéniques, dont au moins trois opéras, furent inspirés par cette histoire, deux des plus connues étant Manon de Jules Massenet (1884) et le choix d’aujourd’hui, Manon Lescaut de Giacomo Puccini (1893).

Les deux versions maintiennent l’essentiel de l’histoire, omettant tous les deux certains des conflits secondaires entre Des Grieux et son père et Des Grieux et un ami de longue date (qui l’aidera financièrement à plusieurs reprises). L’espèce de triangle amoureux, et l’aspect frivole de Manon sont, toutefois, au rendez-vous. Une des larges différences entre les deux opéras, outre la langue du livret, est la mise en scène de la scène fatidique: Massenet choisit le Havre et Puccini ira pour la Louisiane, tel qu’envisagé par Prévost.

Puccini fera appel à au moins cinq librettistes, le plus connu étant Ruggiero Leoncavallo (l’auteur des Pagliaci) qui proposera l’esquisse originale. Massenet ayant connu un grand succès avec le même sujet molns de dix ans auparavant, l’éditeur de Puiccini était opposé au projet. Puccini répondra:

Pourquoi n’y aurait-il pas deux opéras à propos de Manon? Une femme comme elle peut avoir plus d’un amant! Massenet ressent Manon comme un Français, avec poudre et menuets. Je sens Manon comme un Italien, avec une passion pleine de désespoir.

Le résultat fut le premier grand succès de Puccini. La prestation retenue est une version MONO d’époque avec Licia Albenese et Jussi Bjorling.

Bonne écoute!



Giacomo PUCCINI (1858-1924)
Manon Lescaut (1893), opéra en quatre actes
Livret italien de Giuseppe Giacosa (avec des contributions de Ruggero Leoncavallo, Marco Praga, Domenico Oliva and Luigi Illica), inpiré de L’histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut par l’Abbé Prévost.

ROLES PRINCIPAUX
Licia Albanese (Manon Lescaut)
Jussi Björling (Des Grieux)
Robert Merrill (Lescaut)
Franco Calabrese (Geronte)

Orchestre et choeurs du Teatro dell'Opera (Rome)
Jonel Perlea, direction
Lieu d’enregistrement:
Teatro dell'Opera, juillet 1954

Argument @ http://fr.wikipedia.org/wiki/Manon_Lescaut_(Puccini)#Argument
Livret @ http://www.librettidopera.it/zpdf/manonles.pdf



(Avec les commentaires en anglais de Sean Bianco)

  
 

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