vendredi 31 octobre 2014

De l'opéra sur Broadway





Le  montage # 171 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast171


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Plus tôt au cours de notre série opératique ce mois-ci, j'ai présenté des extraits d'opérettes et j'ai fait un lien entre l'opérette (la petite soeur plus acessible du "Grand Opéra") et la Comédie Musicale, un genre surtout monté sur les scènes anglo-saxonnes, et qui fait pignon sur rue à New York.

Parfois, c'est à s'y méprendre - des oeuvres ambitieuses comme Jesus Christ Superstar, Show Boat et West Side Story sont d'une ampleur et d'iune complexité telle qu'elles rapellent l'opéra, avec leurs livrets et leur musique riches, ainsi qu'avec l'usage de "trucs" habituellement réservés à l'opér. Le quintette qui conclut le premier acte de WSS en est un fier example - Verdi n'aurait probablement pas pu faire mieux!

Mais peut-on monter de l'opéra dans sa pure tradition sur les planches du Great White Way?

La question s'impose, si ce n'est que parce que les scènes qui offrent ce genre de spectacle sont peu nombreuses dans cette métropole (le Met, le NYC Opera...). Il y a aussi une question de public - qui dit grandse compagnies et scènes d'opéra dit un public averti, peut-être même plutôt hautain et snob. Un compositeur qui ne s'appelle pas Gounod ou Verdi ou Wagner aurait peine à se faire monter sur une de ces scènes (quoiqu'l y a des exceptions au cours des dernèes décennies).

Le grand défi opératique de George Gershwin, Porgy and Bess,  ne sera pas monté sur la scène du Met bien avant son inquantenaire en 1985) - il sera créé au Alvin Theatre, une institution du Briadway. Kurt Weill, qui émigre aux USA lors de la Deuxième Guerre Mondiale montera ses opéras (dont l'Opéra de quat' sous) sur les scànes de Broadway - un peu comme il l'a fait à Berlin - si ce n'est afin de rejoindre un public "ordinaire".

Il y a aussi l'aspect mercantile de l'aventure, et les impressarios qui croient en ce genre de choses.

Gian Carlo Menotti est un de ces compositeurs établis; celui-là même qui nous doit le premier opéra conçu pour la radio (The Old Maid and the Thief) et la télé (Amahl and the Night Visitors) a monté plusieurs de ses opéras sur Broadway. Son chef-d'oeuvre The Consul lui vaudra non seulement un succès critique et populaire, mais également un prix Pulitzer. En 1947, pour une période de huit mois, l'Ethel Barrymore Theatre donnera 212 représentations d'un programme double d'opéras, et c'est ce programme qui composera le montage d'aujourd'hui.

Les deux courts opétas sont très différents dans leur présentation et leur sujet. Le premier, The Medium, est un opéra verismo qui n'est pas sans ses rebondissements et le second, The Telephone, est un adorable récit dont les airs seront fredonés par les spetateurs alors qu'ils quitteront le théâtre.


The Telephone (sous titré l'amour à trois) propose les mésaventures d'un prétendant qui aimerait bien proposer le mariage à sa dulcinée, mais il est sans-cesse interrompue par la troisième roue de la bicyclette, l'appareil téléphonique de mademoiselle. Il y aira un dénouement heureux, assorti d'un duo final mémorable.

(Argument et livret - en agilais - disponibles ici).

The Medium, un opéra en deux actes qui dure à peu près 45 minutes, présente Madame Flora, une dame qui prétend pouvoir communiquer avec les esprits. Elle, et deux jeunes orphelins qu'elle a adoptés, utilisent des ruses de toutes sortes afin de duper ses adeptes lors de séances. Toutefois, lors d'unetelle séance, Flora est surprise par la présence (en fait, elle ressent le toucher) de phénomènes qu'elle ne peut expliquer. Serait-ce que les esprits sont au rendez-vous, ou est-ce le mauvais tour d'un de ses complices? Un opéra très à propos pour la fête de l'Hallowe'en et de la Toussaint.

(Argument et livret - en agilais - disponibles ici).

Le montage présente la distribution Broadway de 1947, dans un enregistrement supervisé par le compositeur (qui est aussi le librettiste).

Bonne écoute!











mardi 28 octobre 2014

La Chronique du Disque (octobre 2014)



Le billet suivant est ma Chronique du Disque du 28 octobre 2014.

NDLR: Si vous cherchez plus de détails à propos de mon barème d’évaluation pour la Qualité Sonore et l’Impression Globaleveuillez lire quelques unes de mes chroniques précédentes


Mes suggestions pour 
octobre



Handel: Streams of pleasure

A mon avis, l’opéra baroque est un repertoire très spécifique, qui dépend des goûts particuliers des uns et des autres – le mélomane moyen trouve ça parfois un peu répétitif et pas particulièremenr coloré.  Néanmoins, Handel est sans doute le poorte-étandard du genre (que ce soit l’oratorio ou l’opéra seria), et si on chereche un disque afin de découvrir ce repertoire “en douceur”, eh bien mesdames Gauvin et Lemieux offrent ici un choix intéressant. Il s’agît d’un repertoire familier pour ces dames, qui l’ont travaillé avec Bernard Labadie et ses Violons du Roy, quoiqu’ici, ells sont accompagnées par Alan Curtis et son orchestra baroque. L’échantillonage est varié et me rapelle - à sa façon – les trucs d’autres divas (comme Mme Bartoli) dans le repertoire Mozart. QS = A, IG = A-.


LISZT: Transcendental Etudes

Liszt a publié un bon nombre de groupes d’études, toutes très exigeantes et souvent fougueuses –pensons à ses études Paganini par exemple. L’ensemble de 12 études transcendantes explorent une panoplie de textures et d’ambiances, et exigent de l’interprète un sens unique de la dynamique. (Pour qui est-ce que je me prends, je ne suis pas même un pianiste…). Là où je vais avec ce propos, c’est que si on regarde la synthèse laissee par M. Ponti sur ce disque, je trouve que ça manqué de relief, c’est présenté essentiellement sur un seul ton. D’autres integrales (ou même des selections substantielles du lot) par d’autres Lisztiens (Arrau, Cziffra, Silverman) offrent ces changements de relief, qui permettent à ce lot de se distinguer des études plus uniformes de Chopin ou Debussy. C’est là mon opinion… QS = A-, IG = B+.


Brahms, J.: Trio for Violin, Horn and Piano, Op. 40 / Koechlin, C.: 4 Petites Pieces / Banks, D.: Horn Trio

Barry Tuckwell est un des cornistes les plus connus des derniers 20 ou 30 ans, et ce disque le présente dans le repertoire de chamber pour cet instrument, en combinaison avec le violon et le piano. Le trio de Brahms pour cette configuration un peu inusitée fut endisqée par M. Tuckwell au moins deux autres fois (une fois dans uyn trio toutes-étoiles avec MM. Ashkenazy et Perlman). C’est un trio fort agréable à écouter, et le jeu d’ensemble propose ici est bien en place. Les pieces qui complètent le disque sont mnoins entendues et méritent une audition. Pour ceux qui, comme moi, aiment le son du cor. QS = A, IG = A.


Prokofiev: Romeo and Juliet Op. 64 (Excerpts from the Suites)

Ce n’est pas la première fois que je propose des extraits ou arrangements de Roméo et Juliette de Prokofiev; M. Serge est retourné à la fontaine plus d’une fois… Des trois suites pour orchestra tirées du ballet, les chefs ont tendance à tirer des selections à la pièce afin de créer leur propre “suite”, et c’est exactement le cas pour le disque d’aujourd’hui. Ce disque, dans ma collection vinyle, est je crois le seul disque de la Philharmonique de New-York dirigé par Mitropoulos émis en stereo. Mitropoulos, il vas sans dire, était pendant les années 50 le kappelmeister New-Yorkais, étant directeuir artistique (en titre ou en fait) de la Philharmonique et du Met, et est reconnu pour son style de direction et son flair unique pour la musique de l’époque classique et de l’époque moderne. Son Prokofiev est nuance et (ahem) genial. Et ce n’est peu dire pour une musique de ballet tant entendue. Noter qu’il s’agît ici sans doute d’un transfert à partir d’une source analogique et non pas des bandes maîtresses. QS = A-, IG = A




A Class Act


Daisy Peterson compte sans doute deux élèves de piano bien connus: son frère Oscar et un autre habitant de la Petite Bourgogne, Oliver Jones. Jones prend des leçons chez Mme Peterson et avec Mme Bonner à l’église locate -  Union United Church, le foyer d’une autre institution afro-canadienne, le Montreal Jubilation Gospel Choir. Jones fera ses classes en Jazz sous la tutelle du venerable Charlie Biddle à Montréal, et s’établiera lentement mais sûrement localement, nationalement et sur la scène Nord-Américaine. Jones collaborera avec plusieurs artistes du Jazz Montréalais, rendant homage aux grands du Jazz et ajoutant ses propres pieces. L’influence Peterson est indéniable, et sur ce disque, son “Hymn to Freedom” (une des pieces meieux connuys d’Oscar) reçoit un traitement qui s’approche étrangement de l’original – et pourquoi pas? Jones est un artiste chevronné, et cet album offre une belle vitrine afin de le découvrir. QS = A, IG = A-.

dimanche 26 octobre 2014

Violanta (Korngold)

Le billet suivant est adapté depuis une réflexion en anglais publiée sur OperaLively le 6 avril 2013.


Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Nos deux prohains En Pantoufles vont discuter deux des opéras du compositeur Autro-Hongrois Erich Wolfgang Korngold. Si les mélomanes reconnaissent le génie de Korngold sans réserve, ce ne fut pas toujours le cas. C'est une histoire compliquée, mais également une histoire triste par moments qui a sans doute contribué au décès prémauré du compositeur à Hollywood à peine âgé de 60 ans - pour une industrie où on est souvent octogénaire!

Trois grandes phases chez Korngold


La biographie de Korngold le révèle comme un wunderkind (trad. lit. enfant produge), né dans un foyer juif à Brünn, Moravie (aujourd'hui Brno, en République Tchèque) en 1897, le deuxième fils du Dr. Julius Korngold et de son épouse Josefine. A quatre ans, il aménage à Vienne avec sa famille, alors que son père devient le critique musical de la Neue Freie Presse.

Korngold prend le piano très tôt, et compose ses premièeres musiques à huit ansSon père, bien en vue dans les cercles musicaux, l'introduira à Gustav Mahler qui le proclame "g.nial" en 1906 et l'encourage à prendre des le^ns avec l'illustre Alexander von Zemlinsky, qui - si ce n'est que pour une courte prériode - sera essentiellement son seul tuteur en composition.

Moins de 4 ans plus tard, en 1910, Korngold montera son ballet Der Schneemann qu'il réduira pour piano à quatre mains è la deande de la baronesse von Bienerth et sera monté moins de 6 mois plus tard au Wiener Hofoper. Son trio (op. 1) reçoit l'éloge des ,élomanes à Munich et New-York. Ainsi s'engage la première phase de la carrière de Korngold, comme compositeir,et arrangeur de musique pour la scène. A 19 ans, il est déjà établi comme compositeur d'opéras avec la première de ses deux premiers courts opéras Der Ring des Polykrates et Violanta sous la direction de nul autre qie Bruno Walter. En 1920, il composera son opéra le plus célèbre, Die tote Stadt.

Il s"établira comme chef et directeur artistique du Stadttheater de Hambourg, et composera de la musique de scène et adaptera des opérettes è Vienne et Hambourg.

Le deuxième volet de la carrière e Korngold l'amènera à Hollywood où avec la complicité d'autres compositeurs d'outre-mer tels Max Steiner et les compositeurs américains Aaron Copland et Alfred Newman, il aidera à l'essor de la trame sonore cinématographique. Korngold est donc l'ancêtre direct de Maurice Jarre et John WIlliams.

Parmi ses rames les plus célèàbres on compte deux gagnants d'Oscars (Anthony Adverse, 1936 et The Adventures of Robin Hood, 1938), Captain Blood (1935), The Prince and the Pauper (1937), Juarez (1939), The Sea Hawk (1940), The Sea Wolf (1941), King's Row (1941), et Deception (1946).


Avec la montée du Nazisme en Autriche, Korngold aménage aux USA avec sa famille, trouvant refuge à Hollywood. Après la Guerre, Korngold est désireux de rentrer au bercail et de redevenir un compositeur de musique "sérieuse", mais son succès comme compositeur de musique de films ainsi que l'évolution de la tradition musicale (sous la Deuxième Ecole Viennoise) rendent cette transition très difficile, car son style néo-romantique était perçu comme vieux-jeu.

La troisième et dernière phase de la carrière de Korngold est donc difficile.Il composera de la musique de chambre et de la musique pour orchestre. Parmi les oeuvres les plus reconnues de cette derni;re étape, son convcerto pour violon qui utilise des motifs provenant de certaines de ses musiques de films - possible car il avait négocié d'avance ses droits d'auteur avec les studios Hollywoodiens!



Il reviendra à Hollyqood pour le compte de Republic Pictures afin de superviser la musique du film biographique Magic Fire (sur la vie de Wagner), mais il se contentera d'essayer (avec un succès itigé) de rétablir sa réputation outre-mer. Un ACV minera ses capacités en 1955, et il succombera quelques années plus tard, laissant derrière lui un bon nombre d'esquisses.

A propos de Violanta

Comme j'en ai fait allusion plus haut, Violanta est une opéra en un acte de la plume d'un Korngold à peine âgé de 20 ans, Créé à Munich le 28 mars 1916.sous la baguette de Bruno Walter, le livret est de l'autrichien Hans Müller qui propose un drame verismo avec tous les artifices d'usage - amour uinterdit, vengeance, et le sacrifice de l'héroine.

L'action se déroule au XVe siècle à Venise, dans la demeure de Simon Trovai commandant militaire de la République de Venise. Par une nuit de grand carnaval, Simon Trovai cherche en vain la maison de son épouse Violanta. Depuis le suicide de sa sœur Nerina après avoir été séduite par Alfonso le prince de Naples, Violanta est dévorée de vengeance. Violanta et son mairi complotent de liquider Alfonso mais - comble de malheur - Violanta s'éprend de celui-ci et, lors de la scène finale, elle se sacrifie afin de l'épargner.

Une histoire simple avec plein de revirements, Korngold apprte ici une musique riche et lyrique, qui rappelle Richard Strauss et Puccini.

La Performance


Erich Wolfgang KORNGOLD (1897-1957)
Violanta, op. 8
Opéra tragique en un acte, livret allemand de Hans Müller

DISTRIBUETION
Walter Berry - Simone Trovai
Eva Marton - Violanta
Siegfried Jerusalem - Alfonso
Marek Janowski cdirige le Münchner Rundfunkorchester (1979)

(La prestation est précédée des commentaires de Sean Bianco, en anglais)

vendredi 24 octobre 2014

Richard Wagner





Le  montage # 170 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast170


pcast170- Playlist

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Après Verdi il y a deux semaines, nous portons notre regard sur un autre géant de l'opéra, et sans doute l'un des personnages les plus intriguants de sa tradition germanique au XIXe siècle,

Le deuxième de deux billets cette semaine dédiés à Richard Wagner commence avec une autre sélection de son opéra Tannhäuser, la marche festive qui termine le second acte.

Le mélomane qui s'adonne occasionellement à l'opéra a souvent une opinion préconçue de l'oeuvre du compositeur: c'est long et c'est "dur de comprenure". Si l'allemand n'est pas une langue familière - ce qui est mon cas - on doit se fier à des arguments afin de se mettre dans le bateau et croyez-moi, ces arguments peuvent être difficile à suivre,

La plupart des œuvres de Wagner sont sises dans le monde du mythe et de légende - Tannhäuser étant un excellent exemple. Cependant, rien ne vient à la cheville de la tétralogie de l'Anneau des Nebulungen en termes d'ampleur et de complexité. Ce cycle notoire est présenté cimme "ein Bühnenfestspiel für drei Tage und einen Vorabend" (trad. lit. un drame théâtral échelonné sur trois jours et une soirée préliminaire). Le cycle est une œuvre à l'échelle et longueur extraordinaires: quatre soirs à l'opéra, avec une durée totale d'environ 15 heures.

Ça alors!

Le Nibelung du titre est le gnome Alberich, et l'anneau en question est celui qu'il façonne à partir de l'Or du Rhin. Le titre désigne donc "l'Anneau d'Alberich". L'ampleur et la portée de l'histoire est épique, à la suite des luttes des dieux, des héros et plusieurs créatures mythiques afin de s'approprier l'anneau magique éponyme qui accorde la domination sur le monde entier. Le drame et l'intrigue se poursuivent à travers trois générations de protagonistes, et ce jusqu'au cataclysme final à la fin du auatrième et dernier vilet, Götterdämmerung (le crépusule des Dieux).

Comme un élément important du Ring (et de ses œuvres ultérieures), Wagner fait usage des leitmotivs, des thèmes récurrents et / ou des progressions harmoniques qui dénotent musicalement une action, sujet, de l'émotion, personnage, etc.

Pour le montage d'aujourd'hui, j'ai retenu deux sélections du Ring. Le premier est la tristement célèbre "Chevauchée des Walkyries" avec les sopranos lyriques fournissant le cri de guerre. La deuxième sélection est cette scène finale du quatrième et dernier opéra. Dans un sens, cette scène est un microcosme de l'histoire, récapitulant de nombreux leitmotivs que Wagner utilisé tout au long du cycle.

Tout aussi ambitieux, Parsifal - dernière œuvre achevée de Wagner, créée en 1882, un an avant sa mort - est l'histoire d'un jeune homme dont la vertu et la compassion devennent le salut des Chevaliers du Saint-Graal. Il écarte la tentation et le danger pour retrouver la lance avec laquelle le Christ en croix a été transpercé; et dans le processus, il guérit le roi Amfortas, d'une blessure mortelle, et soulage la femme déchue, Kundry, de son éternelle errance.

Le montage combine des enregistrements numériques mdernes et des performances d'époque par des gens comme Kirsten Flagstad, Monserrat Caballe, et Lauritz Melchior, ainsi qu' Arturo Toscanini (présenté dans la dernière sélection, le Prélude et fanfare de l'Acte III de Lohengrin)

Bonne écoute!


mardi 21 octobre 2014

Edo de Waart dirige Wagner


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 21 octobre 2014.

La revanche du vinyle revient cette semaine avec un billet qui sert d’apéritif à mon montage de vendredi dédié à Richard Wagner.


Dans ma collection de microsillons en vinyle, je ne compte que trois sélections Wagner – l’obligatoire échantillonnage orchestrales du Ring (Szell et le Cleveland, série Great Performances CBS), et deux disques « d’ouvertures » de la maison Philips – une réédition de la série Festivo (Varviso dirige le Staatskapelle Dresde) et le disque d’aujourd’hui, une mouture numérique de première génération, avec le chef Néerlandais Edo de Waart.
Edo de Waart est formé comme hautboïste et en direction d’orchestre – il occupera d’ailleurs un poste parmi les bois de l’orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam alors qu’il complète sa formation comme chef. En 1964, il remporte le concours Mitropoulos de New-York, qui lui vaut un stage comme assiatant sous Bernstein, et plus tard de retour chez lui avec Haitink. De Waart dirigera plusieurs orchestres majeurs au fil des ans (San Francisco, Minnesota, Sydney) et dirige aujourd’hui la Philharmonique Royale Flamande et l’orchestre de Milwaukee.


Il n’y a rien de particulièrement notoire sur ce disque qui date de plus de 30 ans – on y retrouve deux des ouvertures plus usitées de Wagner (Tannhäuser et le Vaisseau Fantôme) et celle du permier opéra d’envergure du compositeur, Die Feen (Les Fées). Le Tannhäuser est jumelé avec la musique de ballet de l’opéra (la soi-disant musique de Vénusberg), sise en début d’opéra plutôt que lors du troisième acte comme le voulait la coutume Parisienne.

Le Concertgebouw est un grand orchestre, et se trouve en terrain familier dans ce répertoire. Les cordes sont riches, les cuivres résonnent – tout est bien en place. La technologie numérique nasciente de l’époque (envenimée ici par l’impression vinyle et notre transfert maison) ne rendent pas l’exécution dans toute sa splendeur, un son parfois « métallique » et froid. Néanmoins, le résultat mérite d’être écouté.



Richard WAGNER (1813-1883)
Tannhäuser, WWV 70: Ouverture et musique “Venusberg”
Die Feen, WWV 32: Ouverture
Der Fliegende Holländer, WWV 63: Ouverture

Koninklijk Concertgebouworkest
Edo De Waart, direction

Philips 9500 746 (stereo et numérique - DDA, 1981)

dimanche 19 octobre 2014

Opera Domestica

Le billet suivant est adapté depuis une réflexion en anglais publiée sur OperaLively le 11 octobre 2012.


Certains propos et hyperliens furent revisés pour cette rééedition.

Nos deux - en fait, nos trois - prochaines réflexions de notre série dominicale puiseront des sujets opératiques que je n'ai pas encore abordés dans nos pages françaises, et sont des traductions de billets que j'ai contribués dans le passé avec les membres du forum opératique
.

De prime abord, je compremds fort bien que l'opéra, ce n'est pas nécessairement un genre musical qui plaît à tout le monde. Certains trouvent ça long et ennuyeux, d'autres sont repoussés par le problème langagier - même des opéras chantés en français sont difficiles à suivre sans le livret devant soi...

L'aspect que je trouve le plus intéressant d'un opéra, c'est le phénomène que j'appelle "l'évasion". L'opéra nous amène plus souvent qu'à son tour dans un monde surréel - parfois historique, parfois fantatique - présentant les protagonistes dans des situations "extraordinaires", des situations qui n'ont rien à voir avec le monde de tous les jours.

Le terme "aria" est présent dans notre vocabulaire dans un sens "figuré" - synonyme de soucis, de tracas, certains diront même d'un embêtement significatif. Mais la vie de tous les jours amène ses tracas - parfois mondains, mais des tracas tout de même.

Et si les tracas de notre quotidien inspiraient des airs opératiques? Par exemple, si notre conjointe oublie pour la n-ième fois de mettre le bouchon sur le tube de pâte dentifrice... Qu'est-ce que ça pourrait bien donbner comme résultat?



(AVERTISSEMENT:¨Propos mal-léchés, en anglais)



Ce clip, intitu;é "Toothpaste" est le résultat d'une collaboration entre la compositeure canadienne Alexina Louie et du comédien et auteur Dan Redican (créé pour la télé en 2001). Madame Louie est une compositeure de renom au Canada, recevant des commandes de la part des grands orchestres, et qui patauge dans toutes sortes de genres allant de ce style plutôt lyrique et acessible à des compositions plus avant-gardistes.

Le projet "Toothpaste" inspire Madame Louie et son collègue à composer huit courts opéras (si on peut les appeler ainsi) qu'ils montent pour la télé canadienne en 2002 sous un titre commun,  “Burnt Toast” (trad. lit. Pain Brûlé), le titre faisant référence à un autre drame qui arrive régulièrement à tout usager d'un grille-pain...

Chaque volet de ce collage explore un aspect de l'amour "romantique": l'attraction, la connexion, la promesse de fidélité, la consommation, le mariage, la brisure et le besoin de recommencer... Mafame Louie pige dans toutes sortes de traditions musicales, faisant même allusion à la musique de Mozart et de Wagner par moments.

Autre aspect "moderne", les volets sont livrés "à la MTV", comme des clips musicaux populaires, avec leurs petites capsules d'information intégrées au vidéo. Oui, les arias sont interprétés par des chanteurs formés en opéra, mais le clip est souvent réalisé avec des acteurs canadiens-anglais assez bien connus qui font du "lip sync". Visitez la page génétique du projet pour la liste des artistes d'avant et d'arrière scène.

Les chanteiurs sont accompagnés par l'Esprit Orchestra de Toronto, dirigé par Alex Pauk (l'époux de Mme Louie).

Bonne écoute!




vendredi 17 octobre 2014

Wiener Operette





Le  montage # 169 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast169


pcast169- Playlist

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L’opérette est un genre d’opéra léger, en termes de climat musical et de ses sujets. Certains iront jusqu’à suggérer que l’opértette est l’ancêtre de la comédie musicale, un genre fort populaire en Amérique et en Angleterre.
Apparue au milieu du XIXe siècle, elle se situe dans la lignée commune du théâtre et de la musique classique qui avait donné naissance aux siècles précédents au ballet, à l'opéra, l’opéra-comique et l'opéra-bouffe. Camille Saint-Saëns la décrit comme « une fille de l'opéra-comique ayant mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément ». Dans la tradition de l’opérette Français, on souligne bien sûr Jacques Offenbach, mais cette tradition n’est pas la seule à promouvoir ce genre. L’opérette était bel et bien vivante dans l'Empire Austro-Hongrois, et son compositeur le plus important dans le genre était Johann Strauss Fils dont sans doute l’oeuvre la plus connue serait Die Fledermaus (1874), devenue l'opérette la plus jouée au monde.
Notre baladodiffusion de cette semaine prend racine depuis un disque de la Société Radio-Canada intitulé "Oktoberfest Operetta", qui présentait l'Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo sous celui qui était alors son directeur artistique, le chef d’origine égyptienne, formé à Vienne et canadien d’adoption, Rafi Armenian.
Certes, ici au Canada, l'Oktoberfest est célébrée sur une période de 9 jours se terminant à la fête de l’Action de Grâce (qui était célébrée le week-end dernier), et nulle-part d’autre que la grande région de Kitchener-Waterloo serait la destination de choix. Depuis 1969, l'Oktoberfest de Kitchener-Waterloo a développé ses propres traditions, devenant ainsi le plus grand festival bavarois en Amérique du Nord avec le plus grand défilé de l’Action de Grâce au Canada. A travers la célébration de cet esprit de Gemuetlichkeit, l'économie locale et plus de 70 organismes de bienfaisance sans but lucrative recueillent des fonds pour soutenir la qualité des résideants de la région.
La région a acquis une notoriété au fil des ans, grâce largement à l'Université de Waterloo, réputée pour ses programmes de mathématiques et d’ informatique qui - entre autres - nous ont donné le Blackberry. Cependant, KW a une longue tradition allemande, commençant après la Révolution américaine et la migration des loyalistes et en particulier de familles d'agriculteurs allemands mennonites de Pennsylvanie. Ils adopteront la region en grand nombre, cherchant une région qui leur permettrait de pratiquer leurs croyances sans persécution. La migration Loyaliste et des nouveaux arriuveants d’Allemagne et de Suisse amènent la fondatiomn de la ville de Berlin, qui deviendra le chef-lieu de la region de Waterloo en 1853.
Le sentiment anti-allemand qui s’installe partout dans l’Empire Britannique durant la Première Guerre mondiale a mené à l'abandon d'une grande partie de ce patrimoine et, en 1916, à la suite de nombreux débats, le nom de la ville a été changé à Kitchener, après la mort du Maréchal britannique, 1er comte Kitchener. Fort heureusement, la tradition allemande reprendra vie après les granbds conflits, et la région est redevenue reconnue pour cette atmosphère qui trouve son apogée en octobre chaque année.
Notre montage commence et se termine avec des sélections de Fledermaus et Der Zigeunerbaron (1885) de Strauss, extraits du disque précité d’Armenian et l'Orchestre symphonique de KW.
Le disque en question propose des chansons sélectionnées depuis deux operattes et j'ai choisi "d'élargir" en intégrant des pots-pourris de ces derniers provenant de ma collection personnelle.
La tradition de l'opérette Viennois après Staruss compte une grande panoplie de maîtres d’oeuvre: Oscar Straus, Carl Zeller, Karl Millöcker, Leo Fall, Richard Heuberger, Edmund Eysler, Ralph Benatzky, Robert Stolz, et Nico Dostal. Emmerich Kálmán et Franz Lehár, étaient les principaux compositeurs de ce qu'on a appelé la "l’Age d’argent" de l'opérette viennois pendant le premier quart du XXe siècle. Kálmán est devenu bien connu pour sa fusion de la valse viennoise avec les csárdás hongrois. Comtesse Mariza est une opérette en trois actes composé par Kálmán, sur un livret de Jules Brammer et Alfred Grünwald. Elle a été créée à Vienne le 28 février 1924. Dans cette opérette, le comte Tassilo a perdu son emploi et toute sa fortune. C’est chez la comtesse Mariza qu'il trouvera refuge en tant qu’humble tenancier de ses terres. Elle lui montre peu de respect montre au d.but, mais une jolie femme accomplie peut à peine repousser ses nombreux admirateurs gênants. Ce n'est que progressivement qu’elle se rendra compte qu’elle développe des sentiments pour son employé…
Die lustige Witwe (La Veuve joyeuse) est une opérette de Lehár, avec l’appui des librettistes Viktor Léon et Leo Stein, après de la comédie, L'attaché d'Ambassade d’Henri Meilhac. L'histoire concerne une riche veuve, et les aventures de ses compatriotes qui aimeraient garder son argent dans la principauté en lui trouvant un prétendant. L'opérette a connu un succès international extraordinaire depuis sa création en 1905 à Vienne et continue d'être souvent repris et enregistrée.
Bonne écoute!


 

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